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Editorial - En ordre de marche ?

La valse des hauts fonctionnaires l’a propulsé des bords de la Garonne aux berges du Rhône.

ActualitéSociété Publié le ,

Nouveau préfet de Rhône-Alpes, Michel Delpuech prend ses marques. Mais il n’entend pas musarder. La lecture de l’agenda de sa première semaine permet de cerner quelques traits caractéristiques de ce « serviteur de l’Etat » comme il aime à se définir (lire son interview dans notre numéro du 4 avril, page 6) : une rencontre avec les représentants du conseil régional du culte musulman, un entretien avec l’ambassadeur du Maroc en France ou encore une intervention lors des Assises de la Mobilisation de l’école et de ses partenaires pour les valeurs de la République. Le message envoyé est limpide : rien ne pourra obombrer sa détermination. Il défendra les principes de liberté, de laïcité et de fraternité, loin des dogmes, doctrines et autres prosélytismes de tous ordres.

Une attitude empreinte de clarté qui tranche avec les atermoiements gouvernementaux. Exhumés du flot turbide des annonces contradictoires, deux dossiers illustrent la cacophonie en haut lieu : les péages autoroutiers et le compte pénibilité. Le Premier ministre a tranché. Unilatéralement. Pas d’augmentation des tarifs des péages autoroutiers en 2015. En contrepartie, les concessionnaires des autoroutes, qui bénéficieront en moyenne d’un allongement de deux ans de la durée desdites concessions, enclencheront au plus vite les travaux liés au plan négocié fin 2012 - début 2013. Doté d’une enveloppe de 3,2 Md€, cet investissement d’ampleur comprend un volet d’une vingtaine de chantiers, devant générer peu ou prou la création de quelque 15 000 emplois.

Matignon a, en revanche, dû rectifier le tir après la sortie très médiatique de François Rebsamen. Le ministre du Travail, invité à s’exprimer à l’occasion de l’assemblée générale de la Confédération des artisans du bâtiment (Capeb), n’a pas mâché ses mots, tordant le cou au compte pénibilité, dont il admet la « complexité », en déclarant sans ambages que s’il fallait supprimer des critères inapplicables, « on les supprimera ». Euphorie dans les rangs des artisans qui fustigent ce dispositif, « véritable usine à gaz, impossible à faire tourner ». Revirement dans les heures qui ont suivi, puisque Matignon, reprenant la main, a retenu le statu quo, dans l’attente des conclusions des missions d’information actuellement engagées. La fête est finie. Elle fut courte… Si on a l’impression que le chef du gouvernement veut imposer sa griffe, force est de constater que les ministres font entendre des voix discordantes, et l’on a bien du mal à s’y reconnaître.

Tout comme dans les motifs de mobilisation lancés par les syndicats. Ces derniers ont voulu fédérer contre l’austérité - l’invitant à aller se faire voir chez les… Grecs -, pour les salaires, l’emploi, la protection sociale, la défense des services publics, le pouvoir d’achat… Une litanie qui a certes rassemblé des milliers de manifestants mais une grève qui n’a pas paralysé le pays. La faute à un manque d’unité affichée en ce jeudi 9 avril ? Double symbole : certains syndicats étaient aux abonnés absents, et les cortèges demeuraient très compartimentés, chaque entité jouant franc-tireur. La CGT aux avant-postes, les enseignants au fond de la classe, les retraités au beau milieu.

De retraité, il en est question au FN. Suite aux frasques de la figure tutélaire, Marine Le Pen a appelé son père à « faire preuve de sagesse », l’invitant même à mettre un terme à ses responsabilités et activités politiques. Cette crise intestine, qui s’ajoute à une affaire présumée de financement illégal, ébranle le parti frontiste que l’on pensait en ordre de marche au gré des diverses élections qui l’ancrent chaque fois un peu plus dans le paysage politique français. Remarquez, des casseroles financières qui concernent un parti politique, tout cela semble dans l’ordre des choses…

L.O.

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