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De fisc en aiguille

Printemps Haussmann, Galeries Lafayette, BHV, le Bon Marché… Comme de coutume, au mitan de novembre, ces grands magasins parisiens se parent de leurs plus beaux atours. Leurs façades et leurs vitrines rivalisent d'audace et de créativité, emportées dans un vaste tourbillon de lumières, de décors oniriques et imaginaires et d'univers enchanteurs.

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Notre Teddy Riner national a pris part aux joutes festives, déclenchant la pluie d’étoiles sur la plus belle avenue du monde. Depuis le 21 novembre, les 400 arbres illuminés des Champs-Elysées offrent aux touristes, mais aussi aux autochtones, un spectacle féérique. Une démonstration étincelante à la facture énergétique maîtrisée, la consommation ne cessant de reculer : - 97 % sur la dernière décennie.

Des illuminations précoces, à l’instar des achats – cadeaux et alimentation – des Français étalés sur plusieurs semaines. Un mode opératoire qui permet aux ménages hexagonaux de maîtriser leur budget, annoncé, selon diverses études, entre 500 et 620 €. La bonne nouvelle réside dans la confiance des ménages, qui entendent préserver leur budget, nonobstant la conjoncture économique morose. Certains escomptent même l’accroître ! Selon le cabinet Deloitte, l’enveloppe médiane affectée aux cadeaux s’élèvera à 518 €.


La période des fêtes est aussi synonyme de générosité. L’évergétisme érigé en dogme. Le Téléthon des 2 et 3 décembre en sera la preuve vibrante. Surtout venir en aide aux plus démunis, à l’heure où les associations tirent la sonnette d’alarme. Au premier rang de ces structures caritatives, le Secours catholique s’inquiète de l’aggravation de la situation en France : « Non, la pauvreté ne faiblit pas ». Dans son rapport publié le 17 novembre, l’association précise même que « 38 000 personnes en difficulté de plus ont poussé notre porte cette année ». Et d’alerter sur un avenir obombré par des flux migratoires qui grossissent encore les rangs des nécessiteux.

Imparfait, fustigé, brutalisé… Notre système domestique de solidarité fonctionne pourtant et suscite bien des jalousies. Mais il est mis à mal et le dernier rapport du ministère des Finances jette clairement un pavé dans la mare. D’après ce document, 4 109 ménages, dont le revenu fiscal dépasse les 100 000 €, ont quitté le territoire français. Il y a dix ans, « seulement » un millier avait fui la fiscalité française. D’où une double inquiétude : l’accélération du nombre de départs, mais surtout, donnée plus anxiogène, ces contribuables n’appartiennent pas à la caste des nantis, fortunés et vivant dans l’opulence ; ils constituent le socle de la catégorie dite « aisée », autrefois éloignée de ces envies d’exode.

Ces 4 109 départs ébranlent l’administration fiscale, à l’endroit de laquelle on pourrait adresser un ardent « Prends garde à toi ! » Un apophtegme de bon aloi surtout quand l’on sait que 4 109 représente en mètres l’altitude d’un sommet des Aiguilles du Diable dans le massif du Mont Blanc : la pointe Carmen !

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