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Dossier / Plan de vol ambitieux pour l'aéroport Saint-Exupéry

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Dossier / Plan de vol ambitieux pour l'aéroport Saint-Exupéry

Deux ans après son arrivée aux commandes de l'aéroport Lyon Saint-Exupéry, Vinci Airports a gagné une première bataille, en emportant l'adhésion des acteurs économiques locaux...

Deux ans après son arrivée aux commandes de l'aéroport Lyon Saint-Exupéry, Vinci Airports a gagné une première bataille, en emportant l'adhésion des acteurs économiques locaux et en dépassant les objectifs de trafic qu'il s'était fixé. Nouveau terminal, nouvelles compagnies, nouvelles destinations… l'aéroport lyonnais poursuit la mutation engagée il y a quelques années, mais à vitesse supersonique désormais.

Il est des chiffres qui suffisent parfois à résumer une trajectoire. Ainsi en va-t-il de ceux que Tanguy Bertolus, Président du directoire d'Aéroports de Lyon, a dévoilé il y a quelques mois, en présentant le bilan et les perspectives de Lyon Saint-Exupéry. Car en finissant l'année 2017 sur une croissance de 7,7 %, l'aéroport lyonnais a non seulement brisé pour la première fois de son histoire le plafond des 10 millions de passagers, mais il a également largement distancé les autres plateformes hexagonales en quête de croissance.

« C'est en effet le double de la moyenne française et cette année nous serons sur des bases de 7 % », commente-t-il. A ce rythme, les objectifs annoncés par Vinci Airports fin 2016, lorsque la concession de l'aéroport lui a été confiée, seront largement dépassés. « Nous avons annoncé un plan stratégique à 2025, qui doit nous conduire aux alentours de 13 millions de passagers. Néanmoins, nous ferons sans doute nettement mieux. A cette échéance, nous devrions approcher, voire dépasser, la barre des 15 millions de passagers », poursuit-il.

La preuve incontestable du savoir-faire et du dynamisme des équipes en place, auxquelles Vinci Airports fait confiance pour créer de la valeur et porter ses ambitions, mais également la marque d'un aéroport en phase avec son territoire, dont la dynamique de croissance ne se dément pas depuis plusieurs années. Car, si la nouvelle gouvernance de l'aéroport a insufflé des ambitions plus élevées à Lyon Saint-Exupéry, celles-ci cadrent non seulement avec les intérêts économiques et touristiques du territoire, mais aussi avec le travail de renforcement de l'attractivité engagé par l'ensemble des acteurs économiques, privés et publics.

Un développement adossé au réseau Vinci Airports

« Pour en arriver là, nous avons mis en place une stratégie qui s'adosse sur plusieurs piliers, détaille Tanguy Bertolus (notre photo). A commencer par une démarche commerciale et marketing plus appuyée et plus dynamique vis à vis de nos clients. Et ce travail, nous avons pu le mener à bien en nous appuyant sur le réseau Vinci Airports, qui représente aujourd'hui 44 aéroports dans 11 pays. » Un acteur majeur sur le marché de l'aérien, qui connaît toutes les compagnies aériennes du monde, tous les Tours Opérateurs... « L'image de Vinci Airports nous offre incontestablement une meilleure écoute quand nous parlons avec ces gens-là », affirme-t-il. Avec pour conséquence, de plus en plus de créations de lignes et de plus en plus de compagnies qui souhaitent atterrir à Lyon.

Là encore, les chiffres sont éloquents. Depuis le début de l'année 2018, 28 vols ont été lancés, ce qui monte à 40 le total des nouvelles destinations inaugurées en moins de deux ans. Désormais, le choix des dessertes à partir de l'aéroport Lyon Saint-Exupéry est porté à 120 destinations directes. Un renforcement de l'offre globale, qui touche tous les segments : vols low cost, lignes régulières à l'international, hub euro régional du groupe Air France, aviation d'affaires.

