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Industrie de la défense / Eden : la culture de l'innovation et de l'international

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Industrie de la défense / Eden : la culture de l'innovation et de l'international
Photo DR - Salon Eurosatory

A quelques semaines du début d'Eurosatory, qui se tiendra du 11 au 15 juin prochains au Parc des Expositions de Villepinte, à Paris, le cluster Eden sait déjà qu'il pourra compter sur une participation record, avec pas moins de 50 PME inscrites sur son stand. Pour les entreprises du cluster né à Lyon il y a tout juste dix ans, Eurosatory, premier salon international de défense et de sécurité terrestre et aéroterrestre, constitue la vitrine idéale pour présenter leurs dernières innovations. Tout du moins dans l'Hexagone. Car tout au long de l'année, c'est loin des frontières nationales qu'Eden invite ses entreprises à afficher leur savoir-faire.

Eden, mutualisation des moyens pour une meilleure visibilité

L'organisation de stands mutualisés sur les grands salons internationaux consacrés à la défense et à la sécurité, qu'ils se déroulent en France ou à l'étranger, est depuis l'origine l'un des arguments du cluster Eden pour inciter les PME à le rallier.

Sans mutualisation des moyens, il serait bien difficile pour des entreprises, qui emploient parfois moins de 10 personnes, de se retrouver sur un stand avec une telle visibilité à l'occasion d'un grand salon de portée internationale. C'est le cas à Eurosatory, où le stand Eden est quasiment aussi important que celui du ministère de la Défense, mais aussi sur de grandes manifestations en Amérique du Sud, en Asie, en Afrique.

Historiquement, en effet, Eden a pour vocation de favoriser le développement de ses adhérents à l'export. Et c'est notamment au travers des salons professionnels que le cluster remplit cette mission. Depuis quelques années, Eden aborde ainsi le marché de l'Amérique Latine, avec le salon FIDAE (aérospatial civil et miliaire) au Chili, ou encore le SITDEF (défense et prévention des catastrophes naturelles) au Pérou.

Eden a également organisé une mission de prospection commerciale au Pérou et en Colombie en 2014, avant de se rendre un an plus tard au Mexique. Le Brésil est aussi placé dans le viseur du cluster. « De la prévention des catastrophes naturelles à la protection des frontières, ce continent en fort développement se sait exposé à de nombreux risques qui rendent pertinente l'offre duale (militaire et civile) des entreprises membres du cluster, qu'il s'agisse d'apporter de nouveaux produits et services, ou de moderniser des équipements existants », souligne l'équipe d'animation du cluster.

Aujourd'hui, néanmoins, c'est vers le Moyen Orient, l'Asie, mais aussi l'Afrique, que se penche Eden avec une attention accrue. Présent l'année dernière pour la première édition du salon Shield Africa, consacré aux domaines de la sécurité et de la défense, le cluster proposera à un nouveau groupe d'entreprises de se rendre à Abidjan l'année prochaine, du 22 au 24 janvier, pour la deuxième édition. « Il n'y avait pas grand-chose en Afrique subsaharienne jusque-là et ce rendez-vous vient incontestablement combler un manque. C'est un nouveau salon très prometteur », estime-t-on dans les rangs du cluster.

Dans le même temps, pour le Moyen Orient, Eden mise beaucoup sur le salon IDEX, qui a lieu tous les deux ans à Abu Dhabi. Après avoir exposé et remporté un gros succès l'année dernière dans la capitale des Émirats Arabes Unis, le cluster programme d'ores et déjà un deuxième passage du 17 au 21 février 2019. D'ici là, les PME intéressées pourront se rendre sur IndoDéfence, l'un des plus importants salons de défense tri-services (terre, air, mer), dont la prochaine édition sera organisée du 7 au 10 novembre 2018 à Jakarta, en Indonésie.

Eurosatory en bref

Organisé du 11 au 15 juin au Parc des Expositions de Villepinte, Eurosatory réunira cette année 1 300 exposants de 54 pays, qui présenteront plus de 1500 systèmes d'armes, véhicules, technologies, matériels, équipement militaire, sécurité...

Comme lors de chaque édition, Eurosatory proposera des démonstrations dynamiques, des rencontres sur rendez-vous avec des experts en stratégie de développement international, des conférences et ateliers comme le Séminaire de la simulation de défense, le Forum des opérations terrestres, Think Tanks, Conférence CyberDef-CyberSec, les Pôles technologiques...

