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Editorial - JF CAS

Seul l’ermite – peut-être le vétillard – semble aujourd’hui à l’abri des informations anxiogènes et alarmistes distillées, avec force détails, par les médias de tous horizons, ceux qui parlent, qui filment ou qui écrivent.

ActualitéSociété Publié le ,

La litanie des actualités portant sur la crise, économique mais pas que, enfle au quotidien. Difficile de passer entre les mailles du filet. Et dans la famille «Les chiffres qui donnent le tournis», voici les deux derniers. 3,22: il s’agit, en millions, du nombre de chômeurs en France. Une courbe ascendante, inversement proportionnelle à celle de la popularité de l’exécutif, à en juger par les sondages d’opinion qui accompagnent chaque «nouvelle» mauvaise nouvelle. De son côté, le budget de l’Etat se met, défavorablement, sur son 31: en milliards cette fois-ci, il s’agit du déficit enregistré au mois de mars, en augmentation de 1,6 milliard par rapport au même mois de l’exercice précédent. Si ces données fragilisent le gouvernement, à un point tel que le président de la République, au départ réticent, envisage comme «possible» un remaniement ministériel, elles témoignent de la dégradation inéluctable de notre économie, et par propagation, de celle du Vieux Continent. Et dans la tête des Européens, le pire reste à venir. D’après une récente étude de Publicis, ils sont 75 % à penser que la crise, qui impacte leur pays, va « s’aggraver ». L’Hexagone décroche la timbale avec 85 % de pessimistes. Les objurgations de peuples, sous le joug de plans et de mesures d’austérité que d’aucuns jugent inanes et plutôt avilissants, sont légion. On manifeste, on crie son désarroi, sa colère, on apostrophe des dirigeants qui tentent de maintenir le cap et de permettre à leurs navires d’embouquer la passe d’un avenir meilleur, fort exiguë, nonobstant une marée contraire.
Si l’herbe semble plus verte outre-Rhin, notre gouvernement a placé le curseur des priorités sur l’emploi. Ultime exemple, le projet de loi de «sécurisation de l’emploi» adopté dans la douleur à l’Assemblée, puis au Sénat, dans un joyeux tour de passe-passe. Ce projet de loi ambitionne d’apparier des garanties pour les salariés et celles pour les entrepreneurs, en favorisant la création de postes tout en offrant de réelles alternatives aux licenciements. Et dans le rôle du funambule – du prestidigitateur? – le ministre du Travail, Michel Sapin. Lui qui a dû monter au créneau pour balayer d’un revers de main l’idée d’une diminution du nombre de JF, entendez jours fériés, en résonance à un mois de mai émaillé de quatre d’entre eux. Une vive réaction, visiblement nécessaire, engendrée par une étude de l’Insee qui argue d’effets néfastes des jours fériés sur la croissance. A en croire l’organisme spécialisé en statistiques, nous perdrions 0,1 point de croissance en 2013. Tollé chez les syndicats, pour qui l’effet des jours fériés sur la production de richesses est à relativiser, à l’aune des douze millions d’heures de chômage partiel consommées en France en 2012. Dans les rangs des politiques, toucher aux jours fériés ne semble pas être la solution idoine face à l’atonie actuelle de l’économie. La consigne: prendre patience, en attendant de trouver un passage guéable vers un futur plus serein. En écho à tous ces jours fériés, un pont pourrait faire l’affaire…

L.O

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