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EDITO / Faculté de l'être

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Mieux vivre sa ville. C'est, prosaïquement énoncée, l'aspiration, et l'on pourrait même dire l'ambition de chaque citoyen. Un usager lambda qui ne manquera pas d'interpeller les divers aspirants à la charge suprême de sa commune avant mars. Vivre sa ville, dans ce qu'elle représente de symbiose entre une croissance raisonnée mais dynamique et une qualité de vie sans cesse optimisée.

Moult cités hexagonales se sont lancées dans l'aventure de la smart city – un concept abscons pour les plus sceptiques de ses détracteurs, diablement moderne pour ses laudateurs –, destinée à améliorer la qualité de vie des citadins en rendant l'espace commun réceptif, adaptatif et efficient, en s'appuyant sur une batterie de nouvelles technologies et d'objets toujours plus connectés et intelligents.

Une petite trentaine de smart cities est aujourd'hui recensée sur le sol domestique. Dans la liste, de grandes métropoles, comme Paris, Marseille, Bordeaux et bien évidemment Lyon. Mais aussi des villes de taille plus modeste, à l'instar de Grenoble ou Saint-Etienne. Partout la même appétence. Mais nulle part les mêmes orientations. En Isère, le choix s'est porté sur les plateformes participatives et les smart grids (ndlr : réseaux électriques intelligents) ; les Ligériens ont opté pour du mobilier urbain communicant. Dans la capitale des Gaules, les initiatives sont légion : de la navette autonome au fablab, de l'éco-quartier intelligent au wifi linéaire public. Ailleurs ? Des équipements connectés, une mobilité agile, une gestion clairvoyante et perspicace des déchets – avec la refonte de la fréquence des collectes et une rationalisation des tournées –, l'installation de caméras de vidéosurveillance permettant de réduire sensiblement l'enveloppe consacrée aux réparations suite à dégradations, la télégestion de sites pour contrôler la température et les consommations d'énergie des bâtiments communaux…

Améliorer la qualité de vie des citoyens avec pour corollaire, le renforcement du lien entre édiles et administrés. Mais la vraie raison se niche dans les lignes budgétaires. La ville intelligente permettrait de faire de substantielles économies. Réduire les dépenses. Les collectivités en rêvent. Second effet bénéfique, les projets innovants, intelligents et connectés, engendreraient des sources nouvelles de recettes.

Les pays nordiques l'ont compris et semblent avoir plusieurs coups d'avance. C'est en tous cas ce que démontre l'index 2019 d'EasyPark, qui décrypte les villes les plus intelligentes du monde selon plusieurs paramètres (transport et mobilité, gouvernance, innovation, cybersécurité, niveau de vie…). Leader du classement, Oslo devance une autre ville norvégienne, Bergen, Amsterdam complétant le podium. Dans le top 10, on retrouve Copenhague, Stockholm et Odense. Si Lyon peut s'enorgueillir d'être le premier représentant français, sa 28e place ne lui autorise aucun triomphalisme. Le chemin est encore long pour faire changer les habitudes et les comportements. Mais l'intelligence n'est-elle pas cette faculté de s'adapter au changement ?

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