Renforcement de l'offre de services

Si elles se concrétisent dans le ciel, les nouvelles ambitions de l'aéroport Lyon Saint-Exupéry se matérialisent également au sol, avec un attention toute particulière qui est apportée à l'amélioration des conditions d'accueil des passagers. Les investissements consacrés au nouveau Terminal 1B symbolisent cette démarche. « Sa mise en service constitue en effet un pas très important en termes d'amélioration de la qualité de services : qualité des espaces, qualité opérationnelle pour l'enregistrement et le passage des zones de sûreté… Nous sommes sur des niveaux de qualité élevés par rapport aux standards internationaux », se réjouit Tanguy Bertolus. L'ensemble de l'opération représente un investissement de 215 M€ qui est en cours de finalisation. « Nous avons ouvert la plus grande partie du terminal et les dernières phases de travaux sont plus centrées sur des zones techniques qui échappent à l'œil des passagers », ajoute-t-il.

Une fois ce dossier totalement bouclé, les équipes de l'aéroport n'en n'auront pas fini pour autant avec les grands projets d'investissement. « Sur la question de la capacité d'accueil des passagers, nous sommes parés pour les années qui viennent, analyse le patron de l'aéroport. Mais il faut que nous améliorions encore l'ensemble de la chaine des services aux passagers. Nous allons ainsi construire un nouveau parking silo, qui nous permettra de rapprocher les passagers par des terminaux. » Ce nouvel espace de stationnement prendra place près du Terminal T1 B. Les travaux débuteront dès l'année prochaine. Dans le même temps, Vinci Airports poursuivra ses investissements sur l'ensemble des infrastructures de pistes, « qui demandent régulièrement des adaptations pour que la performance opérationnelle s'adapte à la croissance de notre activité », souligne Tanguy Bertolus.

Un aéroport porté par le low cost et le groupe Air France

Le trafic low cost représente aujourd'hui un tiers du trafic total de l'aéroport Lyon Saint-Exupéry. C'est également le segment de marché qui se développe le plus rapidement sur la plateforme aéroportuaire lyonnaise. Dans le même temps, le groupe Air France, c'est-à-dire en intégrant sa filiale régionale Hop, s'adjuge également environ un tiers du trafic. « Le Hub régional d'Air France à Lyon est unique et constitue un atout incomparable pour dynamiser le trafic total », rappelle Tanguy Bertolus.

La Chine dans le viseur

Réclamée par le monde économique régional, l'ouverture d'une ligne directe vers la Chine fait partie des sujets à l'étude du côté de Saint-Exupéry. Mais son éventuelle mise en œuvre nécessitera encore pas mal de temps.

Avec l'ouverture de liaisons pérennes vers Montréal et Dubaï, l'aéroport Lyon Saint-Exupéry s'est offert bien plus que deux portes d'entrée sur l'Amérique du Nord et le Moyen-Orient. Ces deux lignes longs courriers n'ont certes pas refermé la blessure ressentie par les décideurs rhônalpins après les échecs successifs subis sur la liaison Lyon – New York, mais elles ont conforté l'image d'un aéroport capable d'adresser le monde entier et plus simplement l'Europe ou l'Afrique du Nord.

La prochaine étape pourrait être l'ouverture d'une liaison avec la Chine. C'est en tout cas le souhait des acteurs économiques, comme le reconnaît bien volontiers Emmanuel Imberton : « Nos entreprises doivent être en mesure de rejoindre la Chine directement depuis Lyon. Les équipes de Vinci Airports le savent et travaillent intensivement sur ce dossier. »

Élevée au rang de priorité par le président de la CCI Lyon Métropole Saint-Etienne Roanne, par ailleurs vice-président du Conseil de surveillance de l'aéroport, le lancement de cette ligne ne laisse en effet pas insensible la direction de l'aéroport. Toutefois, Tanguy Bertolus rappelle que le parcours est long et complexe avant d'obtenir gain de cause. « Nous échangeons avec des compagnies aériennes qui ont déjà identifié Lyon comme une opportunité de business intéressante avec une bonne rentabilité, indique-t-il. Mais ce n'est pas suffisant pour ouvrir une ligne. On ne peut pas lancer une ligne d'un claquement de doigt, uniquement parce qu'elle a tout pour être rentable. Avec la Chine, nous sommes dans un process d'obtention de droits de trafic, qui n'est en rien automatique. Mais nous faisons un lobbying actif pour obtenir ces droits de trafic et nous avons bon espoir d'obtenir gain de cause à terme. »

