AccueilSociétéEditorial - Bête à manger du foin...

Editorial - Bête à manger du foin...

La rivalité ancestrale entre Savoie et Dauphiné, heureusement, n'a plus cours ; pas plus que les joyeusetés sémantiques accompagnant cette rivalité, comme le qualificatif des Savoyards à l'égard des Dauphinois : « Tout juste tête à manger du foin » (« Tot justo bétye a megier de fen », dans le texte 1).

ActualitéSociété Publié le ,

On se demandait, dans nos provinces reculées, si notre ministre du Logement (sauf le respect qu'on lui doit) n'allait pas remettre au goût du jour, l'expression, avec sa proposition disons... incongrue, de dépénalisation du cannabis. Alors que certains pays ayant expérimenté cette voie, on pense à la... Hollande, cela ne s'invente pas, font machine arrière.
Le plus cocasse de cette histoire c'est que outre ne pas « avertir son chef », le Premier ministre, notre écervelée de ministre du Logement est sortie des « frontières » de son ministère, invoquant l'intérêt d'une telle mesure « pour faire baisser le trafic » (c'est du ressort de Manuel Valls, que l'on sache) « et pour mener une politique de santé publique » (c'est du domaine de Marisol Touraine).
En fait, on a peut-être pas bien compris la ministre hurluberlue. Gageons qu'elle prônait une telle mesure afin que l'Etat puisse imposer le cannabis en vente libre à l'instar du tabac. Et dans ce cas : « Bingo » pour les caisses de l'Etat. Sans compter que cette recette supplémentaire pourrait être affectée à une nouvelle taxe au bénéfice du logement social (les organismes HLM sont à la peine depuis quelques années), mesure pas forcément pour déplaire à un gouvernement de gauche, et cela dans un contexte particulièrement symbolique : au rang des célébrations nationales de 2012 figure notamment la commémoration de la loi du 11 juillet 1912 instituant les HBM, ancêtres de nos HLM. Une loi baptisée « Bonnevay », un parlementaire du Rhône qui présida longtemps le conseil général. On ne sait, alors que ces lignes sont écrites, quelles suites seront données au « dérapage » de la ministre. Un conseil au Premier ministre : pourquoi ne pas la mettre... au vert, avant un retour après les législatives ?

D.T.


1. Merci, Jean-Baptiste Martin. Il s'agit de franco-provençal-savoyard.

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