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Editorial - Des chiffres et des lettres

Sans doute faut-il se rassurer en temps de crise aiguë, mais « quel message se cache derrière les chiffres ? », s’interroge Emile Hogge, suite à la publication des résultats, plutôt flatteurs pour Lyon (lire présente édition page 8 et cette édition page 6), d’une énième étude consacrée à la compétitivité des agglomérations de la planète.

ActualitéSociété Publié le ,

De fait, l’inflation des études, sondages, enquêtes en tous genres s’avère sans doute signifi cative, dans un monde plongé en pleine tourmente, d’une civilisation placée plus que jamais sous le signe de la compétitivité et de la communication. Il est donc de bonne guerre de savoir utiliser les chiffres lorsqu’ils s’avèrent favorables, on préfère les oublier lorsqu’ils le sont moins.
On s’interroge plus ou moins régulièrement, en France du moins, de l’utilité des notations scolaires, pas forcément pratiquées sous d’autres cieux. On se souvient même des tentatives de substituer aux chiffres des lettres pour mesurer le niveau scolaire des élèves ; plus approximatif, mais moins traumatisant pour les chères têtes blondes.
Pour les chères têtes blondes peut-être, mais certainement pas pour les états si l’on en juge par les sinistres prédictions engagées en cas de perte du « triple A », élevé au rang du veau d’or, puisque les agences de notations planétaires ont retenu cette formule, pour juger l’état de nos finances publiques. C’est bien connu, on fait dire aux chiffres ce que l’on veut, mais aux lettres ? La question reste en suspens, même si d’aucuns s’empressent d’y répondre.
Alors, convient-il mieux de casser le thermomètre pour ignorer la température, ou bien multiplier les formules de calcul pour tenter de noyer le poisson ? A n’en pas douter, les instituts de sondages et autres professionnels du chiffre ont encore de beaux jours devant eux en nous abreuvant de chiffres, statistiques, courbes et classements de tous ordres pour nous classer à notre juste (?) place. Quant aux adeptes de la numérologie, assurément, le passage à l’an 2012 leur inspirera tout un tas de commentaires qui ne manqueront certainement pas de faire référence aux Mayas, et à leurs formules mathématiques et surtout astronomiques complexes, aboutissant à des conclusions parfois quelque peu expéditives. Bonne année quand même !

F.S

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