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Editorial - Mode d'emploi

Sur le terrain de l’emploi, la région Rhône-Alpes s’affirme comme un compétiteur redoutable, déjouant les mauvais pronostics et trustant, quasi-autoritaire, les meilleurs strapontins.

ActualitéSociété Publié le ,

Les ultimes données du chômage dorent davantage le blason d’un territoire prompt à dégoter des postes, en particulier pour les jeunes de moins de 25 ans, grands bénéficiaires de ce recul. Recul, et non décrue. Force est d’admettre qu’évoquer une décrue, lente certes mais pérenne, s’avère aujourd’hui un délicat exercice d’anticipation, pour ne pas dire de prédiction, sans oublier son corollaire : l’incertitude. D’un oeil torve, on constate que la courbe du chômage longue durée poursuit, elle, son irrésistible et non moins inquiétante ascension. Comme à la lecture de toute donnée macroéconomique, la prudence reste de mise. Pour combattre le fléau du chômage, chacun tente sa solution. Celle du nouveau patron de la CGT, Philippe Martinez, tranche comme une lame. L’homme aux rudes bacchantes estime que la durée légale de travail hebdomadaire pourrait s’établir à… 32 heures. « Ce n’est pas une absurdité », tance celui qui a durci une ligne désormais clairement érubescente. Changement de ton, d’attitude sur le front de l’emploi, mais aussi sur celui des émoluments. L’appel à une mobilisation d’ampleur de l’ensemble des organisations syndicales pour non réclamer, mais exiger « une hausse des salaires », est le premier signal envoyé, ab irato, par une CGT ébranlée et qui souhaite reprendre la main. Des salaires, il en était question dans la dernière analyse estampillée Insee, et qui titre sans ambages : « Rhône-Alpes : une région riche ». A l’aune des revenus par unité de consommation (plus de 20 100 € pour la moitié des ménages rhônalpins), notre région occupe la troisième marche d’un podium où s’installe tout en haut, sans surprise, l’Ile-de-France, accompagnée par l’Alsace. De La Pacaudière dans la Loire aux contrées alpines, aucun territoire de Rhône-Alpes n’est abiotique, même si des inégalités émergent, voire se renforcent dans les grandes aires urbaines. Les disparités entre communes périphériques et pôles urbains s’accentuent, au profit presque exclusivement des premières citées. A l’exception de Lyon, puisque la ville-centre demeure plus riche que les collectivités qui composent sa couronne. Nul territoire ne doit être laissé de côté et l’on retrouve cette antienne dans l’intervention - la cinquième conférence de presse semestrielle - du président de la République. François Hollande entend engager une nouvelle politique de « peuplement », avec deux piliers majeurs de l’édifice, à savoir le vivre ensemble et la mixité sociale. Pour mettre à mal le sentiment d’abandon vécu par certains territoires, le chef de l’Etat a même appelé à la création d’une Agence nationale pour le développement économique des territoires. De la solidarité injectée dans le programme économique. Serait-ce le mode d’emploi pour réussir ?


L.O.

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