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Economie - La tentation des boucs émissaires

A la lecture de certaines informations tombées ces derniers jours, on pourrait se demander si la France n’est pas en train de sombrer dans le syndrome des boucs émissaires.

ActualitéSociété Publié le ,

C’est en tout cas, le message que le gouvernement, bien involontairement n’en doutons pas, a envoyé au travers de deux décisions fortes.
Ainsi, à l’heure où les questions fondamentales sont, d’une part, de savoir comment notre pays va s’organiser pour réduire drastiquement sa dette publique et, d’autre part, de trouver les aménagements indispensables permettant aux entreprises d’échapper à une cure d’austérité qui serait néfaste pour la croissance, et donc pour l’emploi, le président de la République a sorti de sa manche une idée lumineuse : dorénavant, les titulaires du RSA (Revenu de Solidarité Active) devront travailler 7 heures pour conserver le droit à cette allocation.
Mais comment n’y avons-nous pas pensé auparavant ? Car enfi n, c’est évident, cette simple mesure de bon sens va régler, comme par magie, la question des fraudes sociales et des cadeaux généreusement accordés par l’Etat à ceux qui sont sans emploi et bien souvent sans toit. Priorité d’autant plus incontestable, que le montant total de ces fraudes aux prestations sociales est évalué à 4 milliards d’euros, dans une dette publique globale estimée, à la fin du premier trimestre 2011, à 1 646,1 milliards d’euros…
S’il ne me vient pas à l’esprit de contester l’urgence d’agir sur tous les leviers permettant de réduire cette dette, je ne peux m’empêcher de penser que l’Elysée pourrait concentrer ses effets d’annonce et ses efforts d’imagination sur d’autres sujets. La remarque vaut également pour cette médiatisation savamment orchestrée du texte du Haut Conseil à l’Intégration, dans lequel sont recensées les obligations nouvelles faîtes à ceux qui veulent adopter la nationalité française. Stigmatiser les plus faibles et les plus mal intégrés n’a jamais réglé les problèmes, sous quelque latitude que ce soit. Tout au plus, cela a contribué à créer un climat de peur, qui rappelle de bien vilains souvenirs à ceux qui font encore devoir de mémoire.

J.D

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