Si la Chine est une destination long courrier réellement envisageable aux yeux du Président du directoire d'Aéroports de Lyon, elle n'est pas la seule à l'intéresser. « Nous voulons ensuite aller vers les États-Unis. Avec la Chine, ce sont deux objectifs majeurs sur lesquels nous travaillons, en collaboration avec les autres acteurs du développement économique local et régional », assure-t-il.

Emmanuel Imberton : « La question de l'accessibilité est au cœur des débats »

De la direction de l'aéroport aux passagers, en passant par les forces économiques, tout le monde érige la question de l'accessibilité au rang de priorité absolue pour assurer l'avenir de Lyon Saint-Exupéry. Le président de la CCI Lyon Métropole Saint-Etienne Roanne explique pourquoi.

Un peu moins de deux ans après l'arrivée de Vinci Airports, quel regard jetez-vous sur cette privatisation de l'aéroport Lyon Saint-Exupéry ?

Le cas lyonnais constitue à mon sens une démonstration exemplaire de ce que peut être une privatisation bien réalisée. Je le dis d'autant plus facilement que nous étions, à l'origine, plutôt favorable à un rapprochement avec Genève. Aujourd'hui, nous sommes très heureux d'avoir à la tête de Saint-Exupéry un pilote dans l'avion comme Vinci Airports, qui tient les objectifs sur lesquels il s'était engagé. Il est même au-dessus, puisqu'il partait sur une croissance de 5 % par an, alors que nous sommes à 7 %.

Quel est votre poids exact dans ce nouvel ensemble et quelles sont vos relations avec la nouvelle gouvernance ?

Avec 25 % du capital, la CCI Lyon Métropole Saint-Etienne Roanne est le deuxième actionnaire de référence de l'aéroport et je suis vice-président du Conseil de surveillance de l'aéroport. Au départ, j'avais quelques craintes concernant la qualité du rapport que nous pourrions entretenir avec Vinci, mais je savais pertinemment que c'était une excellente candidature. Avec le recul, je constate qu'ils sont très à l'écoute de leurs partenaires locaux et que nous avons exactement la même volonté d'assurer le développement de l'aéroport. La ligne quotidienne Lyon – Dubaï, à laquelle nous tenions, n'aurait jamais été débloquée sans le travail de Vinci Airport.

Quels sont les problèmes majeurs qu'il faut encore régler pour donner un élan supplémentaire au développement de l'aéroport ?

Pour moi il est clair que la question de l'accessibilité est au cœur des débats. La congestion du trafic sur les axes routiers et autoroutiers pénalise le développement de l'aéroport. Comment voulez-vous séduire les chefs d'entreprises de Clermont-Ferrand, s'ils doivent mettre deux fois plus de temps pour rejoindre Saint-Exupéry que pour aller à Paris ? Nous devons donc nous mobiliser sur ce sujet et il faut d'ores et déjà prévoir les infrastructures de demain pour assurer sa croissance future. Parmi les sujets sensibles, il y a bien entendu la question de l'A45, pour assurer la liaison avec Saint-Etienne et au-delà avec Clermont-Ferrand. Mais il faut aussi anticiper les effets du déclassement de l'A6 / A7, qui aura pour conséquence de rabattre des trafics sur l'Est Lyonnais où est installé l'aéroport et donc de congestionner le trafic.

Rhônexpress : l'avantage concurrentiel de Lyon Saint-Exupéry

En compétition géographique avec des aéroports proches, comme Genève, ou accessibles en relativement peu de temps, comme Roissy avec sa gare TGV, Lyon Saint-Exupéry n'a pas le choix et doit se démarquer par une accessibilité optimale. Une ambition portée par la navette Rhônexpress.

