AccueilActualitéGrand témoinDidier Pariset, délégué régional de SG Auvergne Rhône-Alpes : "Devenir une banque plus agile"

Didier Pariset, délégué régional de SG Auvergne Rhône-Alpes : "Devenir une banque plus agile"

A la manœuvre pour opérer localement la fusion entre les groupes Société Générale et Crédit du Nord, Didier Pariset décrypte les coulisses du projet SG Auvergne Rhône-Alpes qui a vu le jour au 1er janvier 2023.
Didier Pariset est l'ancien directeur régional Aura de la Société Générale. Il est désormais délégué régional pour SG Auvergne Rhône-Alpes.
© Marine-Agathe Gonard - Didier Pariset est l'ancien directeur régional Aura de la Société Générale. Il est désormais délégué régional pour SG Auvergne Rhône-Alpes.

ActualitéGrand témoin Publié le ,

La fusion entre les groupes Société Générale et Crédit du Nord a été actée le 1er janvier 2023, donnant naissance au groupe bancaire SG Auvergne Rhône-Alpes. Le délégué régional de la banque, Didier Pariset, se confie sur cette opération.

Didier Pariset, quel est l'enjeu post-fusion le plus important à vos yeux pour SG Auvergne Rhône-Alpes ?

Le projet de fusion a été tentaculaire. La première étape opérée au 1er janvier 2023 était juridique avec, donc, la fusion entre groupe Crédit du Nord et la Société Générale. En région Auvergne-Rhône-Alpes, les entités régionales du groupe Crédit du Nord, c’est-à-dire la Banque Nuger basée à Clermont-Ferrand, la Banque Rhône-Alpes dont le siège social est basé à Grenoble et la Banque Laydernier basée à Annecy ont donc fusionné avec la Société Générale.

La deuxième étape sera technique, il s'agit de la bascule informatique qui aura lieu les 11 et 12 mars prochains. Pour les clients de ces trois banques, il y aura un changement important puisqu'ils devront changer de RIB et d'application smartphone. Tous nos clients seront bien sûr accompagnés. Nous avons par ailleurs 18 mois pour prévenir les émetteurs de virements ou de prélèvement qu'il y aura un changement de RIB.

Mais le défi le plus important reste celui de l'acculturation de nos équipes ainsi fusionnées. A l'image de nombreux clients entreprises, nous opérons in fine, une croissance externe. A ce titre, nous les avons beaucoup écoutés pour en tirer des bonnes pratiques en vue de la fusion. Ils nous ont expliqué que les sujets de culture d'entreprise étaient les plus difficiles à régler. Même si le Crédit du Nord est une filiale de la Société Générale depuis 25 ans et que les deux entités se connaissent bien, des différences existent encore.

© Marine-Agathe Gonard - Didier Pariset, délégué régional de SG.

Quel est l'élément qui vous a le plus marqué dans ce travail de fusion ?

Ce projet, initié en 2020, a été co-construit avec les différentes entités concernées avec plus de 2 000 collaborateurs impliqués. Il n'a pas été piloté depuis Paris mais réellement opéré en proximité. Dans de nombreux cas, nous avons opté pour des modèles d'expertise issus des diverses enseignes, et parfois, nous avons dû réinventer de nouveaux process quand aucune des deux méthodes, Société Générale et Crédit du Nord, ne nous satisfaisait.

Sur le cas des modèles relationnels et professionnels, par exemple, c'est celui du Crédit du Nord qui a été choisi. C’est-à-dire que le dossier est étudié et instruit en agence. A l'inverse, les modèles opérationnels de back office sont issus de la Société Générale. En résumé, nous avons essayé à chaque fois de réunir le meilleur des deux mondes. Nous avons voulu marier le modèle décentralisé régional Crédit du Nord avec la puissance de feu de la Société Générale.

Nous avons fait la part belle à la régionalisation en créant des régions plus fortes, plus autonomes et responsables avec des décisions qui se prennent au plus près des clients. Nous voulons être une banque plus agile.

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Cette mutualisation va forcément entraîner des économies de personnel et de sites ?

Il y aura d'abord la création d'une deuxième délégation sur les deux Savoies, SG Laydernier, aux côtés de celle que je dirige donc, la SG Auvergne Rhône-Alpes. Certaines agences très proches l'une de l'autres vont être regroupées, comme à Annecy où, aux 9 et 9 bis rue Royale, se côtoient la Banque Laydernier et la Société Générale. A Lyon, rue Franklin-Roosevelt, deux agences sont quasiment face à face... Là encore, nous allons les regrouper pour rationaliser notre maillage. Au final, 30 % des agences seront regroupées avec un engagement fort de n'abandonner aucun territoire.

