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Editorial - Nourri par Rome

Romanité ? Pourquoi ne pas sauter sur l’occasion et analyser la composition du nouveau gouvernement avec une telle grille de lecture ? Manuel Valls : peut-être se rêve-t-il tel l’empereur Trajan (53-117), celui de la célèbre colonne à Rome, d’origine espagnole, surnommé « Optimus princeps »(1) ; sous son règne, l’empire connaît son apogée.

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Quant à Laurent Fabius, il porte un nom prédestiné à l’aune de la romanité : son homonyme (issu d’une très ancienne famille patricienne) Quintus Fabius Maximus Verrucosus (dictateur en – 217 avant J.-C.) reçut un surnom qui va comme un gant à un ministre des Affaires étrangères, Cunctator, autrement dit le temporisateur. On l’imagine aussi en Caton l’ancien, allant répétant à l’époque des guerres puniques : « Delenda Carthago (état islamique) est », Carthage et califat commençant par la même lettre… Ségolène Royal, on ne peut s’empêcher de la voir en réincarnation de Clélie, qui dès – 500 avant J.-C., sut jouer les premiers rôles lors de la guerre que les Romains livrèrent aux Etrusques ; n’a t-elle pas réussi à se jouer du roi Porsenna ? Et pour Najat Vallaud-Belkacem, riche d’une double culture, ne nous rappelle telle pas les Sabines enlevées par les Romains et qui, intervenant entre soldat des deux camps, obtiennent que cessent les hostilités. Soit dit en passant, une ex d’un précédent gouvernement, qui n’a pas hésité dans un récent pamphlet rageur à déverser sa bile sur le président de la République, Cécile Duflot aurait pu s’écrier telle la Camille de la pièce de Corneille: « Hollande, l’unique objet de mon ressentiment… Hollande enfin que je hais…» Mais passons. Grand saut dans l’histoire de l’Empire romain pour Christiane Taubira, dont le patronyme rime avec Théodora (500-548), épouse de l’empereur Justinien: elle fut injustement décriée par Procope (comme notre garde des Sceaux) et s’avéra de bon conseil pour son mari, et même sauva la situation lors du soulèvement populaire de 532 à Constantinople. Retour aux origines de Rome avec Michel Sapin : serait-il un continuateur d’Agrippa Menenius Lanatus, consul en – 503 avant J.-C., chargé d’arbitrer entre les riches patriciens et les pauvres plébéiens accablés de dettes (d’impôts ?) qui s’étaient insurgés ? Il n’a pas mal réussi à réconcilier riches et pauvres, notre consul, avec sa comparaison : l’estomac (patriciens) et les pieds (plébéiens) ne peuvent pas vivre l’un sans l’autre; « ils périssent par la désunion et vivent pleins de force par la concorde »(2). Vaste programme pour un ministre des Finances chargé entres autres de la redistribution fiscale… On s’arrêtera là (3) : il n’y a pas de borgne au gouvernement comme Horatius Coclès le brave ou de… manchot comme Mucius Scaevola, qui, telle une allégorie de Benoît Hamon, se fit brûler la main droite, préférant réapprendre à se servir de la main… gauche. Un dernier mot quand même pour tous ceux qui ont décliné l’offre de participer à ce gouvernement, qui sont restés sur l’Aventin par désaccord… Tacite en quelque sorte. Dans la crainte qu’au bout du compte, on soit tombé de Charybde en Scylla…


DT

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