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Editorial - Ménage géographique

Les périodes de crise ont ceci de bon qu’elles permettent de revenir à des comportements francs, directs et sans faux-fuyants.

ActualitéSociété Publié le ,

Tenez, puisqu’on s’apprête à entrer dans les commémorations du centenaire de la guerre de 1914-1918, rappelons-nous des décisions prises, après l’échec des premières offensives en août 1914, par le général en chef Joffre, de se priver des services (euphémisme) de généraux âgés (re-euphémisme) incapables d’assurer leur mission. Mis à pied, même les cavaliers, ils se retrouvèrent brutalement affectés dans le Limousin, à Limoges. D’où l’expression limoger quelqu’un. Et comme on se retrouve, cent ans après, encore dans une période de crise, pas tout à fait comparable à celle de 1914 bien sûr, les réflexes reviennent. Un exemple ? Cette conseillère municipale lyonnaise dont le mandat a été brutalement interrompu parce qu’elle n’habitait plus sur place. On n’entrera pas dans les détails, toujours est-il qu’elle a été débarquée, d’aucuns diraient trivialement virée… Pourquoi ne lui a-t-on pas proposé, puisqu’elle souhaitait quitter Lyon, de s’installer en Saône-et-Loire, plus précisément à… Viré ! Nul doute qu’elle aurait pu ainsi non pas se consoler avec la dégustation de certains vins blancs célèbres («l’abus d’alcool est dangereux ») mais qu’au moins, elle aurait pu s’occuper en étudiant leur histoire millénaire, attestée depuis l’empereur Domitien (92 après J.-C.). Toujours dans le même registre, le président d’une importante institution économique lyonnaise vient de se faire chasser de son poste. Et là encore, il eut été possible de recourir à la façon de faire de Joffre, de l’envoyer du côté de chez François Fillon, dans la Sarthe, voire même (on a connu cela dans le passé) méditer sur l’inconstance humaine dans les environs d’Alençon à… Chassé plus précisément. Pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Les éjectés aujourd’hui, plans de licenciements économiques à la chaine obligent, sont légion. Et pourquoi pas, que les mariolâtres nous pardonnent, leur proposer à tous ces lourdés des entreprises, un pèlerinage à… Lourdes, pour invoquer la Vierge afin qu’elle nous ramène la croissance et les emplois qui vont avec ? Un dernier pour la route. A destination de tous les mis en congé d’office, avec ou sans maintien de leur traitement, dans la fonction publique ; en particulier au ministère de l’Intérieur où, soit dit en passant, règne la même logique avec les deux présidents de la République de ces dernières années, d’installer « leurs » hommes aux postes stratégiques. Et bien pour eux, au lieu de leur proposer un placard à « l’IGPN boeuf-carottes », pourquoi ne pas les envoyer en Normandie où l’air est vivifiant à… Congé-sur- Orne par exemple ? En définitive, que nous soyons le seul pays à avoir conserver plus de 36 000 communes, ce n’est pas aussi absurde qu’on le dit couramment. Au moins au plan toponymique.


DT

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