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Croix-Rousse /Vincent Dedienne halluciné dans Ervart ou les derniers jours de Frédéric Nietsche

Publié le - - Spectacle vivant

Croix-Rousse /Vincent Dedienne halluciné dans Ervart ou les derniers jours de Frédéric Nietsche
©Benjamin Chelly - Vincent Dedienne

Laurent Fréchuret est un fidèle du théâtre de la Croix-Rousse. C'est simple, il y présente son travail depuis plus de 20 ans. Logiquement, il vient montrer sa dernière production, une semaine après sa création à la Comédie de Saint-Étienne, origines ligériennes oblige (tout comme son comédien Dedienne), Ervart ou les derniers jours de Frédéric Nietzsche.

Depuis un petit moment, après la mise en scène de grands auteurs connus, l'ancien directeur du CDN de Sartrouville, s'est lancé dans le montage de pièces d'auteurs contemporains, la sienne, pour son précédent spectacle, Sainte dans l'incendie, présentée en janvier dernier à la Croix-Rousse et d'autres comme ce texte de Hervé Blutsch.

Une comédie burlesque et caustique qui met un jaloux pathologique aux prises avec ses démons. C'est « une farce peuplée de personnages rares, borderline, tordus, passionnants. Un vrai catalogue de fous, un défilé d'humains... trop humains » précise Laurent Fréchuret dans sa note d'intuition (sic).

Lui qui a découvert ce texte parce qu'il fait partie du Comité de lecture du théâtre du Rond-Point à Paris et qu'il lit environ 100 pièces par an dans ce cadre. Autant dire qu'il est aux premières loges pour dénicher des nouveaux talents et que ce Blutsch l'a indéniablement conquis.

Son style foisonnant fait référence autant à la tradition théâtrale de Shakespeare qu'aux troubadours du Moyen-Âge, autant à Copi qu'aux Monty Python et Fréchuret n'hésite pas à le comparer à un Lewis Carroll ou un Alfred Jarry d'aujourd'hui.

Incarné par le formidable Vincent Dedienne, qui qualifie le texte, entre autres, de « narcotique », excusez du peu, le personnage d'Ervart est un fou furieux qui veut massacrer tout le monde à cause de sa jalousie dévorante. Une sorte de super héros des temps modernes, un « jaloux fantastique » comme l'a baptisé le metteur en scène stéphanois.

Il va croiser un zoophile fleur bleue (oui, oui!), une comédienne bilingue qui cherche désespérément du travail, une troupe de comédiens anglais égarés et le philosophe convoqué dans le titre de la pièce, Frédéric Nietzsche.

L'occasion de creuser le théâtre lui-même et ses ressorts, tout comme ceux du rire, de la moralité et des tabous en inversant des valeurs et en bousculant le public, sans avoir en l'air.

Théâtre de la Croix-Rousse, 9 au 13 octobre, www.croix-rousse.com




Gallia VALETTE-PILENKO
Journaliste

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