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Dossier/ Elections métropolitaines de Lyon : Le programme économique des candidats

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Dossier/ Elections métropolitaines de Lyon :  Le programme économique des candidats
DR - L'Hôtel de la Métropole de Lyon

Ils sont trois à prétendre à la présidence de la Métropole de Lyon dont les élections auront lieu en mars 2020. Dans cette perspective, David Kimelfeld (président de la métropole de Lyon), Gérard Collomb (maire de Lyon) et François-Noël Buffet (maire d'Oullins) ont été audités par le Medef Lyon-Rhône présidé par Laurent Fiard, qui a organisé trois temps de passages entre le 14 novembre et le 4 décembre. Un exercice de style qui a globalement convaincu le syndicat patronal curieux de connaître les projets économiques de territoires sur les prochaines années. Au cœur des débats, ont été décryptés les enjeux d'employabilité, d'attractivité et de mobilité.

DAVID KIMELFELD :

« Développer un projet dans un esprit de rassemblement »

Candidat à sa succession à la présidence de la Métropole de Lyon, David Kimelfeld a partagé non pas sa vision mais son ambition pour l'agglomération lyonnaise.

Une ambition à bâtir en lien avec l'ensemble des collectivités publiques.

« CONSTRUIRE UNE MÉTROPOLE PLUS MULTIPOLAIRE »

David Kimelfeld souhaite sortir de l'ultra-spécialisation des sites pour s'orienter vers un développement multipolaire. Pendant des années, les projets de développement et d'implantation ont été fléchés vers des territoires précis en fonction des activités.

Ainsi, Gerland accueille les sciences du vivant, la Part- Dieu reçoit les grands projets tertiaires, Vaise attire les entreprises du numérique... Le candidat à la présidence de la Métropole de Lyon ne veut plus de ce modèle de concentration par secteur d'activité et privilégie un schéma multipolaire.

Le quartier de la Saulaie à Oullins, le Vallon des hôpitaux à Saint-Genis-Laval, le secteur de la Loupe à Albigny-sur-Saône et Couzon-au-Mont- d'Or sont quelques-uns des territoires cités pour l'accueil de futurs projets.

David Kimelfeld estime également que des implantations peuvent se réaliser sur des territoires voisins et évoque, par exemple, un développement autour de l'aéroport Saint-Exupéry.

« INVESTIR 1 MD€ SUPPLÉMENTAIRE SUR LE PROCHAIN MANDAT »

Le budget annuel de la Métropole de Lyon s'élève à un peu plus de 3 Md€, dont 700 M€ consacrés aux investissements en 2019. Pas suffisant pour David Kimelfeld qui n'hésite pas à prononcer le terme de sous-investissement. Le candidat à la présidence de la Métropole de Lyon pense qu'il faudrait investir 1 Md€ supplémentaire sur le prochain mandat pour pouvoir gérer la collectivité avec l'esprit d'un entrepreneur et donc développer davantage de projets.

Cet investissement supplémentaire entraînerait un allongement de la durée de désendettement, environ 5 ans aujourd'hui, ce que David Kimelfeld juge tout à fait soutenable. Ce budget permettrait notamment de mieux accompagner les communes qui ont peu investi sur ce mandat. L'élu parle de conclure un pacte financier pour les aider à réaliser des équipements publics et à proposer les services nécessaires pour faire face à l'arrivée de nouveaux habitants.

« METTRE EN PLACE DES ALTERNATIVES À L'ANNEAU DES SCIENCES »

La réalisation de l'Anneau des Sciences coûterait plus de 4 Md€. David Kimelfeld explique donc que ce projet, qui ne figure pas dans la loi Mobilité, n'est pas finançable par la Métropole seule. Les propositions émises pour financer l'Anneau des Sciences ne semblent pas convaincre le candidat à la présidence de la Métropole de Lyon.

La création d'une taxe sur les bureaux ne ramènerait pas plus de 50 M€ par an et la mise en place d'un péage de transit permettrait éventuellement de couvrir le budget de fonctionnement mais pas la mise en chantier d'un tel projet. David Kimelfeld a finalement annoncé qu'il ne ferait pas l'Anneau des Sciences, préférant privilégier les transports en commun.

Il a ainsi indiqué vouloir doubler le budget d'investissement du Sytral, fixé à un peu plus de 1 Md€ sur 2015-2020.

Une enveloppe plus importante afin de financer, entre autres, l'extension de la future ligne E du métro de Porte d'Alaï à Craponne et de de la ligne C jusqu'à la gare de Sathonay-Rillieux. Les lignes de tramway doivent également être renforcées, notamment en direction de Saint-Fons.