Jean-Luc Logel : « L'export et l'innovation au cœur de notre stratégie »

A la tête depuis le début des années 2000 du groupe Wisetec (36 M€ de chiffre d'affaires et 230 personnes à Vénissieux et Bron) et de Centralp, société spécialisée dans la conception et la fabrication de systèmes électroniques embarqués, Jean-Luc Logel est également président du Cluster Défense Eden, qui fête son dixième anniversaire cette année. L'occasion de faire un point avec lui sur les derniers développements d'un ensemble qui rassemble aujourd'hui 130 entreprises, employant quelque 10 000 personnes, pour un chiffre d'affaires consolidé de l'ordre de 900 M€.

Le cluster ne s'est-il pas depuis bien longtemps affranchi des frontières géographiques régionales ?

Si, tout à fait, Eden est devenu un cluster national, avec des implantations en Bretagne, en PACA, en région parisienne. En revanche, il y a quand même un atavisme territorial incontestable ; nous sommes nés à Lyon, et nous gardons quand même une base lyonnaise très importante. Sur les 130 PME membres du cluster, il y en a un peu moins de 50 % qui sont installées dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, agrandie de la Bourgogne, un petit quart sur la Métropole et le reste dans toute la France.

A quoi est liée cette extension du périmètre ?

Il y a deux éléments de réponse. Tout d'abord, nous sommes un cluster de PME, dirigé par des PME, qui a une véritable offre à l'export, qui connaît très bien son sujet, en l'occurrence la défense, et qui est très bien dimensionné pour des entreprises de cette taille, où qu'elles soient implantées. Tout cela est incontestablement très attractif pour une PME qui veut se développer dans ce secteur d'activité. Ensuite, il faut bien reconnaître que nous avons bénéficié de deux appuis importants, qui nous ont beaucoup aidé à prêcher la bonne : la DGA, qui est présente dans toutes les régions grâce à un délégué, et le réseau consulaire. La CCI de Lyon nous a immédiatement soutenus et les différentes CCI territoriales ont également très bien accueilli notre démarche, partout où nous les avons sollicitées. Les CCI de Côte d'Armor, du Cher et du Var sont notamment impliquées à nos côtés. Tout ceci explique le succès du cluster et son développement. Malgré les départs de PME qui sont rachetées par des grands groupes et qui, de fait, ne peuvent plus évoluer avec nous, nos effectifs ne cessent d'augmenter.

Le champ d'activités du cluster s'est également élargi ? Eden n'est plus uniquement un cluster Défense ?

A l'origine, en 2008, Eden est en effet centré sur les activités de Défense, mais nous avons rapidement pris conscience du fait que la Défense était une composante de la sécurité globale, ce qui nous a amené à élargir le champ à la sécurité. En parallèle de cela, dans la convention qui nous lie avec la DGA, nous devons d'une part nous développer à l'export et, d'autre part, nous développer pour ne plus dépendre uniquement des marchés de défense. Or, quand on est une PME positionnée sur la défense, le premier marché vers lequel on peut se tourner en complément est celui de la sécurité, car les enjeux sont un peu les mêmes. Je donnerais un exemple pour illustrer mon propos : dans mon entreprise, Centralp, nous avons développé une console pour les chars du nouveau programme Scorpion et nous la dupliquons, avec Nexter, dans des engins de maintien de l'ordre. Le système de la rétrovision, que nous avons conçu à l'origine pour la défense, nous l'avons décliné naturellement pour la sécurité. Et depuis nous le déclinons également pour le ferroviaire, voire d'autres secteurs d'activité. Il y a en quelque sorte un cercle vertueux, qui fait que les sujets de défense, qui sont à l'origine assez innovants et financés par la DGA ou les grands donneurs d'ordre, permettent de développer des innovations que nous allons ensuite décliner dans d'autres secteurs par cercles concentriques.

Il y a des mots qui reviennent régulièrement dans votre discours comme l'export, l'innovation…

En effet, l'export et l'innovation restent au cœur de notre stratégie, car c'est ce qui fait se développer et croître nos entreprises. Les deux sont liés. En France, le système fiscal et le système de coût des entreprises font que nous sommes plutôt moins compétitifs que nos concurrents mondiaux et européens. Pour sortir du lot, il faut donc créer de la valeur et pour cela il faut être innovant. Ensuite, le fait que nous soyons innovants éveille l'intérêt des clients, en France et à l'export. C'est un cercle vertueux.

SAIB Connectique renoue avec la défense

Avec 20 % de son activité de fabrication de connecteurs électriques pour les marchés militaires en 2018, SAIB Connectique s'est engagée, depuis 2014, dans une véritable reconquête de ces marchés, à l'origine de la création de l'entreprise en 1932.


