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Edito : Du vague à l'arme !

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Edito : Du vague à l'arme !

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« Sécurité ou liberté, faut-il choisir ? » L’intitulé est limpide, la réponse est beaucoup plus vague. Cette interrogation servait de fil rouge à la manifestation organisée dernièrement par le barreau de Lyon et sa figure tutélaire, le bâtonnier Me Laurence Junod-Fanget, qui ont tenu à notifier leur vigilance face aux risques d’abus que pourrait engendrer l’état d’urgence, récemment prorogé, tout en réaffirmant, avec fermeté, leur attachement aux valeurs constitutives de notre démocratie. L’état d’urgence, dont le caractère d’exception semble aujourd’hui dilué eu égard à sa pérennisation, possède son panel de détracteurs : certains blâment son inanité, invoquant « un essoufflement du dispositif » ; d’autres stigmatisent sa formidable faculté à contraindre, arguant de mesures attentatoires aux libertés fondamentales ; les derniers craignent que l’état d’urgence ne devienne peu ou prou un état permanent. « Le problème, avec la guerre contre le terrorisme, c’est qu’elle n’aura sans doute pas de fin ». A l’aune des déclarations d’Antoine Garapon, secrétaire général de l’Institut des hautes études sur la Justice, force est d’admettre que l’inquiétude, réelle et qui ancre chaque jour un peu plus ses ramifications dans le territoire domestique, mérite d’être considérée.

La polémique enfle en France depuis que l'état d'urgence a été prolongé jusqu’au 26 mai, plus précisément jusqu'à ce que la loi sur les nouvelles procédures judiciaires, qui en reprendra les principaux instruments, soit mise en œuvre. Le Conseil de l’Europe s’est dit préoccupé et attentif à l’équilibre entre mesures sécuritaires et contrôle judiciaire. A contrario de ce mouvement, les partisans de l’état d’urgence donnent de la voix et soulignent qu’il n’est pas acceptable de sacrifier la sécurité des citoyens sur l’autel libertaire. Hollande, Valls et Cazeneuve, en parfaite troïka, répondent en écho : « Nous devons employer tous les moyens dont nous disposons dans notre démocratie, dans le cadre de l’état de droit, pour protéger les Français ».

La menace terroriste et les attentats du 13 novembre avaient eu raison de l’inflexible position du sénateur-maire de Lyon, autrefois farouchement opposé à l’armement de la police municipale. Gérard Collomb avait, au lendemain des épisodes parisiens, validé la nécessaire « adaptation des missions et de l’équipement de la police municipale ». On en sait un peu plus aujourd’hui sur les contours de cette adaptation. Captées du stock du ministère de l’Intérieur, plus de 300 armes, des revolvers Manuhrin, équiperont les soixante agents du Groupe opérationnel mobile (GOM) de Lyon. Avant d’utiliser cette force de frappe, les policiers effectueront obligatoirement un stage, exigeant à la fois sur le plan théorique et pratique, sanctionné d’un agrément délivré par le préfet leur permettant in fine d’être « habilités à porter une arme à feu sur la voie publique ». Des séances d’entraînement compléteront « cette formation initiale ». D’autres services bénéficieront, dans la continuité, de ces équipements. A suivre…

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