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Du beaujolais de vignerons

Depuis qu'ils ont repris l'exploitation familiale, Emmanuel et Dominique Jambon investissent pour répondre aux attentes des consommateurs. Des efforts récompensés, le mois dernier par un trophée qui devrait accélérer le développement d'une exploitation de 40 ha, dont 60 % plantés dans les crus du beaujolais.

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Le jury du concours international du gamay a décerné le trophée du meilleur gamay au chiroubles du domaine des Maisons Neuves. « Ce chiroubles puissant et aromatique, une cuvée sur laquelle j’avais mis d’espoirs, reflète exactement l’esprit des vins que nous produisons, se réjouit Emmanuel Jambon qui participe aux concours, d’abord pour se faire connaître des agents. Ce vigneron de 42 ans, qui a repris l’exploitation familiale il y a une dizaine d’années, compte s’appuyer sur cette récompense pour trouver de nouveaux débouchés, notamment à l’international, et prolonger le développement d’un domaine qu’il exploite avec son frère jumeau Dominique.
L’histoire des Maisons neuves remonte à la fin du XIXème siècle, lorsque Pierre Jambon produit ses premiers vins à Marchampt. En 1908, son fils Etienne s’installe à Saint-Lager, au pied de la colline de Brouilly, où il enracine un domaine qui aujourd’hui couvre 40 ha pour un chiffre d’affaires de 900 000€ en 2015 et des prix compris entre 7 et 13€. Les crus (brouilly et côtes de brouilly, morgon, régnié, moulin-à-vent et chiroubles) occupent plus de 60 % des surfaces, le reste est vinifié en beaujolais-village. Les rouges dominent sur cette exploitation où les deux frères ont, pour la première fois dans le beaujolais, planté du pinot gris, après avoir planté du viognier, pour élargir la gamme.
Dans moins de trois semaines, Emmanuel et Dominique Jambon inaugureront un nouveau caveau. Ce site s’intègre dans une stratégie de conquête de marché pour un domaine qui commercialise la moitié de sa production en direct, 20 % chez les cavistes et CHR, 25 % dans les GMS et le reste à l’exportation.
La griffe des Maisons neuves remonte au grand-père des deux exploitants qui a toujours défendu des « vins ronds, gras et puissants, des vins de garde, friands, d’aujourd’hui ». Travaillées de manière conventionnelle, les parcelles produisent 50 hl/ha. Mais demain « nous devrons tenir compte de la réglementation qui interdit un nombre croissant d’entrants », note Emmanuel Jambon qui a commencé à anticiper le mouvement d’un retour à des formes d’exploitation plus naturelles. « Nous avons beaucoup investi pour moderniser notre outil, précise le vigneron ». Cela vaut pour la vinification comme pour la viticulture avec des plants plus hauts (2 m) et plus aérés pour accélérer la maturation du raisin. « Le vignoble du Beaujolais doit investir pour ne pas rater le train ».
Dans quelques semaines, débutera la mise en bouteille du millésime 2015. « L’an dernier, il a fait chaud. Comme je ne voulais pas de vins alcooleux, lourds. Nous avons vinifié pour sortir un maximum de fruit de manière à obtenir des vins colorés, puissants et équilibrés, avec des tanins ronds et des arômes de mûre et de framboise ». Un défi relevé avec succès comme le confirme la récompense décrochée par le chiroubles des Maisons neuves.

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