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Editorial - Mariage pour tous : un cas d'étude

Béni sois-tu, ô gouvernement Ayrault, et en particulier pour ton immense sollicitude envers les éditorialistes, en leur fournissant une matière aussi riche que le mariage pour tous : ici même, ne s’en saisit-on pas pour la troisième fois ? Une telle révolution, on le sait bien, porte en elle d’énormes potientialités, auxquelles ses promoteurs n’avaient sans doute pas songé. Ainsi au plan linguistique : le constat, c’est que le mariage, en perte de vitesse, devrait reprendre une courbe ascendante.

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Béni sois-tu, ô gouvernement Ayrault, et en particulier pour ton immense sollicitude envers les éditorialistes, en leur fournissant une matière aussi riche que le mariage pour tous : ici même, ne s’en saisit-on pas pour la troisième fois ? Une telle révolution, on le sait bien, porte en elle d’énormes potientialités, auxquelles ses promoteurs n’avaient sans doute pas songé.
Ainsi au plan linguistique : le constat, c’est que le mariage, en perte de vitesse, devrait reprendre une courbe ascendante. Et logiquement, c’est la loi statistique, le nombre d’adultères aussi. Avec la nécessité, on comprend bien pourquoi, de rajeunir l’expression « Ciel, mon mari ! » Un lexicographe inventif nous propose en remplacement un élégant : « Ciel, je suis marri ! » A examiner d’urgence par l’Académie française.
On pense aussi aux tenants d’une religion quelque peu originale (elle ne manque pas de sel de lac, cette religion, pour ceux qui n’auraient pas compris), une religion au prosélytisme inventif s’exerçant par le recueil des actes d’état civil pour le baptême de tous, tous ceux qui ont vécu sur cette terre. Avec le mariage pour tous, un nouveau gisement va s’offrir à eux, et pas seulement en France mais aussi en Angleterre où la mesure vient d’être adoptée. Qu’en pense le challenger malheureux dans la course à la Maison Blanche du président Obama ?
Et puis l’on aura garde d’oublier que le mariage pour tous va faire disparaître un vide juridique, en littérature : on pense à Erckmann-Chatrian (Emile et Alexandre pour les intimes), aux frères Goncourt (Edmond et Jules), ou encore à Boileau-Narcejac (Pierre et Pierre… Ayrault… si, si… dit Thomas) pour qui le couple formé posait, on l’imagine bien, de sacrés problèmes au moment de l’attribution des droits d’auteurs et autres royalties.
Le feuilleton, sur ce sujet, Goscinny-Uderzo en constitue une belle illustration. Avec le mariage rendu possible pour eux, plus de problèmes. Et ce système pourrait être étendu pour les nègres et leurs commanditaires. Si le mariage pour tous avait existé au XIXe siècle, Dumas n’aurait pas été tracassé par Auguste Maquet. Au fond, ce mariage pour tous, il apparaît surtout pratique et inventif pour des cas auxquels on n’avait pas songé au départ ; en revanche, pour son objectif premier, on demeurera réservé.

DT

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