« NE PAS OPPOSER LA TRANSITION ÉCOLOGIQUE ET LE DÉVELOPPEMENTCONOMIQUE »

Si le foncier, la fiscalité ou la dynamique de filières stratégiques sont déterminants pour le choix d'une implantation, David Kimelfeld constate aussi l'importance grandissante des thématiques de qualité de vie, de mobilité et de logement. Pour attirer des entreprises et conserver les structures installées, la Métropole de Lyon doit répondre aux enjeux climatiques et sociaux.

Avant d'acter son implantation à Feyzin, l'équipementier aéronautique Safran aurait ainsi posé des questions sur la qualité de l'air, l'offre de transport dans la vallée de la chimie et le prix des logements. La transition énergétique et une métropole équilibrée joueraient donc un rôle essentiel dans l'attractivité. Et David Kimelfeld ne veut oublier aucun éléments pour faire gagner Lyon dans la compétition que se livrent toutes les grandes métropoles.

GÉRARD COLLOMB :

« Ne pas faire une politique qui détruise​ ce que j'ai construit »

Le maire de Lyon se présente à l'élection métropolitaine en capitalisant sur son bilan communal et intercommunal depuis le début de sa prise de mandats à Lyon puis à l'agglomération à partir de 2001.

« COMPLÉTER LE MAILLAGE DES TRANSPORTS EN COMMUN »

Point le plus clivant entre David Kimelfeld et Gérard Collomb : l'Anneau des Sciences. Le maire de Lyon a réaffirmé sa fermeté sur la nécessité de construire ce boulevard périphérique Sud pour désen- gorger la circulation à Lyon ; tandis que le président de la métropole de Lyon souhaite au contraire trouver des alternatives.

Arguant de la réussite d'un tel ouvrage qui a désaturé le ville de Madrid, G. Collomb avance également les 1,364 Md€ de rétribution de péage si cet axe était réalisé. Un choix qu'il juge déterminant et qui impactera les politiques publiques futures et le développement de l'agglomération sur le long terme.

Au-delà du volet autoroutier, le candidat annonce vouloir étendre le réseau de transport en commun incarné par le Sytral. Un effort financier portant à 2 Md€ (contre 1,2 Md€ sur le mandat actuel) est annoncé sur la prochaine mandature.

Au-delà du projet de ligne E ralliant Bellecour à Alaï, G. Collomb évoque le prolongement du métro A jusqu'à Meyzieu et au niveau du boulevard urbain Est, le tramway qui desservirait le Carré de Soie depuis la Doua ou Vénissieux depuis Gerland.

Il souhaite aussi accélérer le plan vélo, le bus à haut niveau de service et lutter contre l'autosolisme en développant le « covoiturage organisé ».

« SYSTÉMATISER L'IMMERSION EN ENTREPRISE »

Sur le volet employabilité, le candidat évoque le paradoxe avec des postes en tension qui ne trouvent pas preneurs tandis que le chômage reste à un niveau élevé.

L'insertion des personnes les plus en difficulté reste pour lui un levier d'employabilité. Un effort sur les allocataires du RSA dont une partie n'est pas adaptable à l'emploi doit être réalisé via la réhabilita-tion du travail d'utilité collective.

Dès le collège, l'image de l'entreprise doit être promue et une action de rendre plus lisible l'offre de formation sur l'agglomération doit être faite. Gérard Collomb en a profité pour mettre à l'honneur le dispositif Sport dans la ville qui facilite l'insertion via la pratique sportive.

A propos des filières « stratégiques » sous tension comme le BTP, le numérique ou les services à la personne, G. Collomb envisage la création d'un comité de filières avec tous les acteurs concernés au niveau de la métropole.

FISCALITÉ : « PAS DE DÉPENSES PAS DE RECETTES »

Répondant à la question d'un chef d'entreprise sur la pression fiscale dans l'agglomération lyonnaise, Gérard Collomb répond que des efforts ont déjà été faits au niveau du gouvernement indiquant que les collectivités doivent aussi pouvoir vivre. « Pas de dépenses, pas de recettes », résume-t-il avant de préciser :

« Vous pouvez exiger que des dessertes soient réalisées pour rendre plus accessibles les zones industrielles plutôt que de voir votre fiscalité baisser à nouveau ». Quoiqu'il en soit, G. Collomb prévoit s'il est élu de ne pas augmenter la fiscalité sur les entreprises.

DIVERSIFIER L'ÉCONOMIE MÉTROPOLITAINE

Le questionnement sur les filières d'avenir au sein de la métropole a conduit Gérard Collomb à exprimer sa satisfaction de voir Lyon et son agglomération diverses dans leurs économies.

Opposant la mono activité de Toulouse avec la présence d'Airbus, il souhaite entreprendre une action d'entreprenariat par filière grâce à une coordination « Métropole-Région ».

