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Editorial - Effets de manche

Ils ont retraversé la Manche comme en juin 1944, les vétérans anglais, la semaine dernière, à l’occasion de la commémoration du débarquement allié en Normandie.

ActualitéSociété Publié le ,

L’occasion de raviver des souvenirs de 70ans, une éternité pour un élève de CM1! Il n’était pas joué d’avance ce débarquement, même si les alliés avaient des atouts dans leur manche, en particulier la surprise quant au lieu choisi, les Allemands attendant le débarquement dans le Nord-Pas-de-Calais. Quant à la maîtrise aérienne des alliés, autre atout, certains Français ont dû la déplorer quand les pilotes de bombardiers ont actionné leur manche à balai pour se rapprocher des zones où larguer leurs bombes. On se remémore en effet, ces dernières semaines, le coût humain, côté population civile, de telles opérations. A Lyon, un exemple parmi d’autres, les vagues de bombardiers ont fait, le 26mai 1944, plus de mille victimes civiles.
Manche, on l’aura compris, c’était le mot de l’actualité de la semaine dernière. En Espagne par exemple, où pour tenir le manche, le roi Juan Carlos, abdiquant, a désigné son fils, qui va régner sous le nom de PhilippeVI. Soit dit en passant, son lointain prédécesseur, Philippe V, était français, petit-fils de LouisXIV, et a connu le plus long règne de la monarchie espagnole (1716-1746). Dans le contexte de l’époque, il ne s’était pas débrouillé comme un manche... Merci, Don Quichotte !
Manches encore, celles que le gouvernement retrousse pour redessiner la carte des collectivités territoriales, avec pour premier acte, les régions qui pourraient être réduites à quatorze. Chez nous, Rhône-Alpes-Auvergne, ce serait un territoire s’étendant de Montluçon à Chamonix, d’ouest en est, ou si l’on préfère du Puy-de-Sancy (1886m) au Mont-Blanc (4810m). Que voilà un territoire (70000km2) apte, si ses habitants ne branlent pas dans le manche, à tutoyer les sommets... Sachant que c’est au Parlement qu’appartient la décision de voter ou non cette réforme, en juillet. Un vote acquis? Ça, c’est une autre paire de manches.
Côté social, en dépit du nombre de personnes faisant la manche (pauvreté galopante exige), il en demeure certains du bon côté du manche et qui entendent le rester. La vertu de solidarité, tant prônée et invoquée ces derniers temps, tarde à entrer dans les faits. Enfin, les intermittents du spectacle qui refont parler d’eux, alors que la saison estivale des festivals débute. En quelque sorte, la seconde manche, après leurs premières manifestations marquantes de 2003. Reste à savoir s’ils obtiendront que les responsables de la réforme de leur statut soient disposés à jeter le manche après la cognée, autrement dit à abandonner la réforme. Les paris sont ouverts.

DT

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