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Editorial - Affaires classées

Rhône-Alpes, pour sa part, affiche un peu plus de 4 000 monuments ou témoignages patrimoniaux protégés, plus que de communes là encore.

ActualitéSociété Publié le ,

Et bien sûr, sur une telle masse, quoi de plus normal, lors des prises de décisions de protection qu’il y ait eu parfois quelques choix incongrus mettant un peu d’humour, lorsqu’on les évoque, en un domaine plutôt sérieux et aride. Petit florilège. Classement canular : c’est l’histoire d’un sculpteur réalisant dans les années 1930 une statue de déesse romaine, qu’il mutile puis enterre subrepticement dans un champ. Sa découverte provoque l’enthousiasme et le classement… jusqu’à ce que le sculpteur se dénonce, preuve à l’appui en produisant les parties manquantes : c’est sans doute le classement le plus court de Rhône-Alpes, moins d’un an, le déclassement intervenant avant la guerre de 39-45. Classement d’une pierre deux coups : un monument aux morts, cela coûte cher ; une commune du nord-Isère, ingénieuse, décide donc de récupérer un bloc erratique de 84 tonnes laissé par les glaciers, et d’y ficher une statue d’une sorte de saint Michel : inauguration en novembre 1921 de ce monument peu banal. Manque de chance, le bloc avait été utilisé par nos ancêtres préhistoriques : ils y avaient laissé ces mystérieuses « cupules ». Du coup, le classement intervient, en 1926. A tant qu’à faire, cela évitera de classer aussi la statue d’Emmanuel Frémiet… Classement d’une pierre trois coups : question, quel monument lyonnais, classé bien sûr, connut au moins trois utilisations, comme couvent, école vétérinaire, conservatoire ? Et question subsidiaire : quel autre monument très proche pourrait égaler le record, ayant été successivement couvent, siège d’archives départementales et sans doute dans un futur proche siège d’un ordre professionnel ? Classement erroné : c’est l’histoire d’érudits de la fin du XIXe siècle qui font classer comme menhir un banal bloc erratique type Gros caillou de la Croix-Rousse. Le bloc bien qu’ayant la forme d’un menhir n’aurait pas pu tenir debout. Cette histoire non plus ne tient pas debout ! On sait depuis plus de 60 ans ce qu’il en est, mais le « menhir » n’a jamais été déclassé. Pourquoi ne pas le reclasser au titre du patrimoine ethnographique, les femmes arméniennes de la première moitié du XXe siècle ayant pris l’habitude de s’y frotter le ventre pour avoir des enfants. Classement anticipé : un architecte célèbre avait construit la base d’une église. Elle attendait, l’église, qu’on l’achève. Ce qui n’empêcha pas qu’elle fût classée en 1984. Le chantier reprit… en 2004 et s’acheva en 2006 : palpitant de savoir que ce que l’on réalise est déjà reconnu comme un chef d’oeuvre classé. Vous avez dit mettre la charrue avant les boeufs ? Bonnes (et sérieuses) journées du patrimoine…


DT

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