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Philippe Guimbert : « Je suis fier du travail accompli par nos gendarmes »

Publié le - - Actualité

Philippe Guimbert : « Je suis fier du travail accompli par nos gendarmes »
Le général Philippe Guimbert

Après deux ans à la tête du commandement de gendarmerie Auvergne-Rhône-Alpes, le général de corps d'armée Philippe Guimbert prend sa retraite. Il passera le témoin en septembre prochain à Laurent Tavel, ancien directeur des soutiens et des finances à la direction générale de la gendarmerie. L'homme, fait le bilan sur ses 40 ans d'engagement militaire.

Quel bilan dressez-vous de vos deux dernières années ?

Ce furent deux ans très particuliers avec la période des gilets jaunes, la crise sociale à l'automne 2019 puis dernièrement celle liée au Covid. Je note d'abord la qualité de l'engagement des troupes de mon commandement durant ces périodes difficiles. Qu'il s'agissent des gendarmes départementaux ou des gendarmes mobiles (14 escadrons sur la zone) ainsi que nos 3 000 réservistes. Nous avons montré notre capacité à gérer ces moments. Dans le même temps, il a fallu assurer la continuité du service courant, notamment avec ce qui à trait au renforcement du contact avec la population, l'une de mes priorités. Je suis fier d'avoir commandé cette région, du travail accompli par nos gendarmes et du capital confiance que la gendarmerie possède en Auvergne-Rhône-Alpes.

Quelle a été votre mobilisation durant le confinement ?

Nous nous sommes rapidement organisés, autour d'une cellule de crise et de l'unité Covid qui a supervisé les aspects sanitaires et logistiques. Nous avons dû gérer aussi énormément de flux d'informations. Il a fallu planifier l'engagement opérationnel et notamment le renforcement de la gendarmerie mobile avec 8 escadrons supplémentaires pendant deux mois pour renforcer nos unités territoriales. Dans le même temps, les écoles de formation étant fermées, nous avons accueillis 500 élèves gendarmes et élèves officiers. Ce fut un vrai challenge réalisé seulement en une semaine. Nous avons bien évidemment effectué le contrôle des mesures de confinement mais surtout poursuivi nos missions de sécurité publique ou de police judiciaire.
Une autre mission de solidarité territoriale nous a mobilisé par ailleurs. Il s'agissait de l'opération #RépondrePrésent. Nous avons apporté des masques aux plus démunis, des devoirs à des enfants éloignés des grandes villes, distribué des médicaments…

Votre sentiment sur le respect de ces règles sanitaires durant le confinement ?

Mon sentiment est plutôt positif. Les gens ont fait preuve de civisme dans leur grande majorité, même si on a constaté quelques débordement à la fin ce cette période.

Que pensez-vous du contraste aujourd'hui avec une grande défiance face « à l'uniforme » ?

Il n'y a pas de la tension partout. Il faut relativiser les choses. C'est plutôt le rapport à l'autorité que j'analyse, au-delà de la crise du Covid, avec une société de plus en plus individualiste. Ce n'est pas une situation nouvelle et je pense que cela va durer. Certains ministres ont parlé de la gendarmerie et de la police comme des remparts de la République. Nous sommes là pour réguler cela. J'aime à citer Péguy pour illustrer mon propos : « L'ordre, et l'ordre seul, fait en définitive la liberté. Le désordre fait la servitude ».

Pourquoi vous-êtes vous engagé ?

Mon grand-père était militaire et a sans doute nourri mon appétence pour la carrière des Armes. J'ai choisi la gendarmerie pour l'engagement opérationnel qu'elle proposait dans un contexte de guerre froide où les armées étaient de conscription à part quelques unités d'interventions. J'ai ainsi passé 35 ans dans la gendarmerie

Quels sont les moments les plus marquants de votre carrière ?

Il y a des moments difficiles comme la disparation tragique de collègues et puis de très jolis succès comme des engagements opérationnels en Nouvelle-Calédonie en 1988. J'étais alors jeune lieutenant avec mes sous-officiers sur une île en proie à une certaine instabilité. J'étais aussi en poste à Berlin lorsque le mur est tombé en 1989, forcément ce fut un moment mémorable. Je retiens aussi que la gendarmerie c'est un collectif solide, malgré les transformations et les innovations. La force humaine et notre militarité ne changent pas à travers les années.

Quelles sont les transformations majeures qui ont impacté la gendarmerie ?

Le numérique a vraiment bouleversé notre quotidien. Je pense à Néogend (Ndlr : terminal numérique type smartphone qui permet de gagner en efficacité grâce au scan d'une carte d'identité, à la géolocalisation des patrouilles et les événements en cours en temps réel …), qui nous permet plus d'efficacité et nous rapproche encore mieux de la population.




Julien THIBERT
Journaliste

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