L'interconnexion des centres de recherches et universitaires interfilières est également envisageable. Interrogé en fin d'audition par un chef d'entreprise sur « le mandat de trop », Gérard Collomb a retorqué que l'âge du capitaine ne comptait pas et que c'est le dynamisme de l'équipe constituée qui importait.

« Ma problématique est de savoir si demain on ne fera pas une politique qui détruise ce que j'ai construit », faisant référence à la ligne politique qui a changé à Grenoble ces dernières années.

FRANÇOIS-NOËL BUFFET
« La Métropole est un outil de développement et d'ambition »

Avocat de formation, inscrit au barreau de Lyon, François-Noël Buffet compare la métropole à une entreprise qui arrive en fin de cycle et dont il faut relancer le développement. Il se présente comme un passionné du territoire métropolitain et le moins connu des trois candidats. François-Noël Buffet reste pourtant un routard de la politique locale et même nationale puisque le maire d'Oullins est aussi Sénateur.

« L'ENJEU MAJEUR DE LA MÉTROPOLE C'EST L'ACCESSIBILITÉ »

Selon lui, l'accessibilité de l'agglomération est un leit- motiv qui conditionne les enjeux de mobilité, d'em- ployabilité et in fine d'attrac- tivité.

Il souhaite repositionner la métropole à l'échelon du bassin urbain composé d'autres métropoles comme Bourgoin-Jallieu, Saint- Etienne ou Bourg-en-Bresse, mais aussi penser à l'échelon supérieur avec les agglomé- rations de Grenoble, Valence ou Mâcon. Convaincu qu'il faut traiter conjointement les déplacements de proxi- mité et ceux de longue dis-

tance, le candidat évoque une croissance économique obligatoire en évitant le modèle de développement saturé de l'Île-de-France, rappelant les vertus de l'inter Scot (Schémas de cohérence territoriale)lyonnaisdontila été l'un des instigateurs sous le mandat de Michel Noir, en tant que président de l'agence d'urbanisme.

Si F-N. Buffet admet que l'intérieur du Boulevard périphérique priorise les modes doux de transport, il insiste sur la nécessité de maintenir l'accès aux voitures en faisant référence au dernier kilomètre avec le développement de véhicules à hydrogène voire électriques ou autonomes.

Côté transport, il prévient que la multiplication des modes de transport coûtera cher et il faudra veiller au rapport coût-efficacité pour chacun ».

Favorable au prolongement du métro A jusqu'à Rillieux et à la création de la ligne E depuis Bellecour, il exprime sa volonté d'une extension « jusqu'à Craponne ».

Avec 800 hectares progressivement disponibles (tertiaire et résidentiel) dans l'Est lyonnais près de Lyon-Saint-Exupéry, le maire d'Oullins décrit la nécessité de développer un axe privilégié entre l'aéroport et le centre de Lyon.

« L'aéroport reste un levier fort de développement des entreprises à l'international ». Il mentionne également, le besoin d'un RER entre Lyon et Saint-Etienne arguant d'un sort commun entre les deux agglomérations.

Sur le volet autoroutier, le candidat ne s'est pas opposé au projet d'A45 mais pose la question de son arrivée à Lyon opposant l'enjeu environnemental.

Même argument sur l'Anneaux des Sciences qu'il juge pertinent mais dont le projet initial pensé dans les années 90 n'est plus adapté aujourd'hui, ciblant l'échangeur de Saint- Genis-Laval comme point noir avec potentiellement 20 000 véhicules supplémentaires par jour.

Pour clore sur l'attractivité du territoire F-N-Buffet indique que c'est l'entreprise qui choisit le territoire et pas l'inverse.

EMPLOYABILITÉ : « RENFORCER LA FORMATION »

François-Noël Buffet évoque d'abord un budget RSA de 235 M€ pour la métropole qui faudra maîtriser.

Avouant des difficultés liées à la for- mation, il insiste sur le besoin de renforcer l'apprentissage pour valoriser l'emploi et redonner le goût de l'effort et du travail aux jeunes.

En cela, le dispositif Grand Lyon l'Esprit d'Entreprises lui apparaît comme une bonne base de réflexion.

« DES FINANCEMENTS TENABLES À CONDITION D'EN ÉLARGIR​ LEURS SOURCES »

Les finances saines de la métropole et du Sytral évoquées par le candidat ne l'empêche pas de vouloir aller chercher des enveloppes auprès de la Région, l'Etat et l'Europe dans le cadre de projets liés au transport et à l'environnement notamment.

Outil au service d'une croissance économique locale puissante, la métropole de Lyon doit fonctionner selon lui en cohérence avec la Région qui reste leader dans la compétence économique.




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