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Davy Brun, un jeune chorégraphe qui monte

Davy Brun, un jeune chorégraphe qui monte
DR - le chorégraphe Davy Brun

CultureSpectacle vivant Publié le ,

Il est heureux, il a le sourire jusqu'aux oreilles. Davy Brun a les clés du fort du Bruissin de Francheville en poche et les yeux qui pétillent de joie quand il entre dans l'ouvrage militaire. Il faut dire qu'il y a de quoi. Ce lieu assez magique offre d'infinies possibilités et Davy Brun aspire depuis longtemps à trouver un endroit pour travailler. Alors que le centre d'art contemporain a cessé ses activités, Davy Brun reprend le flambeau avec un projet qu'il a monté avec la ville de Francheville. Soit une résidence d'une année, reconductible ou non, « c'est une année-test » précise l'ancien danseur du Ballet de l'Opéra de Lyon, qui lui permet de disposer d'un lieu de travail, un vrai studio de 15 mètres et des bureaux. En contrepartie, il s'est engagé à montrer ses créations en cours et à faire vivre le lieu une fois par mois. Ainsi, l'ouverture officielle se fait ce 23 janvier.

le rêve devient réalité
Un rêve qui se concrétise enfin pour Davy Brun, lui qui cherche un port d'attache depuis presque 10 ans pour sa compagnie. Ancien danseur du Ballet de l'Opéra de Lyon et au Ballet du Grand théâtre de Genève, c'est un Lyonnais qui a fait ses premiers pas (de danse) au conservatoire de région avant de se frotter (un peu) à l'école de l'Opéra de Paris. Mais bien trop rétif aux règles strictes de la plus célèbre école du monde, il n'y reste pas très longtemps et trouve rapidement un engagement au Ballet de l'Opéra de Lyon. Il y découvre de nombreux univers de chorégraphes aussi différents que Mats Ek, Maguy Marin, Mathilde Monnier, William Forsythe, Trisha Brown (dans les pièces de laquelle il excelle) qui vont forger son regard. Il se confronte à d'autres esthétiques quand le directeur du Ballet du Grand théâtre de Genève le débauche pour trois ans avant de réintégrer le ballet de Lyon puis d'entamer une carrière de danseur free-lance et de lancer dans la chorégraphie. Nous sommes en 2006 et Davy Brun crée sa compagnie Ando, du nom de son premier spectacle comme chorégraphe. Plein d'espoir en l'avenir, il va vite déchanter. En effet, son travail n'est pas trop dans l'air des temps, trop dansé sans doute, et même s'il arrive à produire ses propres créations, il travaille également beaucoup pour d'autres compagnies ou sur des projets transversaux.

un nouveau projet

C'est d'ailleurs le fil rouge de son projet au fort du Bruissin. Évidemment, il ne s'agit pas de devenir le propriétaire de cet imposant ouvrage défensif réhabilité, mais bien au contraire à l'ouvrir à d'autres disciplines, d'envisager des résidences avec d'autres artistes d'autant que l'espace ne manque pas. Davy Brun a mille idées dans la tête, avec déjà un programme pour cette année 2016, composé d'activités diverses et variées pour les amateurs et les professionnels. Il a surtout l'opportunité de pouvoir travailler tous les jours dans ce bâtiment qui n'a jamais servi hormis aux Allemands pendant la seconde guerre mondiale (comme lieu de stockage de munitions), avant d'être racheté et réhabilité par la municipalité de Francheville. Point de ralliement du festival Fort en jazz pendant quelques années, il est devenu ensuite un lieu d'exposition pour l'art contemporain avant de se transformer en Lab'Art, un laboratoire de danse. « Une vraie carte blanche » pour inventer l'art de demain, « croiser les savoirs », explique le chorégraphe, trop content de pouvoir se poser dans « un lieu très inspirant qui (lui) permet de prendre le temps se questionner, de chercher, de réfléchir au mouvement et d'imaginer des passerelles. » En toute humilité, parce que Davy Brun est un discret persévérant.

Entr'en danse

La compagnie Ando fête son arrivée au fort du Bruissin par un joyeux programme de festivités. À 14h et 17h, les danseurs de la compagnie invitent le public à un parcours chorégraphique dans différents espaces, à partir de la pièce "Concursus", créée en 2011 pour le jeune Ballet du CNSMD de Lyon. Puis, place à la pratique avec un atelier chorégraphique enfants et adultes suivi d'une méga-barre ou pour les plus fainéant(e)s, la projection d'un étonnant court-métrage d'un ancien élève du CNSMD de Lyon, Jérémy Tran, "Artificial landscapes" réunissant 82 danseurs dans un espace industriel désaffecté. Enfin, un apéritif dansé clôture la journée... Prêt(e)s à danser ?

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