AccueilDe la maison des morts à Lyon : Quand l'opéra interroge la prison

De la maison des morts à Lyon : Quand l'opéra interroge la prison

Sur un livret adapté d'un roman de Dostoïevski, Souvenirs de la maison des morts est une une terrible et sublime immersion chorale dans les geôles du bagne sibérien. Le dixième et dernier opéra de Leoš Janácek est doublé d'une oeuvre radicale et novatrice.
De la maison des morts à Lyon : Quand l'opéra interroge la prison
© PHOTO BY CLIVE BARDA - Les acteurs Salim Sai and Jamal Renaldo, le danseur Jordan Ajadi

Publié le ,

Sur un livret adapté d'un roman de Dostoïevski, Souvenirs de la maison des morts est une une terrible et sublime immersion chorale dans les geôles du bagne sibérien. Le dixième et dernier opéra de Leoš Janácek est doublé d'une oeuvre radicale et novatrice.

Le metteur en scène polonais, Krzysztof Warlikowski, recrée cette oeuvre forte à l'opéra de Lyon dans une nouvelle coproduction avec Covent Garden de Londres et la Monnaie- De Munt de Bruxelles. La direction de l'orchestre de l'opéra de Lyon est confié à Alejo Pérez. Entre réalisme théâtral et utilisation fantastique des décors, la mise en scène de cette oeuvre phare a été marquée par l'interprétation qu'en a faite Patrice Chéreau.

La proximité avec le théâtre de Krzysztof Warlikowski, en charge de cette mise en scène, est elle-même évidente : chez lui les chanteurs sont aussi des comédiens dont le poids de l'incarnation est sans cesse remis en question et le travail dramatique d'une profondeur fascinante.

Attaché toute sa vie à l'exploration de « la musique du langage humain », Janácekpassionné par le russe, à luimême traduit en tchèque Souvenirs de la maison des morts, le roman de Dostoïevski qu'il a ensuite adapté. Or, c'est en s'immergeant dans la langue tchèque que Janácek va forger sa propre grammaire musicale fondée sur la vérité et sur la spontanéité.

Composé en 1928, De la maison des morts est à cet égard son oeuvre la plus aboutie et la plus radicale. Sans se soucier des tonalités ou des modes, le compositeur livre un style orchestral basé sur l'économie et le jaillissement. La pièce plonge dans l'univers carcéral et interroge la fonction de la prison, évoque le totalitarisme.

Opéra de Lyon, du 21 janvier au 2 février

Partage
Envoyer à un ami
Connexion
Mot de passe oublié ?