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Editorial - La baie des cochons

On imagine sans peine la colère que piquerait Obélix, transporté à notre époque (sur le tapis de Rahàzade…), découvrant que ses chers sangliers sont victimes, en Bretagne même, c'est-à-dire chez lui, d'une étrange pathologie peut-être due à l'hydrogène sulfuré provenant de la putréfaction des algues dites vertes.

ActualitéSociété Publié le ,

On se souvient en effet que le compagnon d'Astérix témoigne d'un amour immodéré pour les sangliers… ce qui n'est en rien une invention de Goscinny et Uderzo puisque des fouilles récentes à Lyon ont permis de mettre au jour des quantités considérables d'ossements de sangliers, consommés sans doute lors d'un banquet gaulois.

En tout état de cause, l'on ne pourra que faire observer qu'il y a au moins deux paradoxes dans cette affaire de décès de trente-six sangliers en baie de Saint-Brieuc. Le premier de ces paradoxes, c'est bien que ces sangliers de terre, si l'on ose écrire, viennent mourir en bord de mer, là où vivent leurs « confrères » maritimes, les poissons-sangliers ou capros aper (un poisson pas si laie) dont on vient d'apprendre que c'est une espèce qui n'est pas difficile, acceptant toutes sortes de nourriture de substitution. Reste à savoir si ce capros aper tolère les algues vertes, et si un aquariophile a fait le test…

Deuxième paradoxe : d'aucuns ont mis en cause, dans l'apparition du phénomène algues vertes en Bretagne, les conséquences des élevages intensifs de cochons en Bretagne, source de pollution des cours d'eau. Des élevages de cochons destinés à la production de charcuterie et autres viandes. Qu'in fine, la production massive de charcuterie de cochons domestiques entraîne le décès de cochons sauvages génère la perplexité. On en arriverait même à regretter l'époque où la chasse à courre était répandue (plus qu'aujourd'hui en tout cas) et où l'on donnait une (petite) chance à l'animal d'en réchapper. A armes égales ou presque. Des chasses à courre se terminant le plus souvent par l'acte du maître d'équipage qui servait la bête. Avant que d'autres ne le servent à table…

Reste à espérer que le tintamarre médiatique fait autour de cette affaire de sangliers de la baie de Saint-Brieuc serve… à quelque chose.

DT

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