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Editorial - Patrimoine : un jeu de cache-cache

Le ministère de la Culture et de la Communication avait tellement bien dissimulé le thème qu’il avait retenu pour les journées du patrimoine 2012 (qui ont lieu samedi 15 et dimanche 16 septembre prochains) que l’on ne l’a retrouvé qu’au printemps.

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Normal, puisque ce thème c’était : « le patrimoine caché ».
De ce fait, pour prendre l’exemple de Rhône-Alpes, et compte tenu du temps nécessaire à la mise en oeuvre des projets culturels, les différents acteurs institutionnels ont été contraints d’anticiper et de choisir un thème régional afin de pouvoir être prêts dans les délais. Et comme ces différents acteurs institutionnels ont joués à… cache-cache (quel bonheur de constater que même à ce niveau de responsabilité, on conserve une âme d’enfant et que l’on demeure très joueur…), la direction régionale des affaires culturelles et la Région Rhône-Alpes ont choisi de focaliser leurs efforts sur Rousseau (dont c’était le tricentenaire de sa date de naissance), la communauté urbaine de Lyon préférant s’intéresser à tous les patrimoines qui sont dans la nature. Rien que de bien naturel… D'autant que Rousseau et nature concubinent souvent...
Tant mieux, au fond, puisque ces journées destinées à favoriser la proximité des Rhônalpins, et des autres Français, avec leur patrimoine sous toutes ses formes rempliront triplement leur rôle cette année avec trois thèmes proposés : Rousseau, le patrimoine naturel et le… patrimoine caché, puisque certains ont pu se rattacher au thème national et proposer des approches en ce domaine pour les 15 et 16 septembre prochains. Un regret tout de même : ce thème du patrimoine caché, s’il eut été connu plus tôt, aurait été un formidable levier pour faire connaître au plus grand nombre des sites et objets patrimoniaux particulièrement méconnus, et pour cause.
Sans pouvoir et pour cause, être exhaustif dans le domaine du patrimoine caché, on aimerait à titre d’illustration, mettre l’accent sur quatre exemples, deux constituant en quelque sorte des « occasions manquées » et deux autres démontrant toute la potentialité de ce thème.
Les occasions manquées tout d’abord : avec un tel thème, « le patrimoine caché », on pense immédiatement dans notre région, que le plus ancien témoignage patrimonial au monde, c’est la grotte Chauvet, découverte il y a une quinzaine d’années et qui ne se visite pas, un espace de restitution étant en cours de réalisation. En voilà une formidable « matière » pour des journées européennes du patrimoine. Tout comme, autre occasion manquée avec un tel thème, « le patrimoine caché », la redécouverte de personnalités de notre région ayant joué un rôle éminent là où l’on ne les attendait pas. On pense aux frères Gauthier, dirigeants d’une maison de commerce de Lyon qui, en 1855, décidèrent d’assurer une liaison maritime entre la France et les Etats-Unis, à partir du Havre, et firent pour cela construire huit transatlantiques. Cherchez bien : aucune rue de Lyon ne porte leur nom, et leur souvenir même demeure enfoui, caché si l’on peut dire.
Ne soyons pas pessimiste : deux initiatives ont été prises sur ce thème du patrimoine caché. Celle de la société autoroutière AREA qui a souhaité mettre en évidence à l’occasion des prochaines journées européennes du patrimoine, les fouilles archéologiques, et leurs résultats, réalisées à l’occasion de la construction d’autoroutes. Des autoroutes qui suivent naturellement (géographie oblige) le tracé des… voies romaines d’il y a 2000 ans. Et puis le musée des arts décoratifs de Lyon, et sa presque inépuisable réserve de chefs d’oeuvre, propose une exposition et un catalogue sur ce patrimoine caché, qui seront présentés le 14 septembre prochain.
Gageons que l’année prochaine, le ministère de la Culture et de la Communication ne… cachera pas son jeu en faisant connaître plus tôt son thème pour les journées européennes du patrimoine.

D.T.

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