AccueilActualitéSociétéEditorial - Retour aux affaires

Editorial - Retour aux affaires

« Administrer les affaires courantes ».

ActualitéSociété Publié le ,

Telle est la mission qui incombe à la délégation spéciale, composée de cinq fonctionnaires en retraite, nommée par le préfet du Rhône, Jean-François Carenco, suite à la confirmation, le 4 février, par le Conseil d’Etat de l’annulation des élections municipales de mars 2014 à Vénissieux. Décision qui entérine celle du tribunal administratif de Lyon, datée d’octobre. Coup de froid pour la commune dirigée par Michèle Picard, qui devra attendre les 22 et 29 mars pour être à nouveau dotée d’un édile plénipotentiaire. Cette affaire affectant la vie publique, tout comme les récents sondages sur la cote de popularité de l’exécutif (le binôme Hollande-Valls accuse une baisse brutale selon divers instituts) témoignent d’un retour à la « normale », après l’union sacrée de l’après-Charlie Hebdo. Les derniers jours ont ôté le canillon, libérant des effluences nauséabondes qui s’exhalent à nouveau avec force au coeur d’une société toujours ubéreuse lorsqu’il s’agit de scandales. La semaine écoulée a livré profusément son écot de dossiers sulfureux. Avec en tête d’affiche, DSK. Dans un procès très médiatisé, on assiste au déballage des frasques de l’ex-favori à la présidentielle de 2007, et au décryptage de ses pratiques sexuelles tarifées par des prostituées usant d’un langage plus ou moins fleuri. Egalement au générique de ce théâtre de l’absurde, Gad Elmaleh, emporté par la tourmente (ou l’ouragan, si l’on ose pour un Monégasque d’adoption) Swiss leaks/HSBC. Si depuis l’humoriste a régularisé sa situation avec le fisc français, son amnésie au sujet du « petit » compte qu’il détenait au sein d’une filiale de la banque HSBC et la virulence avec laquelle il niait son existence écornent sérieusement son image. Il a modérément goûté les révélations des noms de détenteurs de comptes en Suisse et la transgression du secret bancaire. Pour qui « rêve d’une banque idéale », le compte n’y est pas (ou plus)… Autre déçu, Claude Puel, qui espérait garnir son compte de quelque sept millions d’euros, réclamés à son ancien employeur, l’Olympique Lyonnais, pour rupture abusive de contrat. Las, la chambre sociale de la cour d’appel de Lyon a débouté le désormais coach azuréen de « l’intégralité de ses demandes », confirmant le jugement antérieur du conseil des prud’hommes. Sur le terrain des affaires comme sur celui dit sportif, Claude Puel n’aura que peu laissé son empreinte entre Rhône et Saône. Et on ne résiste pas à égratigner Stéphane Tiki qui cornaquait depuis trois mois les Jeunes pop’ de l’UMP. De nationalité camerounaise mais vivant en France depuis une décennie, ce jeune homme de 27 ans appartient à la frange dure du parti, pointant du doigt, avec une conviction mâtinée de fermeté, les étrangers en situation irrégulière. Dans les petits papiers de Nicolas Sarkozy alors qu’il en était dépourvu, il a dû se résoudre à se mettre en congé de la présidence. Un revers de la médaille pour celui qui, actuellement « dans un trou juridique » selon un cacique du parti, n’aura trouvé soutiens et appuis que dans le camp d’en face. A la lecture de toutes ces divulgations, force est d’admettre que l’on a sifflé la fin de la récré, que la pause « républicaine » a vécu et que la source lustrale, dont l’eau était déversée sur le peuple gangrené par les inquiétudes sur son avenir, s’est tarie. Promesse tenue, il y a bel et bien un retour aux affaires !


L.O.

Partager :
Envoyer à un ami
Connexion
Mot de passe oublié ?