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Des mesures pour dynamiser la pharmacie

Face à un avenir de la profession jugé préoccupant, l'Union nationale des pharmacies de France (UNPF) propose des changements de nature fiscale et juridique au sein d'un Livre blanc qui vient d'être remis aux ministres de l'Economie et de la Santé. Gérard de Marchi, expert-comptable associé du cabinet Codex qui suit 400 officines en Rhône-Alpes, a participé à son élaboration.
Des mesures pour dynamiser la pharmacie
D.R. - Gérard de Marchi, expert-comptable

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Selon les chiffres de l’Ordre national des pharmaciens, une officine ferme tous les 2 ou 3 jours. Pourquoi n’est-elle plus attractive pour les jeunes ?

Gérard de Marchi : Les fermetures sont de deux sortes : forcées ou volontaires dans le cadre d’un maillage. Dans ce dernier cas, elles répondent à une volonté économique et à une question de viabilité. Cela peut être également stratégique, essentiellement en milieu rural.

Les économies nationales font baisser les prix et rogner sur les marges et la rentabilité. Face à cela, les pharmacies doivent assurer les frais et respecter leurs engagements. L’UNPF veut trouver des moyens pour transformer le monde de l’officine et continuer à attirer des jeunes. La profession doit se prendre en main, construire son avenir et surtout arrêter la division.

Quelles mesures d’évolution de l’officine préconisez-vous ?

G. de M. : Le Code de la santé publique est un peu ancien et nous met vraiment dans un carcan. Il faut casser cet environnement très rigide dans lequel est enfermé la profession. On a besoin de faire bouger les mentalités. Il faut mutualiser les moyens, partager le matériel, pouvoir « succursaliser » les petites pharmacies et les intégrer dans des groupes.

Le pharmacien doit se recentrer sur son métier d’accompagnement des patients et développer de nouvelles compétences en se spécialisant sur des maladies. Dans le contexte de désertification médicale où il ne restera plus que lui dans certains endroits, il aura vraiment un rôle important à jouer.

Que prévoit leLivre blanc dans ses grandes lignes ?

G. de M. : On doit permettre de construire facilement des groupes de pharmacies qui permettent de mutualiser les coûts. Cela passe par une réforme du Code la santé publique et du droit des sociétés.

Si les rétrocessions de médicaments ne sont pas prévues par la loi, peut-être faut-il permettre à certains d’avoir une centrale d’achat pour redistribuer les produits aux succursales éloignées. Une autre mesure prévoit d’avoir un local dissocié de la pharmacie, par exemple pour centraliser un robot qui prépare les semainiers et les distribue aux pharmacies isolées. C’est une mutualisation de moyens.

Ensuite, l’ouverture du capital qui est le pavé dans la mare. Des pharmaciens, prêts à investir dans d’autres officines, doivent pouvoir apporter des fonds et leur expérience pour accompagner d’autres officines dans leur développement.

Une autre proposition consiste à créer un contrat de collaboration pour les pharmaciens, qui existe chez les médecins et les dentistes. Un pharmacien peut ainsi être libéral sans avoir besoin d’accéder au capital. Cela permettrait que le diplôme ne soit pas attaché à un lieu, comme c’est le cas aujourd’hui.

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