AccueilSociétéEditorial - Lutte contre l'amnésie : réparer un oubli

Editorial - Lutte contre l'amnésie : réparer un oubli

Bernard Arnault, et la (mauvaise) blague belge de la semaine dernière, tombe à point pour rappeler les ravages d’une maladie qui n’est que peu prise en compte par notre société qui pourtant ne rechigne pas devant les grandes causes nationales, les mobilisations de toutes sortes, du type « machinthon », et autres plans de lutte contre les affections de toute nature : on veut parler de l’amnésie. Pourquoi Bernard Arnault ? Parce que, souvenez-vous déjà, Johnny Hallyday avait tenté la même manoeuvre de vouloir se faire nationaliser belge, étape impo(t)sée (on se ne souvient plus pour quelle raison) pour devenir monégasque.

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Bernard Arnault, et la (mauvaise) blague belge de la semaine dernière, tombe à point pour rappeler les ravages d’une maladie qui n’est que peu prise en compte par notre société qui pourtant ne rechigne pas devant les grandes causes nationales, les mobilisations de toutes sortes, du type « machinthon », et autres plans de lutte contre les affections de toute nature : on veut parler de l’amnésie.
Pourquoi Bernard Arnault ? Parce que, souvenez-vous déjà, Johnny Hallyday avait tenté la même manoeuvre de vouloir se faire nationaliser belge, étape impo(t)sée (on se ne souvient plus pour quelle raison) pour devenir monégasque. Et bien entendu, la manoeuvre avait échoué piteusement.
Autre exemple d’amnésie, ce qui s’est passé aux Etats-Unis sous la présidence d’Herbert Hoover où des mesures tout à fait inappropriées, comme on dit euphémiquement aujourd’hui, ont réussi à transformer une simple crise financière (vous avez dit « jeudi noir », le 24 octobre 1929) en crise économique profonde et durable marquée par une récession sans précédent. Vous n’avez pas l’impression que c’est ce que nous sommes en train de vivre aujourd’hui en Europe avec une priorité accordée aux remboursements des dettes souveraines plutôt qu’à la relance économique ?
Toujours dans le registre de l’amnésie, les interrogations (louables) sur l’opportunité d’une intervention militaire en Syrie, alors que tant en Irak, qu’en Afghanistan ou en Libye, des interventions de ce type n’ont en rien atteint leur objectif, c’est le moins que l’on puisse dire. Qu’il faille faire quelque chose, c’est évident, mais peut-on éviter de reproduire les erreurs du passé ?
On pourrait allonger sans peine la liste des ravages que fait l’amnésie : aussi apparaît-il indispensable d’alerter les autorités afin qu’elles prennent les mesures qui s’imposent. Tout d’abord, la mise en place d’une commission de réflexion dont on essaiera de ne pas… oublier les préconisations du rapport qu’à coup sûr elle fera ; ensuite la création d’une agence gouvernementale de lutte contre l’amnésie avec installation de directions dans chacun des départements ; enfin le recrutement (exceptionnel) du millier de postes de fonctionnaires nécessaires sans oublier bien sûr l’inscription dans la prochaine loi de finances d’une ligne budgétaire indispensable. Tout cela bien sûr pour réparer l’oubli de la lutte contre l’amnésie des précédents gouvernements.

D. T.

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