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Editorial - Nouvelles de l’étranger

Les marchés de Noël ont fermé les portes de leurs chalets alors même que le marché des joueurs de foot débutait, le mercato comme disent les footeux.

ActualitéSociété Publié le ,

Un marché international, pour des équipes françaises (en ligue 1) qui le sont aussi : sur les 220 joueurs alignés, presque la moitié (109) étaient, en début de saison, étrangers ou bi-nationaux. Avec une quarantaine de nationalités représentées. Paris, Monaco, Toulouse, Bordeaux, Nantes et Evian, autant d’équipes qui disposent d’une majorité de joueurs étrangers dans leurs équipes types. Outre le foot, d’autres disciplines sont concernées. Au premier chef, le rugby. Le Top 14, considéré comme le championnat majeur de l’hémisphère nord, se prépare à un afflux massif de joueurs du «Sud» après la coupe du monde de 2015. Des compétiteurs prestigieux vont débarquer sur la rade toulonnaise (Ma’a Nonu), en région parisienne (Dan Carter jouera pour le Racing Metro 92) ou sur les bords de l’Atlantique (Ashley-Cooper a signé à l’UBB). Le basket n’échappe pas à la tendance. En témoigne le dernier recrutement de l’Asvel, qui a enrôlé l’Américain Alex Acker.
Les grèves des médecins en France ces derniers jours ont aussi offert l’occasion de rappeler que presque 10 % des praticiens exerçant dans notre pays possédaient un diplôme étranger (17 800 environ en activité régulière). Une proportion qui atteint presque 30 % dans les hôpitaux. Ils viennent, ces médecins étrangers, d’Algérie, de Roumanie, de Belgique, de Syrie...
Et puis certains de ceux qui ne vont que rarement à la messe dominicale, en faisant une exception pour Noël, ont pu constater que le prêtre étranger se portait bien en France si l’on ose écrire. Conséquence de la crise de vocations (moins de cent ordinations par an), ils sont 1 600, ces prêtres venus d’Afrique ou de Pologne, 10 % du nombre total des prêtres exerçant leur ministère en France.
Les fêtes de fin d’année, on l’oublie un peu, ne sont pas de tout repos pour les soldats français engagés dans des opérations extérieures, en Afrique, en Afghanistan... Au total, 10 000 hommes environ. L’un des fers de lance de ces militaires en mission hors de nos frontières, c’est la Légion étrangère, et ses 7 700 hommes, créée en 1831 et qui se trouve présente partout où notre pays intervient. Dans une proportion très importante, les étrangers, qui deviennent « fils de France non pas par le sang reçu mais par le sang versé », sont environ un millier à s’engager chaque année, un quart du recrutement s’effectuant en Europe de l’Est et 20 % venant de pays francophones.
Dans les équipes de foot, dans les hôpitaux, dans les églises, dans l’armée, les étrangers, comme nous le rappelle l’actualité, fortifient la maison France ; dans les laboratoires aussi sur les traces de Maria Salomea Sklodowska, née à Varsovie en novembre 1867 et qui obtint deux fois un prix Nobel (de physique en 1903, de chimie en 1911) sous le nom de Marie Curie. On pourrait aussi évoquer la littérature avec Tahar Ben Jelloun, prix Goncourt 1967 pour La Nuit sacrée ; Jonathan Littell qui, avec Les Bienveillantes, fit le doublé prix Goncourt-grand prix de l’Académie française en 2006 ou Amin Maalouf, récompensé par le Goncourt en 1993, élu à l’Académie française en 2011.
La France, « mère des lettres, des armes et des lois » chère à Du Bellay, il faut le rappeler alors que les débats sur l’immigration sont toujours prêts à déraper, est aussi riche de ceux venus d’ailleurs.

D.T.

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