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Editorial - Le bout du tunnel

A l’aune de la dernière fournée des chiffres du chômage, il ne s’agit, d’après les experts économiques, que d’un faible frémissement.

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Mais ce friselis galvanise. La baisse du nombre de chômeurs de catégorie A, de quelque 19 000 inscrits, qui bénéficie avant tout à l’agrégat des moins de 25 ans, est confirmée au plan rhônalpin. Plus forte diminution recensée depuis décembre 2007, cette donnée ne peut cependant occulter la progression des effectifs globaux, qui incluent les catégories B et C. Avec même une inquiétude ancrée pour les demandeurs d’emploi de longue durée qui ont bien du mal à percevoir une lueur au bout du tunnel. L’espoir pourrait prendre les contours du Mondial des métiers, dont la 19e édition est programmée du 12 au 15 mars à Eurexpo-Lyon. Cette mouture, plus que ses devancières, cible davantage les adultes en quête de réorientation et de reconversion. La lutte pour l’emploi demeure, pour 2015, le tube de l’année. Un tube en mode doux avec ces statistiques encourageantes même si les spécialistes tempèrent cet optimisme en précisant à nouveau que seule une croissance égale ou supérieure à 1,5 % pourrait sinon inverser, à tout le moins stopper la courbe ascensionnelle du chômage. Relance de l’économie, ok. Et, à l’instar des années Mitterrand frappées du sceau des chantiers d’envergure, politique de grands travaux ? Sous les feux des projecteurs cette semaine, le serpent de mer du Lyon- Turin. Chantier pharaonique initié il y a trois décennies puis validé lors d’un sommet franco-italien à Lyon en septembre 2012, le projet de ligne à grande vitesse entre la capitale rhônalpine et son homologue piémontaise, à savoir le percement d’un tunnel de 57 kilomètres, a reçu le feu vert conjoint de François Hollande et du président du Conseil italien, Matteo Renzi. Effectifs en 2016, les travaux de ce tronçon, dont le coût est évalué à 8,5 Md€, ont d’ores et déjà été précédés de « mini-chantiers »… mais également de leur lot de polémiques, de querelles et de contestations. Aux défenseurs de cette autoroute ferroviaire combinant fret et trafic de voyageurs et devant générer une diminution sensible de l’émission de CO2 en transférant les poids lourds de la route vers le rail, s’opposent des détracteurs fustigeant un projet « néfaste pour l’environnement » et la facture extravagante. Le financement ? Si les deux états voisins abonderont largement, l’Union européenne a été sollicitée, à hauteur de 40 %. Une Europe omnipotente qui a récemment fait assaut d’autorité : si la Commission a accordé un délai de deux ans à la France pour que cette dernière ramène son déficit public sous les 3 % du PIB, elle ne lui laisse que trois mois pour dévoiler une série de mesures drastiques destinée à produire des résultats immédiats. A l’heure où le souci d’économies s’avère prégnant, mettons en exergue une affaire qui pourrait laisser aux contribuables un goût amer. Le changement de nom des conseils généraux en conseils départementaux, acté par la loi du 17 mai 2013 et qui rentrera en application après les élections de mars, pourrait coûter plusieurs millions d’euros : les logos (sur les lettres à en-tête, les façades des édifices, la signalétique routière…) liés à ces assemblées délibérantes, héritage avitin du crépuscule du XVIIIe siècle, deviendront de facto obsolètes et devront être modifiés. Plusieurs élus, de tous bords, ont fait part de leur volonté d’agir avec parcimonie, quand les stocks seront épuisés ou les panneaux usés. Un signe que l’on ne badine pas (plus ?) avec l’argent public. Une foi d’édiles pour déplacer des montagnes… sous lesquelles passent les tunnels !

L.O.

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