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Covid-19 / dépistage massif en Auvergne-Rhône-Alpes du 16 au 23 décembre

Covid-19 / dépistage massif en Auvergne-Rhône-Alpes du 16 au 23 décembre
Bruno Lina, Yannick Neuder, Laurent Wauquiez

ActualitéSociété Publié le ,

"On parle beaucoup de la campagne de dépistage du Havre, ce sont 16 centres mis en place, en Auvergne-Rhône-Alpes, ce sont 2600 centres, dont 1300 temporaires, qui sont organisés .[...]", ne manque de préciser Laurent Wauquiez, président de la Région.

Environ 15000 personnes seront sur le terrain dans 1300 centres permanents et 1300 centres temporaires de dépistages des habitants volontaires : "Un défi logistique, affirme Laurent Wauquiez [...] ». Deux sortes de tests seront pratiquées, tous deux par écouvillons dans le nez, les antigéniques dont les résultats seront délivrés en 30 minutes, et les PCR, dans les 24 heures : "Les lycéens auront tous des PCR, précise Laurent Wauquiez." Les PCR étant évalués plus fiables.

Au total, la Région a acheté 2,2 millions de tests à plusieurs laboratoires : "Les sondages indiquent qu'un tiers des Français dit qu'il se fera tester, affirme Laurent Wauquiez, nous sommes 8 millions dans notre région […]"

Les pharmacies participent et chaque centre sera doté au minimum d'un professionnel de santé formé : infirmiers, kinésithérapeutes, dentistes... Tous les actes seront rémunérés par l'Assurance maladie, même les étudiants en médecine, qui toucheront 150 € par jour.

Coût de l'opération : 13M€ de tests ; 4M€ de protections ; 1M€ de matériels divers.

Tous les résultats remontent dans les logiciels nationaux. Toutes les personnes testées positives font l'objet d'une information en vis-à-vis, et de recommandations d'isolement.

Une carte mise à jours en temps régulièrement permet de trouver son centre de dépistage le plus près, https://www.auvergnerhonealpes.fr/actualite/936/25-covid-19-campagne-regionale-de-depistage.htm

"Il s'agit de maîtriser la circulation du virus en attendant une immunité collective satisfaisante", résume le professeur Bruno Lina, qui préside le comité scientifique de dépistage de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Vendredi 4 décembre, Laurent Wauquiez, président de la Région, accompagné de Yannick Neuder, vice-président délégué à la Santé, a présenté le comité scientifique, coordonné par le professeur lyonnais Bruno Lina qui sera chargé d'accompagner scientifiquement le déroulé de la campagne de tests, ouverte à tous, gratuitement.

Bruno Lina, Yannick Neuder, Laurent Wauquiez ​©Charles Pietri, Région Auvergne-Rhône-Alpes

L'objectif est de tester, sur la base du volontariat, un maximum de personnes avant les fêtes de Noël pour casser les chaînes de contamination et éviter au maximum la propagation du virus lors des rassemblements familiaux. Cette campagne doit également permettre de cibler des milieux fermés (lycées, entreprises, administration…).Elle se veut complémentaire des campagnes de diagnostics des autres collectivités et hôpitaux :

"On n'est pas dans une démarche de diagnostic, explique le professeur Bruno Lina, on n'est pas intéressé par le cas individuel, mais par le taux de positivité des groupes de population [...] Si le taux de positivité augmente, on est dans une situation dangereuse, a fortiori si ce taux augmente de semaine en semaine, dans une même population, c'est qu'il y a une dynamique épidémique qui est en train de s'enclencher […]"

15 000 personnes, 2600 lieux

Le 16 novembre dernier, la Région Auvergne-Rhône-Alpes a annoncé l'organisation d'une grande campagne de tests à destination de tous les habitants de la région. Cette campagne est un défi logistique qui va nécessiter la mobilisation de 15 000 personnes dans près de 2600 lieux de dépistage. Elle est organisée en lien avec l'ARS, l'Assurance maladie, les professionnels de santé et les collectivités locales du territoire.

Selon la Région, cette démarche doit servir dans l'approche de santé publique du pays. Le rôle du comité scientifique qui a pour mission de mesurer l'efficacité de la campagne, mais aussi d'analyser ses points forts et ses points faibles. Il a également pour mission de prodiguer des conseils et d'émettre des avis scientifiques pour guider l'action de la Région.

Il doit permettre, par exemple, d'accompagner la politique d'isolement des personnes positives ou de cibler des zones à risque : « Il s'agira d'isoler et d'accompagner, pas de juste dire aux gens qu'ils sont positifs…, complète Laurent Wauquiez. ». Le comité sera présidé par le professeur Bruno Lina, en lien avec Yannick Neuder, vice-président délégué à la Santé (chirurgien-cardiologue).

"Maîtriser la circulation du virus"

"Le fait d'avoir la perspective de vaccins à court terme est une bonne nouvelle, reprend le professeur Lina, mais il y aura beaucoup de temps entre le moment où l'on va pouvoir mener les campagnes de vaccination et le temps où l'on aura suffisamment d'immunité collective pour constater un arrêt de la circulation du virus […] il ne se passera pas moins de 6 mois entre le début de la vaccination (en fonction de l'adhésion à celle-ci) et le moment où l'on pourra être plus à l'aise avec le virus […].la période hivernale est compliquée à gérer. On a bien vu que le virus reprenait de l'ampleur avec le froid […] on a encore une circulation importante dans la région, mais les signaux sont favorables [...] Il faut qu'on puisse arriver à maîtriser la circulation comme cela est fait en Irlande […] Tout ne peut pas venir d'en haut (Ndlr : de l'Etat) on a des moyens et on peut agir au niveau de la région… On peut dépister un groupe de population fermé dans une entreprise, une administration ou autre, et revenir une semaine plus tard pour constater les différences de positivité dans les mêmes groupes […]".

Le comité scientifique

Le comité scientifique est composé de 5 membres. Le professeur Lina (photo©Marie-Agathe Gonnard), coordonnateur du comité régional, il est à la tête du Laboratoire de Virologie Est des Hospices Civils de Lyon depuis 2006, rattaché à l'hôpital de la Croix-Rousse. En 2020, il devient membre du conseil scientifique Covid-19. Il est considéré comme une référence de l'expertise en France et dans le monde en virologie.

Le professeur Jean Beytout, est médecin infectiologue, ancien professeur d'université, faculté de médecine de Clermont-Ferrand.

Olivier Épaulard, est professeur des Universités, praticien hospitalier, service des maladies infectieuses au CHU Grenoble.

Elisabeth Botelho-Nevers, est professeur des Universités, praticien hospitalier, responsable de l'unité clinique du service infectiologie du CHU de Saint-Étienne.

Philippe Vanhems, Professeur des universités, praticien hospitalier de l'Université Claude Bernard Lyon 1 et des Hospices Civils de Lyon et chercheur au CIRI.

Article mis à jour le 12 déc. 2020

Politique ?

"Ce n'est pas la campagne de dépistage de la Région, c'est celle des acteurs de santé d'Auvergne-Rhône-Alpes", a précisé d'emblée son président Laurent Wauquiez, comme pour couper court aux soupçons de récupération politique.

Du reste, à l'heure où nous écrivons ces lignes, ni la Métropole ni la ville de Lyon ne se sont portées partenaires de l'opération #tousdépistéavantnoël (exceptées les mairies des 2e et 6e arrondissements, d'opposition à la mairie centrale), alors que Grenoble, de même sensibilité que Lyon, a proposé ses services, en ouvrant des lieux par exemple.

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