En coulisses

Les bureaux du siège régional de SG Auvergne Rhône Alpes, situés aux Jardins du Lou, là où s'est déroulée l'interview, offrent une vue imprenable sur le Matmut Stadium, qui accueillera cette année plusieurs matches de la Coupe du monde de rugby dont le groupe Société Générale est partenaire majeur.

Quelles étaient les inquiétudes les plus fortes des syndicats dans ce projet de fusion ? Et êtes-vous parvenu à y répondre ?

Les inquiétudes étaient présentes dans les deux banques mais avec une acuité plus forte au niveau des entités du Crédit du Nord qui craignaient d'être purement absorbées. Sur la gestion de la clientèle pro, le conseiller gère la partie privée et commerciale. Ce modèle Crédit du Nord n'existait pas au sein de la Société Générale. De même que les directeurs d'agence à la Société Générale ne chapeautaient pas les conseillers de clientèle pro, dirigés par un responsable de clientèle qui était indépendant. Ce modèle Crédit du Nord a été choisi sur ce segment au sein de la nouvelle banque. La seconde crainte des syndicats était la réduction des effectifs. Il y aura bien des économies de postes mais nous avons pris un engagement fort sur le fait qu'il n'y aura aucun départ contraint.

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Les nominations aux postes de direction se sont-elles avérées être de casse-têtes ?

L'enjeu était important au niveau des postes de responsables car nous voulions retrouver une diversité issue des deux groupes, avec au moins 30 % des responsables issus du Crédit du Nord qui se retrouvent dans toutes les strates managériales, sans oublier une certaine mixité dans les instances de direction.

Nous avons commencé à staffer par le haut de manière à pouvoir intégrer les responsables hiérarchiques pour qu'il puisse composer ses équipes. En mars 2022, les préfigurateurs au niveau des onze délégations régionales ont été nommés. J'ai par exemple pris mes fonctions en mars puis j'ai composé le Codir avec l'aval du siège.

Les dates clés de Didier Pariset

2022 : délégué régional de SG Auvergne Rhône Alpes.

2021 : directeur de la Société Générale Auvergne Rhône Alpes.

2013 : directeur Crédit du Nord de la région nord-ouest.

2010 : directeur régional Crédit du Nord Picardie.

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Au-delà de la fusion, c'est un nouveau modèle de banque que vous souhaitez proposer. Qu'en est-il exactement ?

Il y a la volonté d'être dans le top 3 des établissements bancaires en termes de satisfaction client, sur nos marchés prioritaires : patrimoniaux, banque de particuliers, professions libérales et TPE ainsi que PME/ETI. Deuxième objectif : accompagner nos clients sur leur RSE (responsabilité sociétale des entreprises, Ndlr) et proposer une expertise fine sur les sujets de transition énergétique. Troisième objectif : être une banque d'expertise avec un maillage fort de proximité. Nous allons aussi créer une cellule dédiée à l'immobilier.

Comment pourriez-vous décrire l'environnement économique en ce début d'année 2023 ?

Nous vivons un moment compliqué à comprendre et à décrypter. L'inflation d'ailleurs n'a jamais été aussi forte depuis très longtemps. Aujourd'hui, le chiffre d'affaires des entreprises peut progresser mais la rentabilité se dégrade car le coût de fabrication peut augmenter très vite, je pense aux prix de l'énergie.

Forcément, un argent plus cher sera plus compliqué à rembourser. Avec un service de la dette plus élevé, les entreprises doivent être plus prudentes. La visibilité des entreprises est moins claire et peut créer de l'attentisme. Pour l'instant, les analyses divergent sur le niveau d'inflation et des taux d'intérêt sur le moyen et long terme. Si le relèvement des taux des banques centrales s'avère être une arme efficace contre l'inflation, le médicament peut aussi se révéler pire que le mal...

On commence à constater cet attentisme, ne serait-ce que sur la baisse de 30 à 50 % des prêts immobiliers. Certains de nos clients entreprise ont arrêté certains projets d'investissement. Les acteurs économiques ralentissent. 2023 sera-t-elle une année de récession ou aura-t-elle une courbe en V ? On ne le sait pas encore.

Entre nous

- Son style de management : je manage à la confiance.

- Ses lectures : peu actuellement.

- Son rituel : je suis un féroce partisan du présentiel pour les réunions et déteste les visios !

- Son lieu ressource : je suis Lyonnais d'origine et j'aime ma ville car elle m'apaise.

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