AccueilSociétéEditorial - sur le pied de guerre...

Editorial - sur le pied de guerre...

La statue biface de Janus nous fait voir, avec constance hélas ces derniers temps, son côté guerre.

ActualitéSociété Publié le ,

Guerre au sens propre si l’on ose écrire pour évoquer ce que Jacques Prévert qualifiait de connerie : le harcèlement des roquettes du Hamas ayant provoqué la poussée de fièvre au Proche-Orient avec la riposte israélienne à peine calmée, voilà que la Syrie prend le relais avec les risques d’utilisation d’armes chimiques.
Guerre aussi au sens figuré et sur tous les fronts : quel autre terme utiliser en effet avec le combat sans merci pour le leadership du parti de la droite en France ? C’est bien d’une guerre ouverte qu’il s’agit, et même, compte tenu de l’inflexibilité dont font preuve les deux généraux en chef, d’une guerre de position, ce qui est une façon originale de commémorer avec un peu d’avance le centenaire de la Grande Guerre.
La guerre des monnaies est aussi à l’ordre du jour avec de grandes manoeuvres qui s’annoncent de part et d’autre du Pacifique entre les dirigeants nouvellement élus en Chine et aux Etats-Unis, obligés qu’ils seront à s’intéresser de très près à la parité yuan-dollar, compte tenu des enjeux sous-tendus. Que les monnaies demeurent... le nerf de la guerre, voilà au moins un élément stable dans un monde qui évolue beaucoup...
On aura garde d’oublier la nouvelle guerre, de harcèlement encore, à laquelle se préparent les syndicats de l’usine métallurgique de Florange dont les hauts-fourneaux vont être fermés. Une guerre dont on peut imaginer qu’elle présentera des similitudes, l’histoire se répète, avec celle menée contre le précédent président de la République par les syndicats de Gandrange, dont l’aciérie électrique fut fermée en mars 2009, en dépit de l’aventureuse promesse de Nicolas Sarkozy une année auparavant. L’opposition d’alors, au pouvoir aujourd’hui, regrette-t-elle de s’être autant servie électoralement de cette affaire ? Car on peut imaginer aujourd’hui une bataille à fronts renversés...
Et puis, l’état de quasi-guerre se poursuit à Marseille, où parlent de façon régulière les kalachnikovs, une situation qui avait amené une élue, il y a quelques mois, à demander l’intervention de l’armée. Rien que ça...
On aura garde, toujours dans le même registre, d’oublier le Yalta régional qui a permis aux présidents du Grand Lyon et du Conseil général du Rhône de se partager le département rhodanien un peu à la façon du découpage de l’Europe entre Staline, Churchill et Roosevelt. Doit-on en attendre une nouvelle guerre froide ?
Et si on décidait de fermer les portes du temple de Janus ? Comme cela se passait à Rome, lorsque la cité était en paix.

D. T.

Partage
Envoyer à un ami
Connexion
Mot de passe oublié ?