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Editorial - Que leur règne vienne...

A Lyon, les rois, on connaît.

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Et pas seulement celui des animaux qui figure sur son blason, sur les « armoiries parlantes » de la ville, diraient les héraldistes. On les connaît aussi avec la fête qui leur est dédiée, et qui, la semaine dernière, a donné l’occasion de consommer des tonnes de brioches. Avec fève, bien sûr. On connaît aussi, réputation gastronomique de la ville oblige (et Dieu sait si la période qui vient de s’écouler a permis d’en profiter), le roi du carreau des halles, Paul Bocuse, qui leur a donné son nom. Et puis, on en connaît partout, des rois, et dans tous les domaines et ces derniers temps, ils ont suffisamment été mis en exergue pour que le mot… règne sur l’actualité de la semaine écoulée.
Honneur aux plus marquants : les rois du pétrole. Au sens propre. Qui depuis quelques mois, avec la baisse vertigineuse du prix du baril de brut, voient leur royaume trembler sur leurs bases. Ils n’en sont pas encore à proposer de l’échanger, leur royaume, contre un cheval, tel Richard III (merci Shakespeare), mais peut-être que… Inversement, d’autres rois du pétrole, au sens figuré cette fois-ci, confortent leur position professionnelle dans notre pays. En période de croissance galopante du nombre de chômeurs, une récente étude a souligné que les entreprises peinaient toujours à recruter des commerciaux. Du coup, le roi n’est pas leur cousin, à ces commerciaux. A condition qu’ils sachent partager avec… le client-roi.
Autre roi, celui de la notoriété. Comme chaque année à la même époque, les Français se sont prononcés pour désigner leur personnalité préférée. Il a conservé son trône, Jean-Jacques Goldman. Ne faisons pas la fine bouche, ne soyons pas plus royaliste que le roi si l’on préfère, ce n’est pas le pire de nos «people » et surtout, on l’entend si peu…
Quant au « roi de la CGT », celui qui s’accroche à son trône (on le comprend, il a le sens de la valeur des choses vu le prix de son mobilier), ses mésaventures font furieusement penser à la maxime : « Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois » ! Parce que bien sûr, les syndicats en France (et par conséquent les appareils syndicaux) n’ont jamais été financés par des fonds provenant des crédits de formation professionnelle ou par des caisses noires patronales destinées à « fluidifier le dialogue social ». Dès lors, normal que de nombreux syndicalistes CGT fassent une roue d’indignation face à Lepaon(1), pour manifester leur colère contre les dépenses de leur secrétaire général. Un autre souverain, surnommé il y a 2 000 ans « roi des Juifs », avait souvent le mot « hypocrite » à la bouche(2)
Mais ne vous imaginez pas en avoir fini pour cette année avec les rois : certains (de plus en plus rares il est vrai) auront une larme le 21 janvier prochain(3) et surtout, le 17 février qui suit, ce sera Mardi gras et les rois de carnaval. Et gageons que tout le reste de l’année, les rois, qu’évoquaient Georges Brassens dans une chanson célèbre, continueront de nous pourrir la vie…

D.T.


(1) Démissionnaire mercredi 7 janvier.
(2) Le terme, d’après les évangiles, est présent dix-sept fois dans les propos rapportés du Christ.
(3) Date anniversaire de la mort de Louis XVI


PS : on aurait préféré, en écrivant cet éditorial une journée avant l’attentat du 7 janvier, ne pas avoir à faire notre deuil, dès le lendemain, et en particulier du benêt couronné et revêtu d’hermine, le célèbre « roi des cons», de Wolinski. In memoriam

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