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Editorial - Parti prix !

On ne sait pas combien représenteraient en euros de 2012, deux millions d’écus de 1555.

ActualitéSociété Publié le ,

En tout cas, une somme importante. Cette somme, c’est le montant du colossal emprunt d’Etat que fi t le roi Henri II auprès de financiers lyonnais, des banquiers-marchands pour beaucoup d’origine italienne regroupés au sein d’une sorte de consortium « Le Grand parti de Lyon ». Une opération qui conduisit à l’une des plus importantes banqueroutes de l’Etat (il y avait déjà eu celle de Philippe IV le Bel au XIVe siècle) et pourtant, il n’existait pas dans la seconde moitié du XVIe siècle d’agence de notation…
Cette affaire du Grand parti de Lyon (peu évoquée en dépit de son importance durant les années où l’école historique française, très marquée par l’influence des Annales et de l’histoire sociale, conduisait à plus s’intéresser par exemple aux mouvements sociaux comme la Grande Rebeyne, révolte populaire dans le Lyon de 1529), cette affaire donc mérite, on l’aura compris, d’être mieux connue alors que l’Etat et ses finances sont entrés dans une zone de turbulences liées à un endettement excessif. C’était le cas du Trésor royal, soucieux de consolider la dette existante et d’apporter des financements pour notamment entretenir l’effort de guerre en Italie.
Le montant de deux millions d’écus correspondait aux 3/4 à la dette existante et pour 1/4 à l’apport de financements nouveaux. Une leçon pour les « Géo Trouvetou » d’aujourd’hui qui préconisent le regroupement de l’endettement français dans une structure dite de cantonnement.
L’idée de repartir sur de bonnes bases en refi nancant la plus grande partie de la dette, séduisante au premier abord, conduisit au désastre, car il n’y a pas eu parallèlement d’efforts menés afi n de diminuer le train de vie de l’Etat. Comme aujourd’hui ?
Car ce grand emprunt coûtait cher : un taux annuel de 16 %. Vous avez dit conditions d’emprunt pour la Grèce en 2012 ?
Prévu pour durer onze ans, avec remboursement en une quarantaine d’échéances constantes de 5 % du capital, ledit emprunt ne fut remboursé comme convenu que jusqu’au neuvième terme (10 % du capital remboursé). Après, divers expédients furent employés, comme par exemple l'annulation des créances portées par des banquiers à titre spéculatif : vous avez dit la Grèce d’aujourd’hui ? In fine, Sully en 1604 annula 40 % du capital et des intérêts, et ramena sur le restant, le taux d’intérêt à 4 % !
Inutile de dire que la place financière et bancaire ne s’en releva pas. Lyon n’avait été « capitale » du royaume qu’une quarantaine d’années.

D. T


Sources : – Georges Gallais Hamonno, laboratoire d’économie d’Orléans et site Wikipédia. – Lyon qui compte… Banques et finances lyonnaises, édition livresEMCC, 2011.

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