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Delta Drone : la résurrection ?

Le fabricant de drones civil a bien failli disparaître. Mais après deux ans de silence, Delta Drone revient avec de nouvelles ambitions.
Delta Drone : la résurrection ?
© : DR

EconomieIndustrie Publié le ,

On ose sans mal le jeu de mots. Delta Drone n’est pas passé loin du crash. Le fabricant de drones civils, dont le siège a été transféré de Grenoble à Dardilly, a subi trois PSE en l’espace de deux ans. 40 personnes ont quitté le groupe. Christian Viguié, qui a dû "remettre de l’ordre dans la maison", n’a pas de mots assez durs pour critiquer l’ancienne gouvernance. Le nouveau Pdg, qui a limogé les trois fondateurs avec l’aide de ses co-actionnaires, fustige sans détour la "foi du charbonnier" et la "sur-communication" de ses prédécesseurs. "Ils ont dépensé de l’argent parce qu’il y en avait, sans avoir de vision cohérente du marché", estime-t-il.

Depuis, le groupe semble avoir appris de ces travers. La communication s’est soudainement réduite au strict minimum attendu d’une entreprise cotée. Christian Viguié a lancé une réorganisation stratégique profonde. "Comme pour un PC, un drone peut avoir de multiples applications. In fine, c’est le logiciel qui spécialise la machine." Exit donc les usines censées inonder le marché. La société, qui mise sur le service, se positionne désormais comme un fournisseur de "solution métiers". Dans son viseur, trois grands secteurs : les mines et carrières, l’agriculture et l’inspection industrielle.


Pour autant, Delta Drone n’abandonne pas totalement l’idée de produire à nouveau. Elle a conçu un nouveau drone, le Delta X, qui devrait être assemblé à Casablanca. "Nous prévoyons nos premières commandes en mai pour une livraison des premiers drones à l’été". Cette activité devrait profondément changer le profil financier de l’entreprise, qui a encore perdu plus de 5 M€ en 2015. Le chiffre d’affaires, d’environ 1,2 M€ l’année dernière, était exclusivement le fait de missions d’inspection réalisées pour le compte d’Orange et d’Airbus. Avec la commercialisation des drones, celui-ci devrait sensiblement croître. "Nous ne devrions pas être à l’équilibre avant 2017", prévient toutefois le dirigeant. Heureusement, l’entreprise dispose encore d’un confortable matelas de 5 M€ en trésorerie. Un montant qui devrait permettre de combler les pertes pour un ou deux ans et de s’intéresser davantage à l’export…

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