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Editorial - Bâti pour durer…

L’avenir est un long passé… On s’excuse par avance de revenir encore et encore avec cet aphorisme, mais il s’avère tellement fondamental.

ActualitéSociété Publié le ,

Non, pas question de revisiter la banqueroute de Law au début du XVIIIe siècle en France pour en tirer des enseignements pour aujourd’hui. Non ! On voudrait évoquer un architecte du XVIe siècle qui a « inventé » il y a quatre cents ans ce qu’il est convenu d’appeler aujourd’hui le développement durable.
Cet architecte, Philibert de l’Orme, on en parle parfois à Lyon et ailleurs, mais prenons le cas de Lyon où l'on évoque la prouesse architecturale que constitue la galerie sur trompes qu’il a édifiée dans le Vieux-Lyon. Pour s’extasier, à juste titre, sur cette oeuvre. Sauf que, s’il y a chez de l’Orme une chose principale à retenir, ce ne sont pas ses « gestes architecturaux », vous savez les coups (les coûts ?) de crayon géniaux de l’artiste-architecte mégalomane,$ qui révolutionnent les paysages urbains d’aujourd’hui à Shanghai, au Quatar, à New York ou Bilbao, ce n’est pas cela qui est à retenir chez de l’Orme mais plutôt son traité intitulé « Nouvelles inventions pour bien bastir et à petits frais ». Oui, vous avez bien lu, à petits frais.
Imaginez un garçon, confronté à la pénurie de bois d’oeuvre (on a trop abattu d’arbres, il y a pénurie de grumes propres à tailler des poutres de grande longueur) qui prend en compte la situation imposée et propose d’adapter les charpentes en utilisant « les petits bois », assemblés entre eux ; en modifi ant la technique d’élaboration des charpentes ; et tout cela, dans un cadre général économique qui n’exclut pas la dimension artistique. Nul doute qu’à Durban il y a quelques jours, avec le résultat obtenu sur la prolongation d’extrême justesse du protocole de Kyoto, on aurait pu, afi n de ne pas désespérer la planète, élever une statue à Philibert de l’Orme, ne serait-ce que pour développer le message simple suivant : au lieu de théoriser en formules absconses, pédantes et anglo saxonnes, mieux vaut mettre en évidence que le développement durable, le vrai, c’est une longue tradition. L’avenir est un long passé.

D. T

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