« En 2014, lorsque nous décidons d'adhérer au cluster Eden, nous n'avons plus aucun marché militaire, se souvient Maurice Piton, dirigeant de l'entreprise de La Talaudière qu'il a reprise en 2004 pour s'appuyer sur ses atouts et la restructurer. En 2018, 20 % de notre activité est réalisée dans ce secteur avec de belles perspectives. A partir de 2019, de nouveaux postes de radio et de nouveaux véhicules seront fabriqués pour l'armée française. Nos connecteurs auront leur place dans ces équipements innovants. »

Le secteur militaire et SAIB Connectique résultent d'une longue histoire. L'entreprise créée à Brest en 1932 par un ancien de la marine militaire évoluait déjà sur les outils de connectique. Diversifiée dans le ferroviaire, elle perd progressivement ces marchés dans les années 1990 car « elle n'a pas su engager les certifications qualité exigées par le secteur de la défense », selon Maurice Piton.

Equipée pour fabriquer 15 à 20 000 pièces à l'année pour le secteur de la défense, SAIB Connectique s'organise aujourd'hui pour passer à des séries de 30 000. « Notre bâtiment neuf construit en 2011 a été agrandit en 2017. Nous sommes en train de mettre au point un robot pour faire de l'assemblage de mini-connecteurs pour positionner 22 aiguilles d'un demi millimètre, une opération irréalisable à la main pour des moyennes séries. » Cet investissement dans un robot technologique de 300 000 € opérationnel en juin 2018 est une première pour la PME de la Loire de 28 personnes. La miniaturisation est l'enjeu de la fabrication des connecteurs demain. « Nous serons plus concurrentiels et bien positionnés en tarif pour décrocher des marchés dès 2019, estime Maurice Piton. Il nous aura fallu cinq ans pour faire redécoller le marché de la défense. »

En 2017, SAIB Connectique a réalisé 5,6 M€ de chiffre d'affaires dont 25 % à l'export direct. Elle dispose, en interne, d'un atelier de montage des connecteurs et d'un atelier de câblage pour le secteur ferroviaire.

Aleph Networks explore le deep et le dark web

Installée dans le Beaujolais, la PME de neuf personnes se positionne sur la détection d'informations stratégiques avec la mise au point d'un logiciel pour explorer le deep et le dark web. Des technologies qui ont conquis les autorités françaises du renseignement et, de plus en plus, les entreprises.

GrayMatter est le premier logiciel développé par Aleph Networks. « Il permet la collecte et le traitement de données de façon massive sur les moteurs de recherche classiques et accessibles à tous dans le clear web. On est dans le big, voire le big big data. Nos premières cibles étaient les RH pour collecter massivement des profils sur les réseaux sociaux et, d'après ces données publiques, constituer des bases de données formatées selon les attentes des clients », décrit Céline Haéri, co-fondatrice de l'entreprise. Sa technologie, dont le process est breveté, s'est étendue aux services d'intelligence économique et au marketing. « En parallèle, nous développions une technologie similaire appliquée au deep et au dark web. Les données, une masse énorme, du deep web ne sont pas explicitement référencées sur des moteurs de recherche comme Google. Ce sont des informations institutionnelles, des forums, des accès privés… Quand au dark web, un navigateur standard n'y a tout simplement pas accès. Nous avons donc mis au point un moteur de recherche pour le deep et le dark web avec des fonctionnalités d'analyse et d'investigation très poussées. » Un outil qui intéresse les autorités françaises pour enquêter sur les questions de terrorisme, de cybercriminalité, de pédopornographie, de fraude financière, de contrefaçon… Aleph Networks a été sélectionnée par le DGA LAB dès 2015 pour présenter son innovation à l'armée française. Ce qui lui a permis de décrocher des marchés auprès des institutions françaises.

Des débouchés auprès des entreprises, notamment des grands groupes de plus en plus sensibles aux cyber-attaques, ont suivi depuis 2017. Le logiciel s'accompagne d'une formation poussée pour bénéficier de toutes les fonctionnalités de GrayMatter. Il est développé en interne par les trois associés, Céline Haéri, issue d'une école de commerce, Nicolas Hernandez, ingénieur en mathématique et en informatique, et Antoine Bonnamour, ingénieur de production informatique.

