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Editorial - Réveillon sur l'herbe

C’est la trêve depuis dimanche 21 décembre : non, on ne veut pas parler d’une éventuelle trêve de Noël quelque part dans le monde où serait décrétée une cessation de combat (faut quand même pas rêver…) mais plus prosaïquement de la vingtaine de jours durant lesquels l’herbe des pelouses de stades de football vont pouvoir se refaire une santé ; une herbe qui sera de nouveau martyrisée par les crampons dès le samedi 10 janvier, avec la reprise du championnat de football de ligue 1.

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Où l’Olympique lyonnais ne se débrouille pas si mal, soit dit en passant. Et pour rester dans le sport, l’herbe des stations de sport d’hiver, inapproprié en cette saison, en désespère plus d’un qui attendait la neige ; mais pas les 90 % de français qui ne prennent pas ce type de vacances. Herbe encore (le mot de la semaine, on l’aura compris) avec cette surprenante proposition de légaliser la consommation de cannabis… afin de « stabiliser le nombre de consommateurs et le volume consommé » tout en renflouant les caisses de l’Etat. C’est le groupe de réflexion Terra Nova qui le propose. Le mécanisme? Légaliser le cannabis en le distribuant dans le cadre d’un monopole d’Etat type feue la Seita; puis augmenter progressivement le prix, ce qui aboutirait à limiter le nombre de consommateurs et à accroître les recettes de l’Etat à hauteur de 2 Md€. L’histoire ne dit pas si les auteurs de l’étude avaient fumé la moquette…
Herbes toujours, anciennes celles-là. Qui se retrouvent dans les collections du Musée des Confluences, le pharaonique établissement culturel qui a ouvert ses portes au public samedi 20 décembre à Lyon. Comme on ne fait pas partie des seulement 3000 visiteurs qui s’y sont risqués le premier jour, on ne pourra pas vous dire si sont exposés l’herbier ou jardin sec des environs de Lyon de T. Deguilhem datant de 1786 ou encore l’herbier général du Museum de Lyon. En revanche, on sait qu’on peut y admirer des animaux naturalisés et parmi eux des herbivores comme l’emblématique mammouth de Choulans… dont on espère qu’il a été remonté correctement et que les défenses n’ont pas été inversées comme ce fut le cas en 1872 lorsque Charles Revil opéra.
L’herbe aussi sera largement présente dans le nouveau programme immobilier lancé récemment à la Part-Dieu et signé par Christian de Porzamparc, baptisé « Opération Desaix ”. Les travaux vont devoir être conduits au pas de charge (comme à Marengo (1), pas comme pour le Musée des Confluences) afin que les délais annoncés soient respectés : ils doivent démarrer fin 2015 pour des livraisons en 2017. A l’inverse, on peut être quasi certain qu’il l’en sera pas de même pour le projet de Center Parcs à Roybon dans l’Isère ; le tribunal administratif de Grenoble devait se prononcer le 23décembre sur l’interruption ou non des travaux de défrichement et de… désherbage bien sûr, demandés par des groupes opposants au projet qui veulent couper l’herbe sous le pied à Pierre et vacances, le promoteur (2).
C’est Snoopy qui aura le mot de la fin, Snoopy le petit chien de Charles Brown qu’on voyait dans un strip perché sur une échelle regardant la pelouse de son voisin avec cette légende « L’herbe est toujours plus verte chez le voisin jusqu’à ce qu’on découvre que c’est du gazon artificiel ». Cela ne vous fait pas penser à ces français admirateurs de la réussite économique allemande et qui oublient que chez nos voisins, le nombre de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté est supérieur à celui de notre pays (3).

D.T.


(1) La bataille de Marengo fut gagnée en 1800 grâce à la charge du général Desaix, qui y trouva la mort
(2) Le Tribunal a reporté les travaux
(3) Rapport du Deutsche Paritätische Wohlfahrstsverband, décembre 2013

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