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Editorial - Des prix détonants…

Pourquoi pas, à la charnière des mois des prix (octobre celui des Nobel, novembre celui des prix littéraires), pourquoi pas donc, assurer la transition entre les distinctions d’hommes et femmes émérites au plan mondial (les récipiendaires des prix Nobel) et celles d’écrivaines et écrivains au niveau français (les bénéficiaires des Goncourt, Femina, Interallié, et autre Médicis), pourquoi pas proposer une réforme radicale : la prise en compte du rôle exceptionnel de notre pays dans tous les domaines de la pensée (« France, mère des arts, des armes et des lois… ») en… francisant les prix Nobel.

ActualitéSociété Publié le ,

Quand bien même une telle revendication légitime pourrait être… de la dynamite.
Et comme il faut toujours juger sur pièces, on s’y est risqué, à anticiper une telle initiative et à décerner des prix Nobel, que l’on a voulu rajeunis dans l’esprit tout en restant fi dèle à la lettre ; une évolution pas une révolution, un dépoussiérage si l’on préfère.
A tout seigneur tout honneur, le Nobel de la paix. Aucun doute, il ne peut être décerné qu’à Jean-François Coppé qui, casque bleu renforcé sur la tête, s’est aventuré dans les milieux UMP de Paris afin de pacifier les relations entre le Premier ministre, François Fillon, et l’ex-garde des Sceaux, Rachida Dati, initiatrice (à droite, car à gauche, SégolèneRoyal l’avait devancée) de l’effet media-grossesse, recette reprise depuis au plus haut niveau de l’Etat.
Le prix Nobel de la littérature pour sa part irait comme un gant à José Anigo, directeur sportif d’un obscur club de foot de province (dont la devise « Droit au but » se concrétise régulièrement en droit dans le mur…) qui eut récemment ces mots ciselés : « C’est idiot de distiller des petites phrases comme çà… La situation commande de se consacrer au terrain… Cela relève de l’irresponsabilité et de la connerie… » N’est pas Céline qui veut.
Le prix Nobel de la médecine ? Notre excellent ministre des Finances François Baroin peut légitimement y prétendre. N’est-ce pas lui qui, cautère sur une jambe de bois, remède tout aussi effi cace que la thériaque du XVIIe siècle, va faire voter un budget pour 2012 avec 12 milliards d’euros d’économie claironnées alors que compte tenu de la surestimation du taux de croissance, il va falloir rajouter encore 10 milliards d’économie avant même que le dit budget ne soit adopté ?
Le prix Nobel d’économie ne peut aller qu’à Michel Barnier, commissaire européen au marché intérieur et aux services, qui, dans une interview récente, a révolutionné l’approche de la macro-économie avec ces termes : « Avec ou sans l’euro, avec ou sans l’Europe, on ne peut pas dépenser plus que ce que l’on gagne ». En effet.
Le prix Nobel de chimie (y’a pas de raison de ne s’occuper que de l’UMP), c’est à François Hollande qu’il va falloir l’offrir, lui qui va devoir, par une (al)chimie subtile, faire converger les programmes de cinq candidats à des primaires en une seule plate-forme crédible pour une alternance en France. Bon courage.
Quant au prix Nobel de physique, il devrait être attribué à quinze bonshommes (trente-et-un plutôt) qui ont su montrer que dans la planète ovale, l’avenir n’était pas habillé de noir.
Les prix Nobel, on vous l’a dit, c’est de la dynamite.

D. T

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