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Dossier spécial vélo : l'économie qui grimpe… qui grimpe !

Publié le - - Dossiers

Dossier spécial vélo : l'économie qui grimpe… qui grimpe !
© Kerstin Riemer /Pixabay

L'économie liée à l'univers du vélo sous toutes ses formes semble avoir pris la bonne échappée. Tour d'horizon entre Lyon et la Région Auvergne-Rhône-Alpes.

Même si la part du vélo ne représente encore que 3 % des déplacements en France, l'appétence pour "la petite reine" ne s'essouffle pas, motivée par une vision des mobilités plus verte et plus douce. Ce phénomène sociologique s'accompagne d'un nouveau cycle, économique cette fois.

En Auvergne-Rhône-Alpes, la filière se structure autour d'acteurs innovants qui ont su s'adapter aux besoins de clients toujours plus soucieux de leur empreinte carbone et de leur confort. Tour d'horizon d'une petite révolution.

Dossier réalisé par Julien Thibert, Séverine Renard, Caroline Thermoz-Liaudy et Julien Verchère.


Sommaire

  1. Un marché en plein décollage
  2. "A fond Gaston", la start-up lyonnaise qui donne un coup de boost à votre vélo
  3. Triporteurs électriques : Kleuster change de braquet avec Jean Lain Automobiles
  4. Cyclik : le vélo en bambou qui casse les codes
  5. Pédaleur, la box qui ne fait pas de surplace
  6. AddBike : la puissance de la communauté au service du développement d'un business
  7. A Grenoble, eBikeLabs ouvre son capital pour accélérer l'industrialisation
  8. Anne-Sophie Caistiker : "Fabriquer un vélo Made in Auvergne-Rhône-Alpes"
  9. Report modal : l'entreprise doit-elle être moteur ?


Un marché en plein décollage

En 2019, le marché du cycle a poursuivi sa progression de 10,1% avec un chiffre d'affaires évalué à 2,33 Md€ selon les chiffres publiés par l'Union sport et cycle (USC) dans son Observatoire du cycle qui regroupe près de 1 500 entreprises et 3 000 points de vente.

De bons résultats dopés par un boom de la vente de vélos à assistance électrique (VAE) en progression de + 12,1 % et un prix de vente moyen qui se négocie à 1 750 euros, lui aussi en progression de 10 %.

Les aides de l'État ("bonus vélo") ou des collectivités, comme celle de la Métropole de Lyon (jusqu'à 500 €) pour l'achat d'un VAE expliquent, en partie, cette croissance. Ce contexte favorable profite à l'ensemble des circuits de distribution. L'USC indique que "l'attente de conseils et de services sur des produits à forte valeur ajoutée nécessite des compétences de plus en plus techniques" poussant les consommateurs à se tourner progressivement vers les détaillants spécialisés.

Cependant, les enseignes dites "multisports" restent des poids lourds avec 64 % de parts de marché. A noter, toujours selon l'USC, que les détaillants spécialisés réalisent 55 % du chiffre d'affaires global et 78 % sur le seul segment VAE.

Dans la région, des entreprises à taille humaine

La région Auvergne-Rhône-Alpes, traduit bien cette diversité de l'offre associée à une expertise basée sur l'expérience d'une communauté, celle de cyclistes très impliqués dans l'évolution des mobilités en mode doux.

"Aujourd'hui, il n'y a pas de grosses multinationales dans notre secteur. Toutes les entreprises restent à taille humaine sur ce qui représente, finalement, un petit marché", témoigne Renaud Colin, fondateur et CEO d'Addbike, une société villeurbannaise qui a commencé avec l'AddBike, un système pendulaire à deux-roues qui vient se fixer à l'avant d'un vélo traditionnel. Aujourd'hui, l'entreprise développe le U-Cargo, un vélo à assistance électrique pas plus long qu'un vélo traditionnel mais avec la capacité de charger d'un vélo cargo (en moyenne 100 kg).

Haut de gamme et expérience de la communauté

AddBike s'appuie sur un réseau de distributeurs pour commercialiser ses deux-roues, via près de 180 magasins situés en France et en Europe. Mais le dirigeant mise aussi sur sa communauté. Non seulement pour financer son développement mais surtout pour faire émerger de nouvelles idées.

"Le lancement de notre campagne de levée de fonds participe d'une implication des investisseurs à la fois dans la poursuite de notre développement mais aussi pour faire évoluer les solutions relatives à la mobilité active. Nous promouvons la participation au renouveau de l'économie locale en investissant dans une entreprise experte dans son secteur."

Il cherche à lever 400 000 euros d'ici fin septembre, via la plateforme régionale Incit'financement.

