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EDITO / Super phénix

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Déjà vingt jours. Le drame vécu à Bel Air Camp, en terre villeurbannaise, est encore dans les esprits des Grands-Lyonnais, choqués par les photos et vidéos témoignant de la férocité de l'incendie. Parallèlement au sinistre, se pose l'incontournable question du devenir des entreprises victimes, voire même de leur pérennité. Par un vote en date du 18 octobre, en commission permanente, la Région Auvergne-Rhône-Alpes a clairement dessiné les contours de son soutien. Un plan qualifié d'exceptionnel a été lancé, comprenant un prêt à taux zéro (outil co-porté avec les partenaires bancaires pour insuffler de l'oxygène à la trésorerie des entreprises impactée par l'arrêt de l'activité), un dispositif de financement pour faire face aux dommages matériels et immatériels, une aide à la réinstallation. Le président de l'institution régionale, Laurent Wauquiez, entend ainsi « aider coûte que coûte ce vivier d'entreprises. Il faut que cette communauté économique se reconstruise pour faire demain le Bel Air Camp 4.0 qui sera encore plus moderne et qui pourra rayonner largement ». Une mobilisation à la hauteur de l'ampleur des dégâts enregistrés par les startup et de l'intensité de l'émotion qui étreint les décideurs et acteurs économiques locaux.

De leur côté, le président de Bel Air Camp, Didier Caudard-Breille, et la directrice générale, Pauline Siché-Dalibard, tiendront prochainement une conférence de presse pour dresser un état des lieux, présenter les solutions concrètes mises en place à court terme en faveur des startup et évoquer l'avenir du site. L'opportunité, double, de balayer d'un revers de manche les faits controuvés et d'émettre un signal positif à destination de l'écosystème économique, mettant en exergue les forces en mouvement et la volonté de faire renaître, tel le phénix, Bel Air Camp de ses cendres. Le tout dans un but indiscutable : éviter toute défaillance.

Les défaillances d'entreprises , justement, ont augmenté en France de 1 % sur un an (ndlr : donnée établie fin juillet). Une tendance haussière validée par la Banque de France qui précise que les secteurs les plus touchés sont le conseil et service aux entreprises, les transports et les activités financières et d'assurance. Sans omettre l'enseignement, la santé et les services aux ménages, l'agriculture et l'hébergement-restauration, « sensiblement » affectés. A la lecture de la typologie des sociétés, on constate que les PME paient le plus lourd tribut. Une demi-surprise à l'aune de la composition du tissu économique hexagonal.

A corréler avec l'étude KPMG sur les rachats d'entreprises en faillite en France en 2017 et 2018. Sur cette paire d'année, la région Auvergne-Rhône-Alpes a connu cinquante plans de cession visant des entreprises de vingt salariés ou plus. Des plans de cession qui apparaissent comme un moyen efficace de sauvegarder des emplois. En effet, 76 % des salariés d'entreprises en faillite reprises à la barre du tribunal de commerce ont été sauvegardés. Un ratio majeur à l'heure où les affaires Aigle Azur et XL Airways font… décoller les suppressions d'emplois !

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