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Dietman prend ses quartiers d'été au musée des Beaux-Arts

le - - Exposition

Dietman prend ses quartiers d'été au musée des Beaux-Arts

Le musée des Beaux-Arts propose pendant tout l'été une formidable exposition sur Erik Dietman, artiste suédois amoureux de la France et de son art de vivre, qu'il a adoptée dès 1959.

C'est certainement l'un des artistes les plus atypiques de sa génération. Erik Dietman était un drôle d'oiseau qui n'aimait rien tant que jouer avec les mots et les images. Le titre de l'exposition en rend d'ailleurs bien compte, Opus Oh puce aux puces. Même si ce n'est pas une rétrospective, cet accrochage permet de s'initier au travail de ce sculpteur, dessinateur, collecteur à l'imagination foisonnante et à l'érudition frappante. Avec un goût prononcé pour le sacrilège et la dérision il égratigne joyeusement le monde de l'art et les artistes tout en développant un univers tout à fait singulier. Accrochage chronologique, l'exposition permet de traverser les cycles de l'artiste suédois, de celui des Sparadraps avec 8 œuvres dont l'étonnant Quelques m cm d'albuplast, un égouttoir et sa vaisselle entièrement recouvert de sparadrap à ses œuvres tardives comme le verre souflé Pour Munch, deux œuvres provenant de la donation que la famille Robelin vient de faire au musée. Une des raisons qui justifie cette exposition tout comme l'acquisition d'une nouvelle œuvre par le musée, Tombe, réalisée en 1992. une pierre tombale retravaillée où l'on retrouve cette obsession de la mort, récurrente chez Dietman mais toujours avec une grossse touche d'humour. Telle cette œuvre monumentale au titre à rallonge* que d'aucuns considèrent comme son chef d'oeuvre, qui appartient aux collections du MAC de Lyon. L'art mol... est une installation saisissante de crânes humains montés sur des socles réalisée pour l'exposition collective Qu'est ce que l'art français ? organisée par le critique d'art Bernard Lamarche-Vadel, par ailleurs auteur de la deuxième monographie consacrée à l'artiste. Emblématique de son œuvre, elle agrège une grande rigueur formelle à un fort penchant pour l'humour noir et la critique de ses contemporains, qui montre toute son intelligence, son acuité et sa recherche toujours en action. Ici tout fait sens et signe, tout est prétexte à des lectures multiples. Comme souvent dans son travail. Témoin ce port-folio de 280 dessins originaux recto-verso, prêté par la Galerie Papillon, qui donne son titre à l'exposition. Il faut dire qu'il a toujours aimé les marges, et s'il a rencontré Robert Filliou, Daniel Spoerri, qu'il a connu le Nouveau réalisme et Fluxus, il n'a jamais voulu s'insérer dans un courant. « Les périphéries m'ont toujours beaucoup plus passionné que les centres. Les centres sont souvent les grands dépots des victimes et des imbéciles » disait il dans un entretien réalisé pour la catalogue de l'exposition Qu'est ce que l'art français. Une fois de plus, cette exposition le prouve. À voir assurément !
Gallia Valette-Pilenko
Musée des Beaux-Arts, jusqu'au 17 septembre. www.mba-lyon.fr

*L'art mol et raide ou l'épilepsisme-sismographe pour têtes épilées : mini male head coiffée du grand mal laide comme une aide minimale....




Gallia VALETTE-PILENKO
Journaliste

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