AccueilActualitéSociétéEditorial - Huile de palme

Editorial - Huile de palme

A l’aune de la multitude d’études et d’enquêtes dédiées à l’observation fine, puis l’analyse de l’activité économique, dont l’une des dernières en date diligentée par la Fédération des centres de gestion agréés, il est admis que 2014 restera comme un exercice sombre pour les commerces et les petites entreprises de l’artisanat.

ActualitéSociété Publié le ,

Annus horribilis donc pour l’ensemble des secteurs, sans distinction, même si tous ne semblent pas impacter uniformément. Au palmarès des déceptions, les entreprises de carrelage-faïence, du bâtiment dans sa plus large acception, les agences immobilières et les studios photo, touchés au cœur et qui enregistrent une activité en recul. Ceux qui tirent leur épingle du jeu ? Le commerce de détail alimentaire, mais aussi les cafés, hôtels et restaurants.

Proximité, fabrication maison, authenticité et traçabilité des produits, promotion des terroirs... : autant d’atouts mis en exergue notamment par les crémiers-fromagers et les charcutiers-traiteurs, qui s’arrogent avec autorité les podiums des professions dont l’activité s’ancre dans le vert. La réussite commerciale et l’empathie suscitée tiennent avant tout au fait que les fromagers et les charcutiers sont clairement identifiés comme de véritables artisans du goût. Qui, de surcroît, font preuve d’esprit d’initiative et d’innovation permanent.

L’innovation sur le plan alimentaire. Un axe majeur de « Milano 2015 », l’exposition universelle qui vient d’ouvrir ses portes chez notre voisin transalpin, dont le dessein est de mettre à mal le misonéisme en matière alimentaire. Conçu sur le thème « Nourrir la planète, énergie pour la vie », ce rendez-vous fondamental sera l’hôte de plus de 130 pays et 20 millions de visiteurs qui auront toute latitude d’effectuer un voyage heuristique autour des saveurs et des traditions culinaires. L’amphitryon lombard ambitionne d’apporter son écot au débat sur l’éducation à l’alimentation, en rappelant, à l’instar de la campagne valorisant les fruits et les légumes qu’il convient de consommer quotidiennement, les produits bénéfiques pour l’organisme. Tout en pointant du doigt les « mauvais élèves ». A la barre des accusés, le sucre, les boissons énergétiques mais aussi les produits fustigés pour leur teneur élevée en gras saturés, ces derniers accroissant, dans des proportions alarmantes, les taux de mauvais cholestérols, facteurs de risque de maladies cardiovasculaires. D’aucuns auront compris que l’huile de palme est dans le viseur… Elle demeure un composant essentiel du Nutella, du groupe Ferrero, partenaire omnipotent de l’exposition universelle. Mieux vaut ne pas trop… tartiner sur le sujet. Rappelons simplement - pour flatter notre ego - que le « repas français » est inscrit par l’Unesco au patrimoine immatériel de l’humanité. Dont acte !

De palme, il en est fortement question avec l’ouverture du célèbre Festival de Cannes. A en croire Thierry Frémaux, délégué général de l’institution cannoise, par ailleurs directeur de l’Institut Lumière de Lyon, la programmation de la 68e mouture sera « le reflet des préoccupations sociales actuelles ». Si le « name dropping » ne rencontre aucune faiblesse, la sélection 2015, forte d’une vingtaine de films (sur les 1 854 visionnés par les comités de sélection) ayant subi le filtre qualitatif des organisateurs, fait la part belle aux auteurs exigeants. Place désormais aux soirées de cinéma sur la Croisette. Jusqu’à l’indigestion ? Pour l’anecdote, exhumons le film franco-italien de Marco Ferreri qui avait, en 1973, défrayé la chronique. Critique ouverte de la société de consommation sous couvert de comédie déjantée, La Grande Bouffe avait créé un scandale. De là à couper l’appétit des cinéphiles…

L.O

Partager :
Envoyer à un ami
Connexion
Mot de passe oublié ?