Des vélos qui passent à l'électrique

Dans un registre un peu différent, la start-up lyonnaise A fond Gaston convertit depuis 2018 des vélos classiques en vélos électriques grâce à l'installation de simples kits. Une grande partie du succès – déjà 500 kits posés pour monter à 2 000 en 2021 - repose sur la simplicité du procédé et d'un service clé en main.

"Le client commande son kit sur notre site internet, on lui propose un rendez-vous en atelier et la conversion s'effectue dans la journée. On garantit un service après-vente et la fourniture de pièces détachées. Notre système peut s'adapter à 90 % des vélos du marché", détaille Antoine Galonnier, son fondateur.

Avec l'essor des vélos-cargos, les professionnels tapent aussi à sa porte. Dernière clé du succès : là encore, s'appuyer sur une forte communauté, celle des "vélo-taffeurs", autrement dit ceux qui se déplacent en vélo pour travailler, puisqu'elle représente près de 50% de ses clients.

Les entreprises, moteur du report modal ?

Même si, selon une étude Insee de février 2019, 7 Français sur 10 se rendent au travail en voiture, à l'exception de Lyon et Paris, où les salariés se déplacent majoritairement en transports en commun, la tendance évolue.

"Dans les milieux urbains denses, on compte un grand nombre d'entreprises dont la majorité des salariés se trouvent dans un périmètre de cinq kilomètres. Je recommande alors beaucoup le vélo, car les gens sont facilement captables sur ces modalités, et se rendent rapidement compte des bénéfices", abonde Lionel Ferrafiat, dirigeant depuis mars 2019 du cabinet grenoblois Tectonic, spécialiste de l'accompagnement des entreprises et de leurs salariés dans ce changement de pratiques au profit de modalités plus douces.

Si l'entreprise peut devenir un moteur important dans le report modal, encourager le vélo n'est pas anodin. "Elles doivent imaginer l'aménagement de leurs bâtiments en conséquence : douches, parc à vélos… sont autant d'impératifs associés", explique Lionel Ferrafiat.

D'autant que ce changement doit être accompagné. "Il est toujours difficile de faire comprendre à une entreprise qu'elle doit allouer un budget à la sensibilisation et à l'accompagnement des changements de pratiques. Elles préfèrent en général investir une grosse somme dans une flotte de véhicules électriques, qu'elles vont pouvoir valoriser sur un bilan et auprès du public."

Lancer une production industrielle "made in Auvergne-Rhône-Alpes"

Témoignage de la structuration d'une filière en plein essor, la création, en région Auvergne-Rhône-Alpes, en juillet dernier, du cluster Mobilité active et durable (MAD) dont AddBike est membre.

Pour Anne-Sophie Castaiker, sa présidente, dirigeante de la société lyonnaise Doctibike, spécialisée dans les batteries pour VAE, "l'objectif est de rassembler les acteurs régionaux de la filière vélo, les entreprises innovantes, les laboratoires de recherche, etc. de manière à pouvoir développer de nouvelles solutions vélo pour les particuliers, pour les entreprises et dans les systèmes de mobilité des territoires, aux côtés des autres systèmes de mobilité".

Sortir de la dépendance à la Chine

Les ambitions du jeune cluster sont fortes. Sa feuille de route stratégique intègre, ni plus ni moins, le projet d'un vélo entièrement fabriqué en région Auvergne-Rhône-Alpes.

"L'objectif est de mener une réflexion qui aboutira ensuite à une expérimentation puis à une mise en place plus industrielle. L'idée est de pouvoir s'approvisionner au plus proche possible, d'avoir des capacités d'assemblage sur le territoire ou en tout cas au niveau national. Nous nous sommes rendus compte que tous les acteurs de la mobilité avaient beaucoup souffert des problématiques liées aux approvisionnements chinois lors du confinement, et que la France est très dépendante de l'Asie d'un point de vue industriel", décrit Anne-Sophie Castaiker.

Le cluster compte s'appuyer sur des compétences locales, comme celle issues du bassin grenoblois pour le segment des cartes électronique ou celles de Saint-Etienne et son expertise de la métallurgie.

Climat vélo : classement régional des villes dynamiques pour le vélo

Dans le palmarès national du baromètre "Parlons vélo des villes cyclables 2019" publié par la Fédération française des usagers de la bicyclette (FUB), Grenoble arrive en tête des villes de 100 à 200 000 habitants avec une note de globale de 4,12. Arrive ensuite Annecy à la 5e place nationale, mais deuxième ville d'Auvergne-Rhône-Alpes avec une note de 3,15, puis Villeurbanne qui se classe dixième avec une note de 3,03.

Lyon, classée dans la catégorie des villes de 200 000 habitants n'obtient que la 6e place avec une note de 3,19.




Julien VERCHÈRE
Journaliste

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