Edito

Bas les masques

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A ses conseillers qui lui proposaient de couper dans le budget de l’art et de la culture pour soutenir l’effort de guerre de l’Angleterre bombardée par l’Allemagne nazie, Winston Churchill aurait répondu : « Mais pourquoi nous battons-nous ?» Le public, qui a dopé les chiffres de fréquentation des festivals cet été, a parfaitement compris et relayé ce message. Bravant la peur des attentats, les spectateurs ont répondu avec leurs armes, celles de l’intelligence, de la raison, de l’altérité, de la tolérance et de la sensibilité. A Avignon, Aix-en-Provence ou aux Nuits de Fourvière, pour ne citer que trois des rendez-vous emblématiques du quart sud-est de la France, les artistes ont fait le boulot qu’on est en droit d’attendre des hommes politiques. Mais c’est peut-être trop leur demander. Ils ont ouvert ou approfondi le débat sur des questions essentielles. Dans quelle société vivrons nous demain ? Comment défendre et affirmer les valeurs qui forgent la république des hommes ? Comment résister à la tentation comptable ? Aux défis posés par la mondialisation, les artistes n’ont à offrir que le dépassement de soi, rappelant la célèbre phrase d’Albert Camus : « Un homme ça s’empêche ». Les dirigeants politiques rétorquent par des postures d’épiciers et des tensions artificielles à caractère balnéaire. Décidément les lions ont déserté l’arène politique.

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