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De la responsabilité collective

Il y a trente ans s'éteignait le Lyonnais Jean Lacroix. La Ville de Lyon a choisi de rendre hommage à ce penseur, né en 1900, en dévoilant une plaque en sa mémoire.

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Professeur agrégé de philosophie, il a mené une brillante carrière dans l’enseignement, dispensant son savoir pendant trois décennies en classe préparatoire au lycée du Parc. Celui que le cardinal Decourtray qualifiait de chrétien philosophe, a commis plusieurs ouvrages de référence, à commencer par Le sens du dialogue. Dans cet opus, celui qui eut Gérard Collomb comme élève définissait « le monologue, comme la tentation propre de la pensée : il suffit de se murer en son système et de refuser l’autre pour s’anéantir soi-même. La véritable pensée est au contraire dialogue ».
Du côté de l’exécutif et des organisations syndicales, on ferait bien de s’en inspirer. La tension est palpable à l’heure où la ministre du Travail, Myriam El Khomri, s’apprête à recevoir Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT, qui réclame la suspension du débat parlementaire sur le projet de loi Travail et le retrait pur et simple de l’article 2, qui consacre la primauté des accords d’entreprise sur les accords de branche. Un véritable dialogue de sourds. « Dans la vie, on ne fait pas toujours ce que l’on veut », assénait Jean-Paul Sartre. Et l’on n’obtient pas toujours ce que l’on souhaite. En cela, l’homme, par nature, est esclave de ses désirs.
Un sujet éminemment d’actualité puisqu’au programme de l’examen de philosophie du baccalauréat pour les quelque 700 000 candidats français, dont près de 20 000 dans le Rhône. « Savons-nous toujours ce que nous désirons ? » Cette interrogation, au menu des lycéens de la filière « Economique et Social », a en partie été éclipsée par le savoureux énoncé de la filière S : « Travailler moins, est-ce vivre mieux ? » Si d’aucuns ont décelé une référence à l’apophtegme sarkozyste « Travailler plus pour gagner plus », d’autres ont plongé avec frénésie dans ce pensum qui convoquait une notion « travail » terriblement obsédante.
Car en filigrane, ce n’est point tant la quantité de travail qui est pointé du doigt que sa qualité. Le travail n’est ici pas remis en cause, il s’avère nécessaire, puisque socialement valorisé. Au détour des analyses et réflexions philosophiques, on comprend que le travail permet de s’accomplir, de développer son intelligence, de faire prospérer une culture et in fine, de former notre conscience. Avoir conscience de… pour pleinement répondre de ses actes et endosser sans ambages ses responsabilités. Tout le contraire de l’hypégiaphobie qui semble gagner les rangs des syndicats…
Avec une certaine gravité, les décisions de maintenir les manifestations contre la loi Travail, dans un contexte tendu d’état d’urgence prorogé et d’Euro mobilisateur des forces de l’ordre, reviennent, tel un boomerang, obombrer le message des syndicats, et du plus vindicatif d’entre eux, la CGT. Ces rassemblements qui dégénèrent, terreau fertile pour casseurs de tous horizons, portent, bien qu’ils s’en défendent, le sceau de syndicats irresponsables, toujours prompts à diluer leurs responsabilités et à rejeter la faute sur autrui. De quoi longuement disserter sur la liberté d’expression syndicale. Sans oublier que la liberté des uns…

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