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EDITO : Démission intérieure

On pensait le burn-out déclaré très officiellement « mal des entreprises du XXIe siècle ». Mais la liste d'anglicismes inhérents au monde du travail semble intarissable.
EDITO : Démission intérieure

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Ancien donc connu, le burn-out, ce syndrome d’épuisement professionnel, qui affecte les travailleurs en situation de surmenage, semblait promis à un bel avenir. Force est d’admettre que sa position est contestée, à l’aune de la multiplication des pathologies liées au monde du travail. Au burn-out donc, s’est ajouté le bore-out. Entendez par là, l’ennui au travail. L’angoisse de l’absence d’occupation. Le trop plein versus le vide ! Un duel désormais arbitré par le dernier-né !


Dans la famille « pathologies du monde du travail », je demande le brown-out. Formalisé par un binôme britannico-suédois, composé d’Andre Spicer et Mats Alvesson, le brown-out, qui se traduit littéralement par « baisse de courant », caractérise un salarié habité par un sentiment d’inutilité quant à l’accomplissement de tâches par trop ingrates ou itératives. Voire, pour certains concernés, d’activités jugées absurdes, sans intérêt ou dont on ne perçoit pas la finalité. Si vous vous interrogez sur la pertinence de votre labeur, si vous peinez à définir le sens revêtu par votre action, ou plus prosaïquement, si vous vous posez des questions sur votre place dans l’entreprise, c’est peut-être que le syndrome brown-out vous gagne !

Il serait alors judicieux de pousser les portes des Journées de l’Economie, les Jéco, qui tiendront séance du 8 au 10 novembre à Lyon. L’opportunité de prendre le temps de la réflexion et, à travers la soixantaine de manifestations cornaquées par des économistes, des chefs d’entreprise, des politiques, des chercheurs, de cogiter sur la place de l’économie dans le monde, sur sa place propre au sein de l’entreprise ou sur son rôle au cœur de la société.


La colère des policiers est, à ce titre, révélatrice. Si Bernard Cazeneuve, sur fond de gestion de crise, a décidé d’une enveloppe de 250 M€, d’accroître les dotations en équipements, de mettre fin aux missions chronophages, à l’instar des gardes de tribunaux ou de préfectures et d’escortes de détenus, les policiers demeurent sur le qui-vive. Ils attendent surtout une reconnaissance de leur investissement, scandant sur les pavés de Lyon : « Laissez-nous faire notre travail ! » Et d’exiger de donner du sens à leur action, tout en exhortant le ministère de tutelle à définir un cap.

Interrogée par Le Figaro, la psychologue Nadia Droz, spécialiste du burn-out, qualifie le brown-out de « démission intérieure ». Du côté des policiers, on prônerait presque une démission… à l’Intérieur !

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