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Editorial - Pour une France…

C’est la loi du genre : les candidats à l’élection présidentielle font saillir, tels des Hercule de foire, leurs biceps sur l’estrade.

ActualitéSociété Publié le ,

Ou alors, plus astucieux, prônent une France à biceps. Cela peut donner les slogans suivants.

Pour une France puissante…
… qui pourra ainsi intervenir en Syrie, dans la droite ligne des interventions militaires en Afghanistan ou en Libye qui ont donné les résultats probants que l’on connaît.

Pour une France résistante…
… à toutes les pressions internationales, d’ailleurs, c’est bien connu, c’est l’Allemagne de la chancelière Merkel qui s’est alignée sur les positions françaises.

Pour une France robuste…
… et capable de résister aux soubresauts sur les marchés financiers et de maintenir la confiance que lui font les prêteurs quand bien même une agence de notation dégrade la note triple A.

Pour une France solide…
… et qui le montre bien en assurant la sécurité des citoyens où qu’ils soient sur le territoire national ; pas de zone de non-droit chez nous.

Pour une France vigoureuse…
… dont les habitants ont compris et mettent en oeuvre la formule du candidat Kennedy à la Maison Blanche à la fin des années cinquante du siècle dernier : « Ne vous demandez pas ce que la nation peut faire pour vous mais plutôt ce que vous pouvez faire pour la nation ».

Pour une France balèze…
… où l’on valorise plus le créateur d’une PME qui pour ses douze heures de travail hebdomadaire peut royalement s’offrir un salaire de 3 400 € brut mensuel plutôt que le banquier du CAC 40 affligé qu’on veuille limiter son droit à un parachute doré de plusieurs millions (ou dizaines de milliers) d’euros.

Pour une France baraquée…
… qui n’hésite pas à prendre à bras le corps le problème de la construction de logements, et mette – il est presque temps – fin à une crise du logement qui s’éternise (avec quelques rares éclipses) depuis quasiment la fin de la Première Guerre mondiale.

Pour une France costaude…
… et qui de fait ne s’effraye pas de devoir changer ses habitudes et dont les habitants préfèrent prendre pour modèle Ernest (celui qui va de l’avant) plutôt qu’oncle Vania (« Back to the trees ») du formidable roman de Roy Lewis, « Pourquoi j’ai mangé mon père ».

Pour une France importante…
… et qui sache élire un président de la République qui en fasse son programme… et qui l’applique.

Mais au fait : puissante, résistante, robuste, solide, rigoureuse, balèze,
baraquée, costaude, importante, ne sont-ce pas tous des synonymes
de forte ? C’est vrai cela : une France forte, en voilà un bon slogan. A
condition que cela ne reste pas un slogan.

D. T

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