Tra-C Industrie parie sur un procédé innovant pour se différencier

En étant l'une des rares entreprises européennes capable d'industrialiser le soudage par friction malaxage, l'entreprise installée aux Olmes, près de Tarare, s'est donnée les moyens de conquérir de nouveaux marchés dans la défense, mais aussi dans l'aéronautique, l'aérospatial, les satellites…

Positionné depuis une demi-douzaine sur la technologie du soudage par friction malaxage, Tra-C Industrie compte profiter de l'avance qu'il a pris sur la concurrence dans le développement de ce procédé pour gagner de nouveaux marchés. Spécialisée, à l'origine, dans la formation technique à destination des industriels de la mécano soudure et de la chaudronnerie, la PME créée en 2001 par Bruno Voland s'est ensuite diversifiée dans le développement et la fabrication de produits à forte valeur ajoutée. « Des plates-formes d'assaut pour des unités d'élite, des pièces blindées pour le secteur de la défense, des pièces pour le ferroviaire… En tout cas toujours des pièces ou des systèmes complexes, que l'on fabrique sur-mesure », énumère Aymeric de Monclin, associé et Directeur général de l'entreprise.

Avec le développement du procédé de soudage par friction malaxage, Tra-C Industrie devrait conforter les positions qu'il a acquises depuis quelques années dans l'univers de la défense, qui représente déjà entre 30 et 40 % de son chiffre d'affaires selon les années. « Car ce procédé permet d'assembler des matériaux entre eux en malaxant la matière, donc sans fusion, ce qui favorise la conception de structures disposant de propriétés mécaniques meilleures qu'avec un soudage traditionnel. Des structures plus solides tout en étant moins lourdes », explique-t-il. Deux caractéristiques fondamentales pour les industries de la défense, mais aussi pour l'aéronautique, l'aérospatial, l'automobile...

Pour conserver son avance sur la concurrence, Tra-C Industrie a recruté deux doctorants qui travaillent actuellement sur le procédé. « Nous avons également investi dans deux machines de production pour fabriquer des pièces en utilisant ce procédé, en phase de R&D ou en phase de série », ajoute Aymeric de Monclin, convaincu du caractère stratégique de cette activité. « Elle nous permet d'être très visibles et de nous différencier », affirme-t-il. Et bien qu'elle ne représente actuellement qu'une quinzaine de pourcents dans l'activité globale de l'entreprise, le directeur général de Tra-C Industrie estime qu'elle devrait générer entre 35 et 40 % de son chiffre d'affaires à terme de 5 ou 10 ans.

En s'adossant sur ce procédé, la PME tararienne, qui emploie une centaine de personnes, dont 75 aux Olmes, pourrait notamment se renforcer à l'international. « L'export direct représente seulement 10 à 15 % de notre chiffre d'affaires total, qui s'est élevé à 10 M€ en 2017, avec une croissance de 13 % par rapport à l'exercice précédent. C'est un axe sur lequel nous travaillons un peu plus depuis quelques mois, car nous pouvons faire beaucoup plus, notamment avec l'Allemagne, grâce au soudage par friction malaxage », conclut Aymeric de Monclin.

Eden interroge ses membres

A l'occasion de son dixième anniversaire, le cluster EDEN a interrogé ses entreprises membres, afin de mesurer en quoi cette initiative innovante a été utile et dans quelle mesure son appui a été effectif en termes de développement international et d'innovation. Les réponses ont été obtenues auprès d'un échantillon de 25 dirigeants, représentant environ un quart des entreprises membres, en majorité des PME de 10 à 49 salariés.

Ces sociétés révèlent d'abord une grande diversité de savoir-faire : conception et fabrication d'équipements et de sous-systèmes pour véhicules, production d'équipements et composants de systèmes de détection, protection et surveillance, ingénierie et essais, conception et fabrication d'équipements pour la protection individuelle. Il s'agit par exemple de fabricants d'écrans et de consoles renforcées, d'emballages techniques, de fabricants d'armes et accessoires pour tireurs d'élite, d'entreprises spécialisée en systèmes de protection collective, en procédures de plongée personnalisées, en formation et simulation, en équipements de champs de tirs...

Sans surprise, 44 % des entreprises ayant répondu placent la défense en tête de leurs secteurs d'activité, ce qui inclut la sécurité publique (police, gendarmerie) et privée. Les autres sont surtout impliqués dans les secteurs de l'énergie, des transports, des systèmes d'information, de la santé...

Lors de leur adhésion, 24 % de ces entreprises n'exportaient quasiment pas. Elles ne sont plus aujourd'hui que 12 % dans ce cas.




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