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Editorial - Instruction / Destruction

Avouez (c’est un terme bien approprié...) que cela doit être complexe à porter, le nom de Gentil, quand on est juge d’instruction.

ActualitéSociété Publié le ,

Cela fait quelque peu erreur de casting, pour un magistrat qualifié naguère « d’homme le plus puissant de France », par Napoléon, ou Clémenceau, ou Balzac voire Emile Gaboriau, on ne sait plus qui au juste. Sans compter qu’on se demande aussi pourquoi l’on a conservé ce terme quelque peu désuet pour une fonction dont on n’a pas hésité - manie sémantique de notre époque - à modifier l’appellation de ses «outils»: n’a-t-on pas remplacé la bonne vieille inculpation par la mise en examen, une réforme bigrement fondamentale. Et souvenez-vous, en 1959, exit le code d’instruction criminelle pour l’abscons (aux yeux du profane) code de procédure pénale.
Et dans la même logique, avec dans ce cas des arrière-pensées idéologiques mal dissimulées, le terme instruction disparaissait, si l’on ose dire, de l’enseignement : c’est à un ancien maire de Lyon que l’on doit cette révolution lorsque, président du Conseil, en 1932, Edouard Herriot débaptise le ministère de l’Instruction publique pour en faire un ministère de l’Education nationale. L’Etat, gourmand, ne se contentait plus de vouloir instruire mais d’éduquer... à la place des familles ? Gageons qu’aujourd’hui, les enseignants déprimés des quartiers dits défavorisés préféreraient n’avoir qu’à instruire des élèves correctement éduqués par leur famille...
Cependant, la mode rétro aidant, le terme instruction pourrait retrouver une nouvelle jeunesse. Par exemple avec notre nouveau pape, donnant des instructions pastorales renouvelant le genre et... secouant quelque peu les habitudes et pratiques de la Curie. Ou encore avec la garde des Sceaux donnant des instructions au Parquet, non pas pour s’immiscer et faire pression sur des magistrats instructeurs mais pour mettre en musique une politique pénale cohérente à l’échelle du pays : retour à la case départ de cet éditorial donc. Avec une suggestion iconoclaste : si malgré tout il y avait changement d’appellation des juges d’instruction, compte tenu des dégâts que provoquent, pour les mis en examens reconnus in fine innocents, les auditions et décisions des juges d’instruction ainsi que le tapage médiatique allant de pair, on suggère d’adopter le nom de juge de destruction...

D.T.

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