AccueilServicesDéveloppement durable - Débat « L’énergie pourrait devenir un facteur discriminant »

Développement durable - Débat « L’énergie pourrait devenir un facteur discriminant »

Face aux professionnels de l’immobilier, les invités de la première table ronde de la matinée consacrée aux conséquences du Grenelle de l’environnement sur l’immobilier du Rhône, organisée par la Fnaim et l’Université Jean Moulin en partenariat avec notre journal, ont évoqué la « compatibilité de la performance énergétique avec les autres enjeux sociétaux ».

EconomieServices Publié le ,

Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il s’agit d’un sujet qui suscite des interrogations au sein des collectivités et organismes publics, surtout lorsqu’il touche la population locataire. On retiendra donc leurs inquiétudes de voir cette dernière se paupériser de plus en plus face à la hausse du coût de l’énergie. Bruno Charles, vice-président au Grand Lyon, chargé de la démarche prospective en matière énergétique, du pilotage et de l’animation des outils du développement durable, précise: «Les ménages sont vulnérables. Le prix des énergies va augmenter, celui de l’électricité va être multiplié par 2 voire 3. Ce qui va tirer vers le bas certaines populations qui ne pourront plus se chauffer. L’énergie va donc devenir un facteur de discrimination.» L’élu annonce même qu’un habitant sur cinq du Grand Lyon va subir la hausse énergétique, notamment les ménages vulnérables économiquement (chômeurs, rmistes…), socialement (- 25ans, 3 enfants et plus, + 60ans) ou habitant dans un logement ancien construit avant 1975. Un sentiment partagé par Benoît Leclair: « L’affaire est grave et les perspectives ne sont pas roses. » Le vice-président du conseil régional délégué à l’énergie et au climat n’est pas optimiste mais va tout de même jusqu’à dire que des « choses » peuvent être entreprises. « Dans un futur proche, ce qui fera la différence dans la location d’un logement, c’est sa performance énergétique », souligne Muriel Fusy, responsable du pôle bâtiments durables au sein de l’Agence locale de l’énergie (ALE).

« Tout le monde concerné »

Au regard de la situation qui se profile, quelles sont donc les mesures à mettre en place? Comment le faire? Quidoit le faire ? « Tout le monde, estime Olivier Sidler, directeur d’Enertech, société spécialisée dans l’énergétique appliquée aux bâtiments. La planète est à bout de souffle. Il va donc falloir accepter de mettre en oeuvre les rénovations thermiques mais pour cela, l’Etat doit jouer son rôle de chef d’orchestre afin d’accompagner les citoyens. » Une idée que défend également Benoît Leclair: « Des initiatives peuvent être menées avec un peu plus de financement, d’impulsion politique et d’accompagnement mais surtout de prise de décision. Ce qui fait défaut aujourd’hui. Il ne s’agit pas d’un problème technique, ni d’un manque d’opérateurs. » La rénovation thermique pourrait par ailleurs avoir un impact sur l’emploi avec la création de 250000 postes pour 600000 rénovations et faire du BTP, un secteur à nouveau attractif.
Mais seules, les collectivités ne peuvent régler l’affaire, « ni l’Etat », souligne Bruno Charles. Les intervenants ont donc lancé un appel aux professionnels de l’immobilier afin de les sensibiliser sur cet enjeu sociétal d’importance qui pourrait toucher directement les populations, et ont appelé à « sensibiliser les troupes afin de se mettre tous au boulot rapidement ».

Romain Charbonnier

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