Souvent critiquée par les Lyonnais en raison d'un prix jugé prohibitif, la solution proposée par Rhônexpress a néanmoins apporté une première réponse pour la connexion entre l'aéroport et la capitale régionale. En mettant la Part-Dieu à moins de 30 minutes de Lyon Saint-Exupéry, la navette gérée par une filiale du groupe Vinci s'est notamment imposée auprès de la clientèle affaires qui peut ainsi gérer des journées de travail optimisées. « Nous sommes le seul aéroport en France à disposer de cet avantage compétitif », affirme Tanguy Bertolus.

Avec 139 courses par jour, assurées de 4h25 du martin à minuit, un départ toutes les 15 minutes entre 6h et 21h, une circulation 365 jours par an, 7 jours sur 7 et un temps de trajet inférieur à 30 minutes, la navette Rhônexpress s'est imposée sur le trajet entre la Part-Dieu et l'aéroport Lyon Saint-Exupéry.

Un succès qui ne cesse de grandir, à en croire les derniers chiffres de fréquentation. Au mois de juin 2018, en effet, Rhônexpress a affiché pour la première fois de son histoire une fréquentation mensuelle supérieure à 130 000 passagers, avec une progression de 11,5 % par rapport au trafic de juin 2017. Au total, plus de 963 000 passagers ont emprunté Rhônexpress entre le 1er janvier et le 31 août 2018, soit un cumul annuel de + 7,5 % par rapport à la même période l'année dernière.

Toutefois, si la connexion avec le centre de Lyon a été considérablement améliorée avec la mise en service de la navette Rhônexpress, il en va tout autrement des liaisons proposées pour rejoindre les autres métropoles régionales. « L'essor des « bus Macron » a contribué à très nettement améliorer les choses, poursuit le Président du directoire d'Aéroports de Lyon. Nous avons enregistré une explosion du trafic de ces bus. »

Transavia reliera Lyon à Beyrouth en 2019


La compagnie low cost du groupe Air rance – KLM annonce une croissance de 14 % de son offre de siège au départ de Lyon Saint-Exupéry pour l'été 2019

Après un hiver 2018 marqué par une progression de 30 % de son activité au départ de l'aéroport Lyon Saint-Exupéry, Transavia amorce la saison estivale avec un nouvel objectif de croissance pour l'été 2019. Cette étape devrait se traduire par une augmentation de 14 % de son offre de sièges, qui s'établira alors à 608 000 sièges. Pour arriver à ce résultat, la compagnie low cost du groupe Air rance – KLM inaugurera notamment une ligne vers Beyrouth à partir du 13 avril 2019. Dans le même temps, Transavia augmentera ses fréquences vers le Maroc et la Tunisie.

« Nous allons renforcer nos lignes en direction de Marrakech, qui passera à 5 vols par semaine, d'Agadir porté à 4 vols par semaine, d'Oujda avec 3 vols par semaine et enfin de Monastir qui passera également à 4 vols par semaine », indique Nicolas Hénin (notre photo), Directeur général adjoint commercial et marketing.

Implantée à Lyon depuis 2010, où elle a basé 3 avions, la compagnie tire un bilan positif et conforme à ses objectifs pour sa saison estivale 2018, avec l'ouverture de 4 nouvelles lignes (Catane, Palerme, Djerba et Malaga) et une croissance de 25 % des sièges par rapport à la même période l'année dernière. « Cet été, nous avons dépassé le cap des 2millions de passagers transportés et l'été prochain nous proposerons 19 destinations et desservirons 9 pays, au rythme de 57 vols par semaines », souligne Nicolas Hénin. Ces nouveautés confirment la volonté de Transavia de développer sa base lyonnaise comme point d'accès privilégié sur le bassin méditerranéen. Un aéroport sur lequel la compagnie renforce également sa présence humaine, puisqu'elle emploiera 85 collaborateurs à Lyon en permanence l'année prochaine.




Jacques DONNAY
Journaliste

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