AccueilCollectivitésDissolution du Pôle métropolitain : pour la Métropole de Lyon, "un périmètre qui a montré ses limites"

Dissolution du Pôle métropolitain : pour la Métropole de Lyon, "un périmètre qui a montré ses limites"

La dissolution du Pôle métropolitain, instance créée en 2012 et regroupant 6 agglomérations de la région lyonnaise, est en cours. Moteur sur la question, la métropole de Lyon juge son utilité limitée.
Articulé autour de Lyon, le Pôle métropolitain devrait bientôt disparaitre.
© DR - Articulé autour de Lyon, le Pôle métropolitain devrait bientôt disparaitre.

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"Le pôle métropolitain a montré des limites car son périmètre s’est révélé inadapté, écartant un grand nombre de communes voisines ; les intercommunalités investissent déjà des scènes de dialogue plus efficaces et agiles, au-delà du périmètre qu’avait le pôle métropolitain ; les 6 membres de l’ancien pôle métropolitain entendent poursuivre et amplifier ces coopérations en fondant un nouveau réseau", selon l'exécutif de la Métropole de Lyon, conduit par Bruno Bernard.

Alors que la Métropole a acté la dissolution du pôle métropolitain au 31 décembre 2022 lors de son dernier conseil métropolitain, Saint-Etienne Métropole a voté pour son maintien. Sur six territoires à composer cette instance de réflexion, il est l’un des deux seuls à émettre ce souhait.

Pôle Métropolitain : quatre territoires sur six pour la dissolution

Quatre des six territoires qui le composent ont acté leur souhait de dissolution du Pôle Métropolitain, entraînés par la Métropole de Lyon. Cette dernière entend "organiser le dialogue avec ses voisins de façon bilatérale, plutôt que de façon multilatérale", souligne Jean Papadopulo, président réélu en février 2021 du Pôle métropolitain, qui était d’ailleurs le seul à s’être porté candidat à l’élection.

Le président de la Communauté d’agglomération porte de l’Isère prend acte de cette volonté mais avec difficulté : "J’ai du mal à entendre l’argument qui décrit le Pôle comme peu efficace et source de dépenses, car finalement, ce n’est rien d’autre qu’une instance de discussion. On n’y exerce aucune compétence […] Je n’en veux à personne. Nous devrons de toute façon trouver une façon de nous voir qui sera autre. Une façon qui sera à construire".

Son voisin, Thierry Kovacs, président de Vienne Condrieu Agglomération, membre de la structure, a souligné le 27 septembre en conseil d’agglo : "Dans ses premières années d’existence, le Pôle métropolitain avait une vraie utilité pour mener à bien des projets communs, mais à présent il s’essouffle. Il ne répond plus aujourd’hui aux objectifs que les intercommunalités s’étaient fixés à sa création".

Le Pôle Métropolitain jugé trop coûteux

Les raisons qui ont poussé les territoires à vouloir la fin du Pôle Métropolitain ne sont pas très franches, mais il est jugé trop coûteux pour certains, dont le socialiste et élu d’opposition de Saint-Etienne Métropole Pierrick Courbon. L’élu écologiste stéphanois Olivier Longeon, le rejoint sur ce point tout en évoquant la nécessité de "continuer à faire travailler ensemble Saint-Etienne et Lyon".

En 2020, le budget de la structure s’élevait à 1,1 M€ mais s’est porté à 960 000 € en 2021 et à 310 000 € en 2022.

Le périmètre géographique n’est plus si pertinent

C’est aussi un enjeu de pertinence. Le projet de la plaine Saint-Exupéry qui porte autour de l’aménagement des abords de l’aéroport ne concerne pas, ou moins, l’agglo de Vienne-Condrieu.

A la demande des collectivités, le préfet du Rhône devrait se prononcer au 31 décembre 2022 sur la dissolution de la structure, à gouvernance tournante, qui emploie six salariés dont deux agents titulaires. La préfecture du Rhône indique ce mercredi 5 octobre ne pas encore avoir reçu de demande en ce sens.

A l’image de la Capi, seule Saint-Etienne Métropole (SEM), a voté pour le maintien du Pôle Métropolitain le 29 septembre dernier.

Gaël Perdriau, président de la métropole stéphanoise (53 communes, 400 000 habitants), avait présidé le Pôle Métropolitain de 2017 à 2020. Représenté le 29 septembre par le premier vice-président de SEM et maire de Saint-Chamond, Hervé Reynaud, ce dernier a précisé : "J’avoue qu’en 2012 avec Gaël Perdriau, nous étions sceptiques par rapport à cet outil mais aujourd’hui je regrette la fin du pôle métropolitain."

Luc-François vice-président chargé des transports de SEM et maire de La Grand’Croix, commune située à 40 min en voiture du centre-ville de Lyon, a réagi : "Entendre dire que le Pôle Métropolitain ne sert à rien me fait un peu sourciller. Il a été un outil formidable de benchmark en termes de mobilité. C’est grâce à cela que nous avons pu mettre au point le ticket combiné T’Libr’ TER, Stas (transports en commun de Saint-Etienne et de sa région ; Ndlr) et TCL (transports de Lyon et de sa métropole) par exemple."

Pôle métropolitain, dix ans d'existence

Le Pôle Métropolitain a été créé en avril 2012 à l’initiative de la Communauté urbaine de Lyon (Grand Lyon), des communautés d’agglomération de Saint-Etienne, Porte de l’Isère et de Vienne Agglo pour se concerter sur quatre axes : mobilité, culture/tourisme, économie/innovation/recherche et aménagement.

Depuis et au fil des évolutions des collectivités, la coopération qui concerne désormais 173 communes et 2 millions d’habitants s’est élargie et se compose de six membres : Saint-Etienne Métropole, la Métropole de Lyon, la Communauté d’agglomération Porte de l’Isère (Capi), Vienne Condrieu Agglomération, la Communauté de communes de l’Ouest lyonnais et la Communauté d’agglomération Villefranche-Beaujolais-Saône.

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