Discrédit !

A la lecture du palmarès des métiers préférés des Français, marronnier au coeur des enquêtes et études de tous ordres qui habillent notre quotidien, force est de constater que certains d’entre eux n’ont plus la cote.

ActualitéSociété Publié le ,

Le top 50 révèle un regain d’intérêt pour la créativité et la liberté. Inventer. Décider. Etre soi. S’exprimer. Exister. Ceux qui caressent l’objectif de devenir photographe côtoient ceux, non moins nombreux, qui mettent les petits plats dans les grands pour assouvir leur appétit d’un futur en chef cuisinier ou ceux, estampillés architecte d’intérieur ou graphiste, qui entendent tracer leur dessein. Des métiers « tendance », par le truchement desquels il semble possible de s’épanouir et qui, dans notre société ultra-médiatisée, trustent nos écrans : l’inventaire des émissions télévisées portant sur la gastronomie ou le binôme décoration-design ne cesse de se densifier. Loin des indétrônables pompiers, fers de lance de ce classement, ou des professionnels de la santé (médecin, chirurgien, kinésithérapeute, ostéopathe, vétérinaire), et bien que ne jouissant plus d’une cote de popularité zénithale, certains métiers conservent, peu ou prou, une forme de sympathie, une estime plus qu’un véritable attrait. Dans notre triptyque de la semaine, on retrouve l’instituteur, le policier et le pilote de ligne. Chacun a subi les affres de l’actualité. Dramatiques pour le dernier nommé avec le crash, dans les Alpes-de-Haute-Provence, de l’Airbus A320 de la compagnie Germanwings, filiale low-cost de l’Allemand Lufthansa, qui a coûté la vie à 150 passagers et personnels d’équipage. L’analyse de la boîte noire a très clairement mis en exergue la responsabilité du copilote, enfermé seul dans le cockpit, qui a actionné volontairement la descente de l’appareil. Vers une issue mortelle. Des zones d’ombre subsistent cependant et la turbidité du rôle du pilote est encore réelle. Une tragédie aérienne supplémentaire, qui rouvre un chapitre du livre des catastrophes de l’aviation civile largement noirci en 2014. Malgré un blason redoré au sortir des événements terroristes du début d’année, les policiers ont, coup sur coup, vu leur image se dégrader. Deux faits ont terni l’uniforme. Le premier ramène aux agissements d’agents « ripoux » de la brigade anti-criminalité de Stains, soupçonnés de racketter de petits dealers locaux et autres trafiquants des villes avoisinantes, leur confisquant manu militari leurs stocks de cannabis, de crack ou de l’argent en espèce. Le second au comportement d’un policier en fonction dans un commissariat lyonnais, dont le « mur » sur Facebook comportait des messages provocateurs, des slogans incitant à la haine raciale et des conversations faisant l’apologie de la résistance à « l’islamisation de la France ». Nonobstant une défense véhémente qui s’est ingéniée à brandir le panneau de la liberté d’expression, arguant qu’il s’agissait d’un espace « d’échange informel, dans un monde virtuel aux contours » bien trop abstrus, le policier risque la prison ferme, assortie d’une interdiction d’exercer. La prison ferme, voilà ce qui attend l’instituteur de Villefontaine qui a reconnu l’abject : des faits de pédophilie. Egalement directeur de l’école du Mas de la Ras, l’homme a dit l’indicible, mettant un terme à la fébricitante attente des parents d’élèves et des familles, sous le choc après les révélations de viols et agressions sexuelles sur des petites filles de sa classe. L’aveu. Et depuis, l’incompréhension. Comment un professeur des écoles, déjà condamné en 2008 à six mois de prison avec sursis et une obligation de soins pour recel d’images à caractère pédopornographique, peut-il continuer à exercer auprès d’enfants ? Des failles dans ce dossier que devra colmater l’enquête administrative diligentée, de conserve, par Najat Vallaud-Belkacem et Christiane Taubira. Les deux ministres entendent faire toute la lumière sur cette affaire. Des réponses sont attendues. Elles seront les bienvenues pour ne point discréditer, par dommages collatéraux, l’image des politiques et des représentants de la justice, deux professions pas forcément très estimées…

L.O.

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